Lumière sur… Vents du nord

littérature

Lumière sur… Vents du nord

le mardi 20 mai 2014 à 19h00

La collection belge des éditions Zellige

Maison ouverte sur le monde et la francophonie, les éditions parisiennes Zellige ont créé en 2012 une collection dédiée aux auteurs belges francophones, Vents du Nord.

Rencontre avec trois écrivains, dont les ouvrages dernièrement parus sont mis à l’honneur.

>> L’Homme peut-être, et autres illusions, Jacques Richard

La musique est le fil qui relie entre elles ces trente variations sur le thème de l’illusion et de l’absence. Avec ironie, anxiété́ ou compassion, chaque nouvelle interroge notre éternel besoin d’évidence et les facettes miroitantes de ce que nous appelons la réalité́. Usant d’un style volontiers elliptique, poétique, l’auteur construit un contrepoint qui mêle la fragilité́ de l’instant à celle de gens et de lieux d’autant plus incertains qu’ils sont familiers.

Ce qui frappe, dans cette trentaine de nouvelles courtes en demi-teinte, mais dont la demi-teinte est un piège, c’est la surprise qui nous attend à tout moment. L’auteur nous plonge dans un univers visuel et sonore qui est un mélange de rigueur et de fantaisie. Il situe certes ses récits dans une Belgique familière, mais dont il montre le côté insolite par un art de la variation très bien manié. Dans ce grand jeu sur la réalité et la représentation, il nous laisse sur plus d’interrogations que de réponses. Pierre Mertens à propos de L’Homme peut-être, et autres illusions.

A propos

Jacques Richard est peintre, écrivain et vit à Bruxelles. Il est l’auteur de La Plage d’Oran, parue en 2010 chez Albertine à Paris. Son deuxième roman, Petit traître, a été couronné par l’Académie de langue et de littérature françaises de Belgique du prix Franz de Wever 2012 et retenu comme finaliste du Prix Rossel.

 

>> La Logique du sangMartin Buysse

François, architecte divorcé, tombe sous le charme de Sana, jeune Palestinienne venue poursuivre ses études à Bruxelles. Ils s’installent ensemble et ont une fille, Farah. Mais petit à petit, le couple se délite. Viennent la séparation et les gardes alternées.
Lors d’un voyage à Gaza, Sana et Farah rendent visite à une parente. L’immeuble est fréquenté par un dignitaire palestinien manifestement impliqué dans la lutte armée. Dans le cadre d’une opération ciblée, un avion israélien largue une bombe sur le bâtiment. Il n’y a pas un seul survivant.
François est effondré. Confronté à la réalité d’un conflit qui lui était jusqu’alors indifférent, il n’a plus qu’une obsession : venger la mort de son enfant. Son objectif : le général qui a commandé l’opération. Il sait qu’il ne pourra pas l’atteindre en Israël, sa seule chance réside dans un hypothétique voyage à l’étranger du général. Les années passent, jusqu’à ce qu’il reçoive un message codé de Saïd, le frère de Sana : le général doit se rendre à titre privé au Portugal.

A propos

Avec ce premier roman, l’auteur nous livre l’histoire d’un homme paisible qui, brisé par la perte d’un enfant, se mue en prédateur.

 

>> Le Géranium de Monsieur Jean, Michel Torrekens

Comment vivre dans un espace de quelques mètres carrés ? Son confinement dans une résidence médicalisée conduit Monsieur Jean à retrouver des petits bonheurs oubliés : le toucher d’une peau aimée, la saveur d’un verre d’eau, l’odeur de l’herbe coupée, la vision fugitive d’un vol de martinets… Et puis il y a Axelle, encore alerte, elle, et qui lui rapporte tous les petits potins et événements qui agitent la résidence. Car il refuse de rencontrer les autres pensionnaires, et surtout de participer à leurs activités qu’il juge débilitantes.
L’existence ne l’a pas épargné – ce n’est qu’à la fin du livre que s’éclaircira le mystère de la disparition de sa femme au Pérou –, mais Monsieur Jean espère encore secrètement une ultime réconciliation. Avec lui-même et avec ses proches…
Simple et pudique, ce récit pourrait faire sienne la phrase de Jean-Jacques Rousseau : « J’ai retrouvé la sérénité, la tranquillité, la paix ».

A propos

Né en 1960 à Gembloux (Belgique) où il vit, Michel Torrekens est rédacteur en chef-adjoint d’un magazine parental, Le Ligueur, et s’intéresse aux questions d’éducation et de transmission, ainsi qu’à la place de l’enfant et des jeunes dans nos sociétés. Il a publié précédemment deux recueils de nouvelles, L’herbe qui souffre et Fœtus fait la tête.

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