STEREOLUX fête ses 15 ans avec l’exposition « Mirages »
Emilie Brout & Maxime Marion, Cinzia Campolese, Eva L’Hoest, Guillaume Marmin, Mazaccio & Drowilal, Raw Design, Romain Tardy, Luce Terrasson
Gratuit
STEREOLUX
4, Bld Léon-Bureau - 44200 Nantes
Horaires : Jeudi : 19h30-21h30 | Vendredi : 14h30-21h30 | Samedi : 14h30-21h30 | Dimanche : 14h30-18h30
Le Centre collabore pour la 4ème fois en 2026 avec l’Association STEREOLUX, en soutenant la programmation d’artistes FWB dans le cadre du Festival Scopitone et de cette édition anniversaire.
Le Centre a programmé l’artiste Romain Tardy en Hors-les-Murs Satellite lors de l’édition 2022/2023 de Chroniques, Biennale des Imaginaires Numériques.
Le Centre a également programmé l’artiste Eva L’Hoest et In Situ (Biennale Nova_XX 2021 et exposition Deep Fields en 2026) et en Hors les Murs Satellites (exposition Signal_Espace(s) Réciproque(s) à la Friche la Belle de Mai en 2020, exposition Symbiosium / Earth Day à la Fondation Fiminco en 2023 et exposition Tipping Point toujours à la Friche la Belle de Mai en 2025).
True / False
Structures modulaires, écrans, tubes LED, système sonore
Création 2026
True / False est une installation audiovisuelle immersive qui explore notre rapport à la vérité et les mécanismes de la croyance dans un paysage médiatique saturé d’informations. Fondée sur le principe de l’anamorphose, elle ne révèle les mots “TRUE” et “FALSE” qu’à partir de points de vue précis.
Composée de micro-architectures modulaires conçues dans une logique de réemploi, l’œuvre déploie un paysage sculptural traversé par un flux d’actualités issu d’un média fictif global, immédiatement reconnaissable sans appartenir à aucune institution réelle. À travers écrans LED, voix journalistiques, présentateurs virtuels et interfaces d’information, elle diffuse des récits mêlant faits réels sourcés, fausses informations historiquement documentées et contenus ambigus, tous présentés dans une même grammaire de crédibilité. Le statut de chaque information ne se révèle qu’après sa diffusion, lorsque les mots TRUE ou FALSE émergent progressivement par alignement lumineux, visibles seulement depuis le bon angle, en prenant physiquement de la distance.
Entre immersion et prise de distance, True / False met en scène un geste à la fois physique et critique : celui de reconsidérer ce que l’on croyait comprendre. Le visiteur expérimente ainsi combien notre perception de la vérité dépend autant des faits eux-mêmes que des formes, des récits et des dispositifs qui leur confèrent une apparence d’autorité.
Romain Tardy, né en 1984, vit et travaille à Bruxelles
Il est actif dans le domaine de la création visuelle contemporaine depuis 2008. Son travail, conçu comme une série d’expériences poétiques mêlant lumière, vidéo mapping, objets et son, est régulièrement présenté dans de nombreux pays à travers le monde. La question de notre rapport à la technologie, et de ses conséquences sur la société, est au cœur de sa démarche. Après des études artistiques et un passage dans des studios de post-production, il a collaboré en tant que VJ avec des artistes tels que Jay Z, Flying Lotus ou Murcof, et a cofondé le label visuel ANTIVJ.
CALENTURES :
The Inmost Cell
Video,10min30, 2020
Son : John Also Bennett, dialogues : Eva Mancuso, voix : Iveta Pole
The Inmost Cell
Gravure 3D dans le cristal, 2021
Inkstand – Fragments of Intents
Alliage de bismuth et d’étain, sable, encre, 2025
Courtesy : Servais Family Collection, Bruxelles
Pareidolia, 2015
Video, 1440/1920p, 00:10:32
Eva L’Hoest sonde la manière dont les technologies façonnent nos manières de voir, de penser et d’agir. En mobilisant pratiques artisanales et outils de CGI, de scan 3D ou d’intelligence artificielle, elle révèle avec sensibilité l’empreinte invisible que ces techniques laissent sur notre perception du monde. L’exposition met en dialogue trois ensembles d’œuvres qui construisent des environnements hybrides où humains, non-humains et artefacts technologiques coexistent. Dessinant des espaces traversés de glissements et de distorsions, le réel y est sans cesse reconfiguré par des forces techniques et imaginaires.
The Inmost Cell, une vidéo et deux sculptures, prend pour point de départ une calenture, mirage maritime où la mer devient champ d’herbe, ainsi que les ruines de trois îles englouties lors de la construction du barrage de Riga. Dans cette fusion de paysages ruraux et maritimes, des figures de la mythologie lettone émergent des entrailles d’une machine. À partir de photographies transformées par des procédés numériques, Eva L’Hoest compose des architectures fluides où paysages, lieux et mémoire se superposent.
La série Inkstand – Fragments of Intents, sculptures en alliage de bismuth-étain, évoquent autant des dioramas de scènes domestiques que des boîtes de Skinner, dispositifs scientifiques utilisés dans les années 1930 pour étudier le renforcement comportemental qui ont influencé le développement de l’intelligence artificielle. En croisant ces références scientifiques et des techniques de moulage préindustrielles, la série interroge la manière dont les technologies reconfigurent nos interactions avec le monde.
Le film Pareidolia explore une île méditerranéenne de granite rose et de récifs de lave. Ces roches anthropomorphes deviennent le théâtre d’un mouvement minéral incessant où le regard se perd.
Remerciement : Servais Family Collection, Bruxelles
Eva L’Hoest, née en 1991, vit et travaille à Bruxelles.
Elle utilise le langage numérique comme un outil archéologique pour explorer les concepts d’origine et de mémoire. Mêlant sculptures, performances et installations audiovisuelles, elle examine la manière dont les images mentales collectives et individuelles sont réactivées sous des formes technologiques. Formée à l’Académie royale des beaux-arts de Liège, elle a présenté son travail au Casino Luxembourg, KANAL – Centre Pompidou (Bruxelles), aux Biennales de Sydney, Riga et Lyon, ou encore à la Triennale Okayama Art Summit.
Pour ses 15 ans, Stereolux propose un ensemble d’installations artistiques qui reflètent ce qui fait son ADN : des artistes nantais et internationaux.ales qui interrogent le monde numérique, des œuvres monumentales ou intimistes, interactives ou contemplatives, capables à la fois d’émerveiller et d’ouvrir des pistes de réflexions.
Qu’elles rendent visible l’invisible, troublent les perceptions ou révèlent le vrai du faux, les œuvres présentées s’aventurent dans des zones d’incertitude où perception, fiction et réalité se contaminent. Les images ne sont plus de simples reflets : elles modèlent le réel, le déplacent, parfois le révèlent.
L’exposition Mirages se déploie entre espace public et lieux d’exposition, invitant à un parcours à la fois joueur et sensible.
Parmi les plasticien.ne.s exposé.é .s, les artistes bruxellois.e Romain Tardy – qui questionne, avec son anamorphose True / False la fabrique du faux à l’ère des intelligences artificielles, et Eva L’Hoest, qui présente deux ensembles d’œuvres qui interrogent la manière dont les technologies modèlent et orientent nos constructions mentales, à la croisée de l’artisanat et du numérique.
À travers ces œuvres, aux mediums et aux tonalités très variées, l’exposition est une traversée de mirages où se rejouent nos manières de voir, de croire ou de construire le monde.
L’exposition Mirages, imaginée pour les 15 ans de Stereolux, se poursuit dans Stereolux, à la Galerie Mélanie Rio Fluency et à la Zoo Galerie, centre d’art contemporain.
Avec le soutien de Wallonie-Bruxelles International