Le 14 avril 2022 à 15h00

Entrée libre. Réservation conseillée.

Théâtre

46 rue Quincampoix 75004, Paris

Alexandra Saemmer est professeure des universités en sciences de l’information et de la communication (Laboratoire CEMTI, Université Paris 8). Ses recherches portent sur la construction sociale du sens à partir du texte numérique (presse en ligne, publicité, e-albums, littérature numérique, plateformes sociales). Les formes et figures du texte numérique sont analysées dans une approche de sémiotique sociale, qui étudie les manifestations matérielles des stratégies de communication dans les dispositifs à travers les processus de perception et d’interprétation par les sujets. Monographie récente: Rhétorique du texte numérique, Lyon, Presses de l’Enssib, 2015.

« Artiste et consultant en culture numérique, Mériol Lehmann possède également plusieurs années d’expérience à titre de gestionnaire culturel dans le domaine des arts médiatiques. Il s’intéresse particulièrement à une compréhension holistique et systémique des changements sociétaux amenés par le numérique et à leur influence sur le secteur culturel. Détenteur d’une maîtrise en arts de l’Université Laval, il poursuit actuellement un doctorat à l’École Multidisciplinaire de l’Image de l’UQO. Ses activités artistiques pluridisciplinaires lui confèrent une excellente connaissance du milieu culturel, des arts visuels aux arts de la scène, en passant par la littérature et la musique ».

Laura Tinard est une artiste qui navigue sur des yachts et dort sur des méridiennes. Elle a cofondé 3 000 Degrés, un festival de performances aux Brasseries Atlas, et dirige Hi-Stories,une maison de production d’écrivains performers.

Christiane Vadnais écrit de la fiction inspirée de la nature et du noir. Son premier livre, Faunes (Alto, 2018), a remporté le Prix du CALQ - Oeuvre de l’année dans la Capitale-Nationale, le Prix de création littéraire Ville de Québec – Salon international du livre de Québec ainsi que le Prix des Horizons imaginaires. Il a été finaliste à plusieurs autres distinctions et sélectionné comme l’un des dix meilleurs romans québécois de 2018 selon l’équipe de Plus on est de fous, plus on lit!, en plus de paraître en espagnol et en anglais. Lauréate du Concours de nouvelles XYZ en 2017, Christiane présente régulièrement son travail dans des publications collectives ainsi que sur scène, et participe à des rencontres entre littérature et autres disciplines. En parallèle à sa démarche d’écriture, elle œuvre depuis plusieurs années dans le milieu culturel : après avoir coordonné la programmation du festival Québec en toutes lettres puis de la Maison de la littérature, elle a piloté Alea, le laboratoire éditorial des éditions Alto, de 2019 à 2021. Son engagement envers la littérature ainsi que son rayonnement international lui ont valu en 2019 le Prix de L’Institut Canadien de Québec.

Pascal Leclercq est né en 1975 à Liège. Poète, traducteur et auteur de fictions, ses derniers livres sont Épuisé́ (La dragonne, 2016) et Analyse de la menace (Maelström, 2018). Fondateur de la revue Boustro, il anime les ateliers d’impression Poésie Pur Porc.
Pascal Leclercq est licencié en philosophie. Poète, il privilégie depuis quelques années la collaboration avec des artistes plasticiens (Jac Vitali – Un bâton – et Paul Mahoux – Septièmes ciels, On disait), des architectes (Pierre Hebbelinck – Corps, corps, corps) ou encore la styliste Céline Pinckers (Les Belles Absentes). Il a traduit de l’italien le poète Andrea Inglese (Colonne d’aveugles, Le Clou dans le fer) et le romancier Alessandro De Roma (Vie et mort de Ludovico Lauter, La fin des jours,) publié́ chez Gallimard, collection Du monde entier. Quelques séjours au Québec lui ont valu de rencontrer l’éditeur des Coups de tête, Michel Vézina, et de publier ses premiers polars (la série Marzi et Outchj). Il se produit régulièrement sur les scènes poétiques de Belgique et de France et a participé à quelques Festivals internationaux de Poésie (Trois-Rivières au Québec, Namur, Poema à Metz, Fiestival Maelström à Bruxelles, Felix poetry Festival à Anvers et FIP Granada au Nicaragua).
Enseignant, son travail tourne autour de l’articulation entre création poétique et impression typographique. Dans ce cadre, Il a fondé à l’école Léopold Mottet les ateliers d’impression Poésie Pur Porc ; il anime et imprime depuis quatre ans, avec ses amis Karel Logist, Paul Mahoux et Laurent Danloy, la revue plastique et poétique Boustro.

Bertrand Pérignon, né en Lorraine en 1980, vit à Bruxelles où il travaille pour une administration locale. Il a étudié́ les arts plastiques, l’esthétique du cinéma et la construction. Il a mené́ des activités littéraires publiques dans les années zéro et jusqu’au début des années dix.

Née à Montréal, Chantal Neveu est écrivaine et artiste interdisciplinaire. Elle est l’auteure de livres de poésie publiés aux Éditions La Peuplade et de l’Hexagone, et de projets littéraires — performatifs, visuels, médiatiques et d’art public — seule et en collaboration, diffusés au Canada, en Europe et aux États-Unis. Au cœur de sa pratique, sa méthode de scriptage irrigue une poésie polysémique. Plusieurs de ses livres sont traduits en anglais et publiés chez Book*Hug Press.

Né en 1970, Nicolas Tardy vit à Marseille. Après des études en art et multimédia, il se consacre uniquement à l’écriture poétique. Celle-ci trouve sa source dans une pratique du montage qui lui permet d’intégrer des sources diverses écrites directement ou prélevées, considérées sans hiérarchie. La question de la représentation — notamment via l’ekphrasis, la poésie documentaire et la novélisation — est au cœur de son travail. Il anime des ateliers d’écriture depuis 1999, des workshops annuels à l’ESADSE (École Supérieure d’Art et Design de Saint-Étienne) depuis 2008 et une charge d’enseignement en pratique des écritures numériques à l’AMU (Aix-Marseille Université́) depuis 2020.
www.nicolastardy.com

En partenariat avec Rhizome et la Délégation du Québec à Paris Depuis sa fondation à Québec en 2000, Rhizome s’est donné le mandat d’amener la littérature là où elle ne se trouve habituellement pas en utilisant la force d’évocation d’un texte comme impulsion de création.

Le mandat de Rhizome, dont la pierre d’assise est la littérature, en est un de recherche et création. Le point de départ de sa démarche réside dans cette question : si la lecture publique d’œuvres littéraires par leurs auteur.ice.s se situe dans le champ de l’art, ne doit-elle pas être questionnée dans sa forme comme pour les autres pratiques artistiques ? Rhizome se propose ainsi d’expérimenter d’autres façons de créer des œuvres littéraires sur d’autres supports que le livre, d’emprunter aux diverses pratiques par la collaboration interdisciplinaire afin de mettre à profit la vision que peuvent avoir des artistes d’autres disciplines sur le texte littéraire.

Le Centre Wallonie-Bruxelles, développant également un territoire de programmation autour du débordement de la littérature hors du livre et des croisements entre la littérature et les autres champs artistiques, s’est joint à cette programmation décloisonnée.


15h00 à 18h00 – Colloque sur les « Arts littéraires et les enjeux »


La littérature et le fantasme d’immortalité : quand la culture numérique clashe avec une vieille conception de la figure d’auteur

Avec Mériol Lehmann (artiste sonore et photographe), Laura Tinard (autrice et performeuse) et Alexandra Saemmer (chercheuse)

Une technologie peut devenir invisible ou transparente. Elle peut se fondre avec l’objet qu’elle sert. Et c’est à ce moment, probablement, qu’elle a un potentiel d’impact important sur la culture. Prenez le livre. Personne ne voit plus le livre comme une technologie. Plus encore, on confond volontiers les termes livre (un support) et littérature (une pratique). Selon Michel Serres, c’est lorsque la technologie vient changer le couplage support/message que les civilisations basculent. Et ce couplage est en train d’être complètement redessiné par les technologies numériques.

Les « nouvelles » technologies numériques entraînent des changements profonds dans nos sociétés. Nous le savons. Et nous voyons que, sans être menacé, l’édifice du livre est suffisamment ébranlé pour que, tout à coup, d’autres modes d’expression de la littérature, qui n’avaient jamais cessé d’exister, redeviennent visibles. On parle d’oralité, de performance… mais il n’y pas que le support qui change, les rapports des œuvres avec leurs auteur.ices et avec le public changent aussi. Or, si ce rapport change, n’y aurait-il pas lieu de questionner la figure de l’auteur.ice telle qu’elle s’est développée depuis le 18e siècle, c’est-à-dire à une époque où la quasi-permanence du livre (et sa rareté relative) permettait de rêver d’éternité?

C’est cette question, en lien avec les arts littéraires actuels, que nous explorerons avec nos invité.es Mériol Lehmann, Laura Tinard et Alexandra Saemmer, qui explorent chacun.e à leur façon ces enjeux dans leurs travaux


18h00 – Apéro


20h00 à 22h00 – Soirée de lectures-performances


Dans l’architecture, lecture sonore de Nicolas Tardy (Marseille) et Chantal Neveu (Montréal), accompagnés par Mériol Lehmann (Montréal) À travers une poésie en vers brefs et elliptiques et une prose sculptée par une ponctuation originale, les poètes Chantal Neveu et Nicolas Tardy exposent une mise en relation d’expériences spatiales. L’artiste Mériol Lehmann, en usant de la voix des poètes, fait entrer cette expérience en vibration avec le lieu et les objets de l’espace dans lequel poètes, artiste et public se trouvent.

L’île inventée, lecture musicale de Christiane Vadnais (Québec), entrecoupée du conte sonore Iel & Suzie de Julie Boitte (Belgique) Qu’est-ce qui est inventée ici ? Est-ce une communauté d’hurluberlus ayant décidé de réinventer la société ? Ou est-ce une histoire invraisemblable impliquant deux archéologues très discrets, une ribambelle de conteur.euse.s intercontinentaux et un cabinet nantais d’archéologies sonore ? Christiane Vadnais, romancière québécoise, tente ici de répondre à cette question.

Standon & Solyvène Targamé, suivi de /Butome, lecture musicale et performée de Pascal Leclercq et Bertrand Perignon (Belgique) . S’il fallait absolument télescoper les univers poétiques que déploient Pascal Leclercq et Bertrand Pérignon dans ces textes aux titres singuliers, il faudrait parler de sauterelles post-apocalyptiques. Sur les vibrations de Sébastien Schmit, les poètes nous en donnent un aperçu.

L’artiste en télétravail, lecture-performance de Maud Marique. Maud Marique est artiste et poète. Elle travaille principalement avec/sur le langage et sur/avec internet. Outre ses projets en ligne, elle prend part à des éditions et des expositions, écrit dans des revues, performe lors d’événements littéraires, collabore avec des artistes et est membre du collectif Sabir, qui publie la revue du même nom.


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