Rencontre Brognon & Rollin avec Hope Craig-Corlew
Conversation avec le duo Brognon Rollin, lauréats du Prix Duchamp 2026 et Hope Craig-Corlew, présidente United American Indian Involvement
Entrée libre - Réservation conseillée
Théâtre
46 rue Quincampoix 75004, Paris
David Brognon, belgo-luxembourgeois, né en 1978 à Messancy (B), et Stéphanie Rollin, française, née en 1980 à Luxembourg (L), vivent et travaillent à Paris, Luxembourg et Sienne.
Les deux artistes démarrent leur collaboration en 2006, après leur rencontre au MUDAM de Luxembourg. Ensemble, ils développent un travail singulier (installations, sculptures-objets, vidéos, performances, photos), dont l’humain est le matériau principal et la rencontre le moteur.
A partir de situations réelles et le plus souvent complexes, ils donnent corps à l’expérience du temps, de la durée ou de l’attente, en prise directe avec la matérialité d’un territoire et de ses limites – en particulier dans le contexte de situations d’enfermement. Attentifs à la marge plutôt qu’au centre, les artistes s’intéressent aux interstices flous où la société cantonne celles et ceux qu’elle marginalise ou invisibilise.
« Notre univers, c’est la périphérie, c’est cet espace-temps qu’on ne veut pas voir ».
Par ses méthodes et ses formes finales, synthétiques et épurées, ce travail s’inscrit dans une généalogie issue de l’art conceptuel, mais se fonde avant tout sur une capacité d’attention et d’empathie exceptionnelle envers les personnes et situations sociales rencontrées.
Issue d’un long processus de création entre analyse sociale, recherches et immersion sur le terrain, leur pratique artistique s’appuie sur l’observation, le dialogue et la co-construction avec les personnes concernées. L’exigence de se confronter au plus près du réel, au sein d’un environnement qu’ils abordent en « caméléon », sans jugement préconçu, leur permet de prélever des éléments du quotidien qui échappent au premier regard et de s’atteler à les rendre perceptibles. Leur capacité à diffracter et poétiser le réel, en combinant faits, objets, anecdotes ou éléments symboliques, crée une œuvre polysémique qui s’imprime dans le regard du spectateur, invité à saisir ce qui gît ou vibre sous l’ordre apparent du visible. C’est donc au cœur de leur démarche, à la fois conceptuelle, humaine, empathique et poétique que se jouent la spécificité et la cohérence de leur travail.
Récemment lauréats du Prix Marcel Duchamp 2026, leurs travaux font partie de plusieurs collections publiques : Le Centre Pompidou, Musée National d’Art Moderne, Paris, France / MUCEM, Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, Marseille, France / Musée d’Histoire et d’Art de Genève, Suisse / The Israel Museum - Jerusalem, Israel / MAC VAL, Musée d’Art Contemporain du Val de Marne, France / Collection MUDAM, Luxembourg / BPS22 - Musée d’Art de la Province du Hainaut, Belgique / CNAP, Centre National des Arts Plastiques, France / MAC’S - Grand-Hornu, Belgique / FRAC Ile-de France, FRAC Alsace, FRAC Poitou-Charentes FRAC Grand Large et FRAC Lorraine France,…
Depuis 2022, le tandem Brognon Rollin a initié une série d’oeuvres vidéo en collaboration avec le UAII, United American Indian Involvement de Los Angeles. Pièce inédite, « We are more than Beads and Feathers..our Longest Walk Continues » (2026), sera projetée avec « We are more than Beats and Feathers » (2022). Doucement, Hope Craig-Corlew nous initie à la fabrication de bijoux tribaux. Étape par étape, les images didactiques se succèdent ; mot à mot la narration dévie calmement de son sujet pour conter une autre histoire, toujours d’actualité, celle glaçante de l’oppression.
À l’issue de la projection, un échange entre Hope Craig-Corlew et Brognon Rollin proposera une plongée dans l’intimité de la condition contemporaine des native american avec la complicité d’Odile Burluraux, conservatrice au Musée d’Art Moderne de Paris, pour la modération.
We are more than Beats and Feathers, 2022 - 2023
Vidéo couleur, son
9 min 44 sec, en boucle
Le tutoriel est devenu une arme efficace pour contourner la censure sur les réseaux sociaux. Utilisée par les populations opprimées comme cheval de Troyes numérique, la vidéo la plus anodine s’avère ainsi le véhicule idéal afin de transporter un message de résistance à l’abri des robots espions des gouvernements. Le Cardinal rouge est un oiseau répandu sur le continent américain. Il est pour les natives americans le symbole des ainés disparus, son plumage rutilant est utilisé comme motif ornemental par ce peuple à la spiritualité aussi indatable que la création de l’Homme.
Doucement, la voix de Hope Craig-Corlew se propose de nous initier à la fabrication d’une paire de boucles d’oreilles à motif Cardinal. Étape par étape, les images didactiques se succèdent ; mot à mot la narration dévie calmement de son sujet initial pour conter une autre histoire, toujours d’actualité, celle glaçante de l’oppression.