« FUSION » En concomitance de l’édition 2026 d’ArtContest : Lina Filipovich, Pablo Hnatow, Yosra Mojtahedi, trois artistes du Prix Carré sur Seine 2025
Atoma Art Center
Rue Pierre Decoster 110, 1190 Forest - Belgique
Pablo Hnatow est artiste et designer. Diplômé de l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs de Paris, il complète sa formation à la Cité du design de Saint-Étienne en tant qu’étudiantchercheur. Depuis 2015, il développe Internet of Nothings, un corpus de projets qui questionne nos existences physiques et numériques.
Dans le contexte d’une extinction probable de l’espèce humaine et face au nombre croissant d’objets connectés, il imagine les narrations qui s’opèrent au moment même où certaines choses émergent et d’autres disparaissent. C’est à ce croisement civilisationnel qu’il fait se rencontrer les religions, les rites funéraires, l’intelligence artificielle et les nouvelles technologies, à travers l’installation numérique, les arts graphiques ainsi que la peinture.
Le travail de Pablo Hnatow a été montré à plusieurs reprises en France et à l’étranger, notamment à la Villa Belleville où il a fait une résidence, lors de la Biennale internationale du Design de Saint-Étienne, à la Triennale de Milan ainsi qu’à la galerie Wagner.
Lina Filipovich est une artiste pluridisciplinaire et musicienne, née à Minsk, Bélarus, et basée à Paris. Diplômée de l’École Nationale Supérieure d’Arts de Paris-Cergy, Lina est membre du collectif d’artistes Non Étoile (Paris).
Sa pratique s’étend entre musique électronique, textile, installation, sérigraphie et vidéo. Son travail explore la déconstruction de l’iconographie religieuse à travers un prisme féministe et post-religieux. En s’inspirant des icônes et des récits bibliques, Lina cherche à libérer ces symboles de leur contexte patriarcal pour leur donner une nouvelle dimension féministe.
Ses installations et performances ont été présentées dans des lieux tels que le Centre WallonieBruxelles (Paris) et l’IRCAM/Centre Pompidou (Paris), la Haus der Kulturen der Welt (Berlin), le Bon Accueil (Rennes), Le 6B (Saint-Denis) ou encore la Tour Orion (Montreuil), ainsi qu’au 69ᵉ Salon de Montrouge. Sa musique a été publiée par des labels internationaux tels que Time Released Sound (USA), Umor Rex (Mexique), Blank Mind (Royaume-Uni), Central Processing Unit (Royaume-Uni) et Hundebiss (Italie). Des articles sur sa musique ont été publiés dans DJ Mag, Electronic Sound Magazine, The Vinyl Factory et Bandcamp Daily.
Yosra Mojtahedi (1986) est née à Téhéran. Elle est diplômée du Fresnoy - Studio national des arts contemporains (Tourcoing) où elle a pu développer une pratique située à la croisée de l’art, de la s c i e n c e e t d e s technologies émergentes, notamment la soft robotic.
Ses créations prennent souvent la forme d’organismes hybrides, de “corps-machines” ou de “corps-fontaines” animés, qui réagissent au toucher, respirent, palpitent et semblent habités par une vitalité propre. Issues d’une pays où le corps, en particulier celui de la femme, est tabou, censuré, contrôlé, Yosra Mojtahedi fait de la chair une matière politique. Dans son travail, elle renverse les rôles imposés par la société et la religion, en donnant au corps féminin des fonctions créatrices et non plus seulement reproductrices.
Lauréate du Prix Révélation Art numérique - Art vidéo de l’ADAGP (Paris) en 2020 et du Prix Talents Contemporains de la Fondation François Schneider (Wattwiller) en 2024, elle expose également régulièrement en France et à l’international. Elle est actuellement en résidence à la Fondation Fiminco (Romainville) jusqu’à l’été 2026.
Depuis presque 15 ans, Carré sur Seine s’est imposé comme un véritable accélérateur d’opportunités et un espace de rencontres fertiles entre artistes et professionnels du monde de l’art. Pensé hors des logiques de marché, le dispositif favorise les échanges, la transmission et les liens durables, transformant la rencontre en tremplin.
Les Rencontres Artistiques Carré sur Seine se déploient sur plusieurs jours, autour d’un programme de rendez-vous individuels entre artistes et plus de 200 expert·e·s du monde de l’art issu·e·s de la scène française et internationale.
A l’issue de l’événement, les expert·e·s apportent leurs commentaires sur les rendez-vous, première étape dans la sélection des artistes qui feront partie de l’exposition des finalistes.
Cette exposition collective, pensée comme un temps de mise en espace et de lecture curatoriale des démarches sélectionnées, prolonge les Rencontres. Le Prix Carré sur Seine articule dotations et accompagnements afin de soutenir les pratiques artistiques dans la durée.
Depuis deux ans, le Centre Wallonie-Bruxelles/Paris est partenaire du Prix et accueille en ses murs l’exposition des finalistes.
ArtContest (asbl), créé en 2005, est le concours annuel d’art contemporain de référence pour les jeunes artistes belges ou résidant en Belgique de 35 ans maximum.
Ce concours, fondé et dirigé par Valérie Boucher, attachée à la scène artistique émergente, a pour vocation de révéler, de suivre et d’accompagner le travail des jeunes artistes contemporains sur le long terme.
Sa philosophie consiste à contribuer à leur évolution et à favoriser la réflexion de leurs pratiques et de leurs positions, en tant qu’artistes, dans la société d’aujourd’hui.
Le Botanique, à Bruxelles, est un lieu où les arts plastiques et la musique se rencontrent. Ancien jardin botanique, il est désormais le centre culturel de la Fédération Wallonie-Bruxelles, avec une quinzaine d’expositions et plus de 500 concerts à l’année. Engagé dans la promotion de la création émergente, le Botanique soutient les artistes locaux et favorisent l’expérimentation et le dialogue artistique.
Le Centre d’art Atoma est un centre d’art contemporain situé à Bruxelles, fondé en 2024 pour promouvoir la création et la diffusion de l’art contemporain et pour connecter la scène artistique belge à ses homologues internationaux.
En tant qu’établissement artistique hybride, le centre réunit sous un même toit des activités qui se trouvent habituellement dans des lieux distincts, permettant d’explorer de nouveaux types d’interactions entre les rôles traditionnels de création, de représentation, de diffusion, d’interprétation et d’assimilation de l’art au sein de la culture contemporaine.
Dans le cadre du partenariat entre Carré sur Seine et le CWB|Paris, plusieurs artistes circulent entre Paris et Bruxelles à travers des temps d’exposition et de visibilité partagés.
En avril 2026, l’exposition collective Indices de présence, qui a réuni 10 artistes finalistes du Prix Carré sur Seine, a ouvert ses portes au CWB|Paris. Dans ce même mouvement, ArtContest y a présenté les œuvres de trois de ses lauréat·e·s : Helen Anna Flanagan, Shervin/e Sheikh Rezaei & Ugo Woatzi.
Du 6 octobre 2026 au 22 novembre 2026, à la faveur de la programmation Hors-les-murs du Botanique à Atoma Art Center à Bruxelles, trois lauréat·e·s du Prix Carré sur Seine exposent dans le cadre de l’édition 2026 d’ArtContest : Lina Filipovich, Pablo Hnatow et Yosra Mojtahedi.
Le partenariat tissé entre Carré sur Seine, le CWB|Paris, ArtContest, le Botanique et Atoma Art Center affirme une même volonté : accompagner les artistes dans la durée, créer des passerelles entre scènes françaises et belges, et penser l’émergence non comme un moment isolé, mais comme un processus fait aussi de déplacements et de transmissions.
Pablo Hnatow
Faith-05 : Huile sur acier galvanisé
H 15 cm x L 20 cm
Faith-06 : Huile sur acier galvanisé
H 15 cm x L 20 cm
Adam & Éve : Dessins (Diptyque)
Crayon argenté sur papier noir, H 18 cm x L 13 cm
Organum v.1.0 : Installation, Acier, Système éléctronique, câblage,
Colonnes accoustiques, Béton, H 190 cm ; Ø 120 cm
Pablo Hnatow explore notre rapport à la mort et au deuil à l’heure du numérique. Ses œuvres, ici Organum et Faith, formalisent ce moment précis où les données s’éteignent, où les mémoires se dissolvent, où les présences persistent et hantent sous des formes intermédiaires ni tout à fait vivantes, ni tout à fait mortes, quelque part entre l’ange et le zombie. Sa sculpture-antenne sonde les fréquences inaudibles du paysage sonore qui nous entoure et les réinterprète en chants polyphoniques, comme si le réseau révélait sa voix enfouie. Ses peintures donnent à voir des images mortes qui refusent de disparaître. Il nous place face à l’infini invisible du numérique et à ce qu’il fait de nos fantômes.
Lina Filipovich
Fallen Star : Vidéo numérique
Fallen Star : Tirage photo, 31 cm x 23 cm
So Blue : Photographie
Les absents I, II, III, IV, V VI : Tissus recyclés, dimensions variables
Le drapeau I à VIII : Tissus recyclés, dimensions variables
Paradise : Tissus recyclés, 160 cm x 134 cm
Avec son installation en collages textiles, Lina Filipovich crée des remix des icônes orthodoxes patriarcales. Elle les tord, les étire, les déforme et crée, sous forme de patchworks, de nouvelles mythologies où les figures d’autorité semblent s’être retirées. Dans sa recherche, l’artiste sonde ainsi les récits bibliques, les façades des églises, les manuscrits de chants liturgiques, les friperies pour sélectionner les éléments qui constituent ces fresques d’une religion qui n’existe pas mais dont les codes sacrés sont en adéquation avec l’idée qu’elle se fait du monde.
Yosra Mojtahedi
ISTHME NOIR : Installation Sculpturale, mouvante et sonore
Sculpture en céramique émaillée, 130 cm x 200 cm
« La chair remplacée par le matériau neutre, mesurable, démultipliable, immatriculable. » En 1984, Lyotard parlait d’une deuxième peau en devenir : un mélange d’artificiel et d’organique qui déplace la frontière entre ce qui est considéré dedans et ce que l’on croit encore dehors. C’est précisément à cette frontière que travaille Yosra Mojtahedi dans ses sculptures. Sombres et inquiétantes, elles semblent habitées d’une vie étrange, quelque chose s’y passe : une respiration, une pulsation, une présence en train de se stabiliser. Les organismes hybrides qu’elle crée rejouent ainsi la négociation en cours et à venir entre matière organique et matière artificielle.