Olivia Hernaïz dans l’exposition collective MINISTÈRE TRANSITOIRE, Acte III, VITAE ACTIVAE, méthode collective
Beffroi 2 place du Louvre, Paris 1
Olivia Hernaïz a présenté au Centre L’art et ma carrière (2020), jeu de société à la faveur de l’édition 2021 de la Biennale NOVA XX ainsi que son installation Les Fleurs Humaines dans l’exposition collective Hérétiques du 8 décembre 2023 au 27 janvier 2024.
Avec le soutien du Centre dans le cadre de ses opérations Hors-Les-Murs Constellations, elle participe à l’exposition collective MINISTÈRE TRANSITOIRE, Acte III_VITAE ACTIVAE, méthode collective, sous le commissariat de Jean-Christophe Arcos au Beffroi à Paris, du 11 au 27 juin 2026.
Oeuvres exposées :
L’art et ma carrière (2020), jeu de société (collection Frac Île-de-France)
Now all eyes are on us (2016), vidéo, 4 minutes 03 (courtesy de l’artiste)
Olivia Hernaïz a étudié le droit en Belgique et en Argentine et exercé en tant qu’avocate, avant
d’être diplômée d’écoles d’art à Bruxelles et à Londres. Son travail affronte les fictions sur
lesquelles sont construites nos sociétés. Les ressorts de l’humour, de la dérision et de l’espièglerie ne sont jamais loin d’une déconstruction des codes conventionnels. Abordant la question de la sous- représentation des femmes dans le monde de l’art, elle imagine un jeu de société basé sur des centaines de témoignages du milieu artistique, représentatif des errances et pressions du capitalisme tardif.
Avec le soutien du Frac Île-de-France dans le cadre du programme hors les murs du projet “Le
Syndrome de Bonnard, ou l’impermanence des oeuvres”, et avec le soutien du Centre Wallonie-
Bruxelles | Paris (CWB) dans le cadre de ses opérations Hors-Les-Murs Constellations.
Avec les artistes Guerreiro do Divino Amor • Violaine Lochu • Olivia Hernaïz
Avec les œuvres de Jos de Gruyter & Harald Thys • Paul Heintz • Liv Schulman
Avec la documentation de Thomas Hirschhorn
Sous la forme d’une résidence, la première partie (le conclave) a durant 3 semaines réuni 9 volontaires en présence des artistes Guerreiro do Divino Amor, Violaine Lochu et Olivia Hernaïz, d’oeuvres de Jos de Gruyter & Harald Thys, Paul Heintz et Liv Schulman, et d’une documentation de Thomas Hirschhorn.
L’exposition collective et polyphonique VITAE ACTIVAE, méthode collective marque l’ouverture au public.
L’œuvre fait voir quelque chose qui était là, et que personne ne voyait ; et en même temps, elle fait exister ce qui n’a jamais été là et qui n’existe précisément qu’en fonction de l’œuvre d’art :
personne n’a vécu dans un monde comme celui du Château de Kafka, mais nous avons tous vécu dans ce monde une fois que nous l’avons lu.
—Cornelius Castoriadis
On produit des expositions comme on produirait des gobelets en plastique : goulûment, le public consomme un objet fini défini, checke sa to-do list, raye l’œuvre suivante, acceptant jusque dans l’art même l’injonction généralisée à remplir son bingo sans s’arrêter un instant.
VITAE ACTIVAE a voulu être, à rebours d’une exposition, à rebours même d’une résidence d’artistes, une résidence de publics, sur le modèle des conférences de consensus.
En réunissant un panel de citoyen•nes volontaires qui croient que l’art peut encore dévier la marche du monde et pas seulement la refléter, nous nous sommes retrouvé•es à faire l’expérience d’une altérité. Durant nos neuf jours de conclave, les visions ont pu être exprimées, augmentées, transformées.
Pour partager nos questions et nos doutes, nos tâtonnements et nos vagabondages, nos désirs et nos oracles, nous avons agrandi le cercle et écouté des artistes.
Dans ce beffroi, nous avons pu sortir, pour un instant, de l’absurdité et de la productivité, nous
échapper de ce château qu’est le monde de 2026, pris entre le temps éclair du marketing guerrier et la voix tonitruante de radicaux sans attention.
Quelle super supériorité ont ces serpents qui sifflent sur nos têtes ? Quelles colères les cris de
oiseaux portent-ils ? Quelles reines faut-il écraser pour légitimer sa place sur l’échiquier ?
Qu’est-ce qu’on fait ensemble, une chorégraphie des contre-pouvoirs, une photocopie des luttes passées, une odyssée quotidienne pour se retrouver à travers le brouhaha ?
Nous croyons pouvoir demander des comptes. Nous voulons arrêter, un instant. Réfléchir, un
instant. Faillir, un instant. Nous voulons nous assemblée.
Ici et maintenant, il y a du pluriel et du futur. Il y a un demain, et il lui faudra bien une aube.
Jean-Christophe Arcos