Exposition “Inkarna, les métamorphoses du sacré” de Yosra Mojtahedi à l’Abbaye de Maubuisson avec Elsa Guillaume
YOSRA MOJTAHEDI & ses invitées ELSA GUILLAUME & MAGDALENA ABAKANOWICZ
Un co-commissariat de Marie Ménestrier et Emmanuel Reiatua Cuisinier
EN COLLABORATION AVEC LE SERVICE DÉPARTEMENTAL D’ARCHÉOLOGIE DU VAL D’OISE (SDAVO) ET LA GALERIE AEROPLASTICS DE BRUXELLES
Avec le soutien du Pupitre France de Wallonie-Bruxelles International (WBI) en synergie avec le Centre Wallonie-Bruxelles |Paris (CWB), dans le cadre de ses opérations Hors-Les-Murs Constellations.
Yosra Mojtahedi, née à Téhéran (Iran) en 1986, est une artiste contemporaine diplômée du Fresnoy – Studio national des arts contemporains. Son travail explore les interactions entre art, science et technologie, notamment la soft-robotique, en portant un regard anthropologique sur l’humain et ses relations avec la nature. Ses installations sculpturales, interactives, dessins et photographies créent des paysages organiques, sensuels et mystiques, baignés de pénombre, où fleurs, pierres, cordons ombilicaux et organes deviennent symboliques.
Elle questionne la frontière entre vivant et non-vivant, notamment à travers des sculptures de « machines-humains » et de « corps-fontaines », dans un dialogue entre ombre et lumière inspiré de l’architecture persane. Issue d’un pays où le corps est tabou, son œuvre revendique un féminisme sensuel et politique, explorant tactile, olfactif et érotisme pour un univers hybride où plantes, animaux, minéraux et corps se confondent. Le noir y joue un rôle central, symbolisant à la fois le tout et le rien, et unifiant son univers.
Lauréate du Prix Révélation Art numérique – Art vidéo de l’ADAGP en 2020 et du Prix Talents Contemporains de la Fondation François Schneider en 2024, elle est également finaliste du Prix Carré sur Seine 2025. Elle expose régulièrement en France et à l’international et est actuellement en résidence à la Fondation Fiminco jusqu’à l’été 2026.
Elsa Guillaume développe une pratique artistique pluridisciplinaire, du dessin à la sculpture, en passant par l’installation et la vidéo, centrée sur les univers maritimes. Diplômée des Beaux-Arts de Paris en 2013 et plongeuse depuis 2010, elle fait dialoguer dans son travail sa connaissance de la mer, le dessin et la céramique. Sa démarche alterne des temps de création en atelier, où elle modèle la terre, et des phases de recherche sur le terrain, nourries par le croquis, la photographie et l’observation directe des milieux naturels.
Fonds marins, activités humaines en mer, récits d’exploration et espaces difficilement accessibles constituent le cœur de ses recherches, abordées à travers une approche scientifique et environnementale.
Son parcours est marqué par de nombreuses immersions au sein de contextes scientifiques : en 2016, elle embarque sur la goélette Tara pour des expéditions en mer, puis poursuit des résidences à la Station biologique de Roscoff et le long de la côte norvégienne. Plus récemment, elle rejoint la goélette Persévérance, navire ravitailleur du Polar Pod, afin d’observer glaciers et icebergs du cercle polaire. Installée à Bruxelles depuis 2019, Elsa Guillaume expose régulièrement en France et à l’international et a reçu plusieurs distinctions, dont le prix COAL pour l’art et l’environnement.
Magdalena Abakanowicz, née près de Gdańsk (Pologne) en 1930 dans une famille aristocratique, s’installe à Varsovie au début de la Seconde Guerre mondiale, expérience qui marquera profondément son œuvre. Diplômée de l’Académie des beaux-arts de Varsovie en 1954, elle se fait connaître dans les années 1960 avec les Abakans (1965-1975), sculptures textiles tridimensionnelles monumentales, qui lui valent la médaille d’or à la Biennale de São Paulo en 1965. Pionnière de la sculpture textile, elle utilise des fibres naturelles pour explorer la liberté formelle et symbolique au-delà des contraintes académiques.
Elle enseigne à l’Académie de Poznań (Pologne) de 1965 à 1990 et développe des ensembles de sculptures figuratives acéphales en toile, résine puis bronze, telles que Figures de dos, Foules, Troupeaux et Hurma, offrant aux visiteur·euse·s une expérience immersive et introspective. Son œuvre interroge la répétition et l’anonymat, la frontière entre nature et humanité, et se déploie également dans des séries végétales (Embryologie), animales (Hoofed Mammals Heads, Oiseaux, Mutants) et guerrières (War Games).
Ses sculptures, regroupées en ensemble, sont présentes dans des collections prestigieuses en Europe, aux États-Unis et en Corée, et elle fait don de Manus ultimus aux jardins des Tuileries en 2000. Magdalena Abakanowicz s’éteint en 2017, laissant un héritage majeur dans l’art contemporain, où textile, sculpture et installation fusionnent pour questionner l’individu et le collectif.
Memento :
Elsa Guillaume a présenté au Centre son installation Nautiloïdes, dans le cadre de Symbiosium 2_Cosmologies Spéculatives #Abyssal, Sideral & Synthétique en 2025.
A la faveur de l’organisation l’année dernière d’une Visite Sentinelle, dispositif offrant un programme de visites d’ateliers d’artistes à Bruxelles et de foires internationales renommées telles Art Brussels, lors de la visite de l’atelier d’Elsa Guillaume, Marie Menestrier, Directrice de l’Abbaye de Maubuisson, et Emmanuel Cuisinier ont pu découvrir le travail de cette plasticienne céramiste invitée cette année par Yosra Mojtahedi à l’Abbaye de Maubuisson.
Yosra Mojtahedi participera à l’exposition ASILE, EXODUS & FUGA qui sera présentée au Centre Wallonie-Bruxelles du 11 septembre au 10 octobre 2026, à la faveur des Rencontres biennales ARCHIPEL#CHAOS-MONDE.
D’octobre 2025 à février 2027, les salles abbatiales de Maubuisson se mettent aux couleurs d’un triptyque d’expositions sur le thème des Métamorphoses du sacré. Le premier volet a pris la forme d’une genèse avec l’exposition collective Mandorla. Le second, intitulé Inkarna, s’articule à la façon d’un trait d’union, autour d’une approche personnelle incarnée par Yosra Mojtahedi, qui dialogue avec la pratique de deux autres artistes, Elsa Guillaume et Magdalena Abakanowicz.
Inkarna est une exposition traversée par une présence incarnée qui relie matières, corps et paysages. Le noir, teinte dominante du propos, agit comme une force enveloppante et sensuelle, unifiant corps et esprit. Symbole de censure en Iran, il est ici transfiguré en matière cosmique et vivante. Inspirée des déesses iraniennes, l’exposition se déploie comme l’anatomie d’un esprit veilleur : un corps accueillant d’autres corps, hybrides, entre organique, soft-robotique et mécanique.
L’artiste invite par ailleurs d’autres pratiques à entrer en résonance avec la sienne, celles des artistes Elsa Guillaume et Magdalena Abakanowicz, dont les œuvres sélectionnées complètent la vision d’un monde peuplé de chimères et d’organismes imaginaires.