24.03.22

Une interview d’Amélie Verley, secrétaire générale de TRAM

Le Centre a intégré fin novembre 2021 le réseau TRAM qui fédère plus d’une trentaine de lieux engagés dans la production et la diffusion de l’art contemporain en Ile-de-France.

La diversité des structures adhérentes, écoles nationales ou municipales, musées, centres d’arts, collectifs d’artistes, etc., constitue la richesse de ce réseau et témoigne de la diversité de la présence de l’art contemporain sur le territoire francilien. Ces lieux mènent ensemble des actions complémentaires de production, de diffusion, de collection, d’enseignement, de médiation, d’édition. La mission première de Tram est de contribuer à une meilleure connaissance des activités de ses membres auprès d’un large public.

Le réseau édite un agenda quadrimestriel dans lequel figure l’actualité de chacun des lieux membres du réseau, les dates de vernissages et les activités culturelles. Il propose par ailleurs au grand public des circuits de visites des expositions présentées dans ses structures adhérentes.

Une interview d’Amélie Verley, secrétaire générale de TRAM

Tram fédère un vaste réseau qui a été initié il y a plus de 40 ans.

Quelles ont été les personnalités qui ont été à l’initiative de la création de ce réseau ?

Précurseur du réseau actuel, l’association Information arts plastiques en Île-de- France (IAPIF) est fondée en décembre 1981 par Thierry Sigg (Centre d’art d’Ivry- sur-Seine), Jacques Guillot (Centre Culturel Jacques Prévert de Villeparisis) et les responsables arts plastiques de différents établissements de la périphérie parisienne afin de mener un travail d’information, de relations extérieures et de permettre à ses membres d’échanger sur leurs pratiques, de se rencontrer et d’envisager la production de manifestations artistiques communes.

Les 8 membres fondateurs du réseau étaient alors :

Maison des Arts André Malraux, Créteil (Alin Avila, Michèle Meunier, Jean Morlock)
Centre d’action culturelle Jacques Prévert de Villeparisis (Dominique Abensour, Jacques Guillot)
Mairie de Vitry (Serge Guillou)
Service municipal d’arts plastiques de Choisy-le-Roi (Marianne Montchougny)
Centre culturel de Boulogne (Marilyse de la Morandière)
École municipale des beaux-arts/galerie Édouard-Manet, Gennevilliers (Bernard Point)
Service Culturel municipal d’Ivry (Thierry Sigg, Philippe Cyroulnik)
Centre Culturel Communal de Brétigny-sur-Orge (Otto Teichert)

Plus largement, parmi les personnalités qui ont pris part à la vie du réseau dans son Histoire, citons notamment :

Chantal Cusin-Berche, présidente de l’École supérieure beaux-arts de Nantes, ancienne directrice du Centre d’art contemporain de la Ferme du Buisson de 1992 à 2002 et qui fut la première secrétaire de l’association ;

Bernard Point qui fut directeur de l’École municipale des beaux-arts / galerie Édouard-Manet à Gennevilliers (lieu engagé dans le réseau depuis son origine). Puis, Lionel Balouin, qui lui succède en tant que directeur, École municipale des beaux-arts / galerie Édouard-Manet, Gennevilliers et devient co- président de TRAM de 2009 à 2012 en collaboration avec Aude Cartier ;

Madeleine Van Doren, ancienne directrice du Crédac à Ivry, ancienne présidente de IAPIF de 1997 à 1999

Caroline Bourgeois, conservatrice auprès de la Collection Pinault, présidente de TRAM de 2005 à 2008 (et alors à la direction du FRAC Île-de-France) ;

Paula Aisemberg, directrice des projets artistiques et directrice générale de la future fondation Emerige, ancienne directrice de la maison rouge, fondation Antoine de Galbert, Paris de 2004 à 2018 et trésorière puis vice-présidente de TRAM de 2015 à 2018 ;

Sylvie Boulanger, directrice, cneai =, présidente de IAPIF puis TRAM de 1999 à 2001, à l’initiative du changement de nom de l’association.

Aujourd’hui et depuis septembre 2020, la présidence de TRAM est tricéphale. Les co-président.e.s sont :
Aude Cartier, directrice de la maison des arts, centre d’art contemporain de Malakoff (92)
Madeleine Mathé, directrice du Centre d’art contemporain Chanot, Clamart (92)
Marc Bembekoff, directeur de La Galerie, centre d’art contemporain de Noisy-le-Sec (93)

Le bureau est aussi composé de :
Un vice-président : Xavier Franceschi, directeur du frac île-de-france (Paris, Rentilly, Romainville)
Une secrétaire : Valérie Knochel, directrice de La Maréchalerie, centre d’art contemporain de l’ÉNSA-V, Versailles (78)
Un trésorier : François Taillade, directeur du Cyclop de Jean Tinguely, Milly-la-Forêt (91)

Soulignons que si l’association TRAM a été portée par des personnalités reconnues aujourd’hui par leurs pairs dans notre secteur professionnel, tous les membres font preuve d’un engagement bénévole qui est mis au service du réseau et qui le fait vivre. TRAM est le lieu où les actions sont menées collectivement au bénéfice de toutes et tous, quelle que soit la taille de la structure représentée par sa direction.

Quels objectifs le réseau, à ses prémices, recherchait-il ? Ceux-ci demeurent-ils les mêmes en 2021 ?

La vocation initiale et le but de l’association, à sa fondation en 1981, étaient les suivants : « réaliser un travail permanent d’information et de relations extérieures propre à aider les département Arts Plastiques des organismes culturels de la Région Île-de-France ; à mieux faire connaître leurs activités et à les promouvoir auprès du plus large public possible : et ce par les moyens de tout support de communication parlé, écrit, audiovisuel, par des colloques et réunions diverses par des publications, expositions et manifestation d’animation et d’éducation populaire et d’une façon générale tout moyen propre à concourir au but général de l’association ».

Dès sa création, c’est un réseau de professionnel.le.s militant.e.s, très solidaire et actif dans le domaine des arts plastiques en Île-de-France. Il a vite fédéré de nombreux membres autour d’une mission principale : la diffusion de la création contemporaine auprès du public le plus large possible, promouvant ainsi le travail des artistes auprès du plus grand nombre.

Ce mois de décembre 2021, le réseau TRAM célèbre ses 40 années d’existence ! Le paysage des arts visuels en Île-de-France a changé, le réseau a grandi et s’est adapté aux évolutions mais les objectifs et les valeurs restent sensiblement les mêmes qu’à l’origine.

Quelles sont les ambitions et actions qui fédèrent les acteur.trice.s de TRAM ?

Depuis toujours, ce qui fédère les membres de TRAM sont :

Le soutien aux artistes et à la création contemporaine : TRAM renforce aujourd’hui sa mission de soutien aux artistes et aux auteur.trice.s. C’est une mission au cœur des préoccupations des membres comme l’a une fois de plus prouvé le projet « Après » en juillet 2020 en plein cœur de la crise sanitaire.

L’attention portée aux structures de diffusion et de production plus fragiles : à la veille de ses 40 ans, le réseau TRAM a réfléchi sur les valeurs portées par ses membres et les perspectives d’évolution envisagées dans les années à venir. Le premier changement opéré sur la gouvernance à la rentrée de septembre 2020, en pleine crise sanitaire, a été l’élection d’une co-présidence. Les réflexions se sont poursuivies en fin d’année en groupes de travail, sur la manière de favoriser le développement futur du réseau, suite à de nombreuses demandes d’adhésion en son sein… Et nous sommes désormais ravi.e.s d’annoncer que trois nouveaux lieux ont rejoint le réseau depuis la dernière Assemblée Générale : outre Le Centre Wallonie-Bruxelles, L’Institut des cultures d’Islam et Le Houloc sont également entrés dans le réseau.

C’est un réseau au service des publics pour la découverte de la création contemporaine auprès du plus grand nombre : en 2021, le réseau a porté un projet commun numérique, qui prenait la forme d’invitations à prendre la parole sur la nécessité de l’art « Donner la parole, ne rien concéder ». Nous poursuivons depuis des années l’organisation des balades culturelles RandoTram et TaxiTram afin d’emmener les publics à visiter 2 ou 3 lieux membres de TRAM, à pied ou en autocar, pour partager un temps privilégié en présence des artistes, des commissaires et des équipes des lieux qui nous accueillent.

En ces temps troublés, alors qu’on constate, en Europe et ailleurs, une montée en puissance de discours populistes, quelles visions de l’art contemporain entend défendre le réseau TRAM ?

TRAM défend une vision de l’art ouverte et plurielle, inclusive. Les valeurs de partage, de coopération et de mutualisation sont mises au service de toutes et tous. L’exemplarité dans les pratiques des membres envers les artistes, auteurs et autrices, personnalités invitées et équipes est aussi ce qui nous lie, aux côtés d’une exigence artistique rendue possible par la protection et l’expérimentation sans cesse renouvelée.

La candidature portée par le Centre CWB, au titre de membre associé, a été acceptée par les membres du réseau, qu’est-ce qui dans notre programme a particulièrement suscité l’intérêt ?

Lors de l’Assemblée Générale de TRAM qui réunissait les 31 lieux d’art membres du réseau au cours de laquelle s’est tenu le vote pour faire entrer trois nouveaux membres, tous et toutes ont salué l’exigence de la programmation artistique du Centre Wallonie-Bruxelles et le nombre de partenariats noués avec d’autres institutions de production et de diffusion de l’art contemporain en région Île-de-France et au- delà. Les membres ont également été très sensibles aux valeurs fondatrices du réseau que partage le Centre Wallonie-Bruxelles, qui sont la liberté d’expression, l’exigence, la solidarité, le partage, la mutualisation, la diversité, l’apprentissage, l’expérimentation, l’exploration, l’hospitalité ainsi que l’exemplarité dans les pratiques, auprès des artistes et des équipes.

Nous sommes ravi.e.s que le Centre Wallonie-Bruxelles rejoigne le réseau et nous nous réjouissons de nos projets futurs !

Interview réalisée par Ariane Skoda