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Le 5 septembre 2026 à 16:00

Entrée libre
Atelier sur réservation

Théâtre

46 rue Quincampoix 75004, Paris

16h-18h : Atelier d’écriture gratuit sur réservation animé par le collectif Mange tes mots

16h-19h : Protocole performatif d’Eloïse Tabouret en accès libre

19h-23h : Soirée poésie en accès libre (scène ouverte et performances littéraires)

Bo Rainotte est Poète Punk, il écrit tout haut ce que nous vivons tout bas. Sa poésie est intime, multiple et libre. Auteur, compositeur, interprète, réalisateur, acteur, performer, Bo est un artiviste couteau suisse au service du sens.

Né à Verviers et adopté par Bruxelles à 18 ans, il traduit sa poésie via différents canaux : le film VEUX MOI qui fait sa vie à San Francisco, l’album KEVIN un opus singulier de pop electro clash ponctuée d’intermèdes parlés sous le pseudo de « Biche de Ville », des ateliers d’écriture dont « Poésie de l’intime » qui invite à la reconnexion au corps pour laisser parler son cœur, des performances scéniques et tout récemment en œuvres d’art pour I AM HERE, une expo sur l’auto-représentation à Bruxelles.

Il a contribué au deuxième volume du recueil On ne s’excuse de rien ! du Collectif L-Slam.

Son premier livre Biche Boy : Journal intimement poétique, dont il a tiré un seul en scène, est paru aux éditions MaelstrÖm reEvolution en avril 2025.

Crève $@!0?€ est une œuvre participative graphique et performative qui prend la forme d’un protocole de table ronde. À mi-chemin entre jeu de société et dispositif discursif, elle s’inscrit dans une recherche sur la réappropriation du mot “salope” dans les luttes féministes, en activant un espace collectif de prise de parole.

Le mot “salope” traverse les regards, les voix et les corps. Insulte chargée de stigmates et de contradictions, il ne se limite pas à une simple offense : il devient un prisme à travers lequel s’expriment les normes sociales, les pressions patriarcales et les attentes imposées aux femmes. Face à cette complexité, il semble vain de vouloir en donner une définition unique.
Le projet propose ainsi d’ouvrir un espace de réflexion collective, envisagé comme un manifeste vivant.

Le dispositif se déploie autour d’une table, réunissant de 2 à 6 participant·es. Conçu sous la forme d’un jeu de cartes, il structure les échanges à travers trois phases successives. La première engage une réflexion subjective, invitant les joueur·euses à partager expériences personnelles et ressentis. La deuxième élargit la discussion à une échelle sociale et politique, en interrogeant normes et imaginaires collectifs. La troisième phase se concentre sur la question de la réappropriation, en mettant en tension positions individuelles et enjeux collectifs.

Chaque participant·e pioche à tour de rôle une carte et lit une question à voix haute, amorçant la discussion. Le protocole organise la circulation de la parole tout en laissant place aux désaccords, aux récits situés et aux prises de position. L’ensemble de la session est enregistré, constituant une trace sonore des échanges.

À l’issue du jeu, les contributions sont retranscrites pour former un manifeste collectif. Celui-ci rend compte des positionnements des participant·es — favorables ou non à une réappropriation du terme — ainsi que des mots, récits et tensions les plus récurrents. Les livrets imprimés issus de ces échanges prolongent la dimension éditoriale du projet, où la
parole devient matière graphique.

Le dispositif comprend les règles du jeu, trois ensembles de cartes correspondant aux différentes phases, ainsi que des supports imprimés retraçant les discussions. La dimension ludique agit comme un cadre facilitateur, permettant d’aborder des sujets sensibles tout en maintenant un espace structuré et inclusif.

Ce projet ne cherche pas à produire une réponse univoque, mais à faire exister une pluralité de voix. Adopter un processus plutôt qu’une vérité finale, c’est reconnaître que les perceptions évoluent et que les tensions font partie intégrante des dynamiques de réappropriation. Se réapproprier l’incarnation de la “salope”, c’est aussi se réapproprier le protocole lui-même : un cadre à activer, détourner et habiter collectivement. Crève $@!0?€ s’adresse autant à un public familier des enjeux féministes qu’à celles et ceux qui les découvrent, en ouvrant un espace de dialogue autour des réflexes systémiques et des rapports de pouvoir qui traversent le langage.

Le projet nécessite la participation active de joueur·euses pour exister pleinement.


Eloïse Tabouret est une artiste et typographe basée à Bruxelles. Elle développe une pratique autour des enjeux féministes, explorant le langage, les rapports de pouvoir et les formes éditoriales via des dispositifs critiques et expérimentaux.

Jules Carlito Beurrier-Loncan (n. 2003) est un auteur, musicien et artiste originaire de Guadeloupe. Après des études de piano au Conservatoire de Lyon et à la Schola Cantorum, il est aujourd’hui aux Arts Décoratifs de Paris, à la Sorbonne Nouvelle et à Paris 8 en création littéraire. Ses textes sont publiés dans L’écharde, Zone Critique, 2k2, aux Editions Kilogramme, dans les Presses de Columbia, revue Miroir, Opium… Il a présenté des performances à la Gaité Lyrique, à la Maison de la Poésie, à la SGDL et il compose de la musique sous le nom de LONCAN.

Mardi Forestier vit et travaille à Bruxelles. À cheval entre poésie et narration, son travail d’écriture se fonde sur un rapport plastique à la langue : une logorrhée baroque, clinquante, chuintante et équivoque, où le sensible précède le sens. En 2023 est paru son premier ouvrage, Les Lichennes (ESAAA ed.), un roman d’anticipation enraciné dans les écologies queers. En 2024, elle publie Harde (ed. Trouble), un
roman d’amour reprenant les figures emblématiques de la Commedia Dell’arte. Parcourue de chansons, ce récit se déploie également dans une version scénique aux côtés de la musicienne Georgia Blue. En 2026, elle publie aux éditions Atelier Téméraire Avale-tout, un recueil de nouvelles de fiction explorant le motif ambivalent de la dévoration.

Olivia Tapiero est écrivaine, traductrice et musicienne. Elle a signé plusieurs ouvrages, dont Rien du tout (2021), Un carré de poussière (2025) et Kaddish des mouches (2026). Elle vit à Marseille.

Avec Kaddish des mouches, Olivia Tapiero se penche sur la manière dont le fascisme affecte le langage, lui coupe son souffle. En puisant des syntaxes dans les discours politiques contemporains et passés, ainsi que dans des études entomologiques datant du XIXe siècle (époque où le racisme scientifique se coagule), elle propose une prière pour les morts en même temps qu’une méditation sur le fait d’en être témoin. Kaddish des mouches est un monologue incantatoire, dont la syntaxe se brise pour devenir rythme et mouvement sonore, la musicalité étant elle-même l’« insecte » de la littérature, ramenant le sens au son, donnant matière à la raison tout en menaçant ses contours.

Autrice, dramaturge et interprète, Raïssa Yowali est née à Bruxelles de parents tous les deux congolais. Elle est l’aînée de sa famille. Elle a signé un recueil auto-édité en 2024 D’aussi longtemps que je me souvienne, je me suis pensée au masculin pour embrasser les filles pour lequel elle reçoit le prix du Jury et celui du Public des prix Fintro en littérature francophone. Elle a aussi contribué à plusieurs recueils collectifs dont En Lettres noires aux Midis de la poésie et (Grands)-mères en Lumière chez maelstrÖm.

En 2025, elle est lauréate des Prix paroles urbaines et reçoit également le prix du public dans la même compétition.

Son nouveau recueil, les Mille soleils de Busu Jano, est paru à l’Arbre de Diane en janvier 2026. Son spectacle SMOGGG est en préparation.

Elle est aussi journaliste culture en parallèle et contribue ponctuellement à différents magazines de cinéma et d’arts vivants, notamment Surimpressions et La Pointe. Elle aimerait lancer sa propre plateforme de critique. En 2024, elle est sélectionnée pour les rencontres du Festival transamériques.

Interprète, elle s’essaye à plusieurs formes et part effectuer un stage en dramaturgie à Kinshasa auprès de David Ilunga et Tina Way de la compagnie théâtre du fleuve en 2023.

Imaginée avec le collectif Mange tes mots, cette soirée tisse des liens entre les scènes de poésies contemporaines belges et françaises à travers des pratiques qui envisagent le langage comme un espace d’expérimentation, de relation et de transformation. Les mots n’y sont jamais de simples véhicules de sens : ils deviennent matière à performer, à partager, à déplacer. Ils portent les mémoires, les conflits, les affects et les imaginaires qui traversent les corps autant que les récits.

Dès l’après-midi, l’artiste Eloïse Tabouret active Crève $@!0?€, un protocole participatif et discursif prenant la forme d’un jeu de table ouvert au public. Pensé comme un manifeste en devenir, expurgé d’auteur.autrice. Unique, le protocole se présente comme un espace collaboratif où la parole révèle les tensions, les contradictions, les puissances de réappropriation et de prises de position qui traversent le langage . Les échanges deviennent une matière communale, destinée à être réactivée transcrite puis prolongée sous une forme éditoriale.

En parallèle, le collectif Mange tes mots propose un atelier d’écriture nourri par les recherches d’Eloïse Tabouret autour des inventions lexicales et des pratiques collectives. Les participant·es y explorent les déplacements du langage, expérimentent ses écarts et élaborent des textes qui trouveront un premier espace d’énonciation lors du micro ouvert.

À mesure que la soirée se déploie, les écritures quittent l’espace de l’atelier pour investir la scène. Le micro ouvert accueille d’abord les textes et les voix du public (sur inscription en amont auprès du collectif), puis se déploie en une programmation réunissant trois auteur·ices belges et deux français·es. De la poésie punk et profondément incarnée de Bo Rainotte aux partitions verbales d’Olivia Tapiero, dont la syntaxe se fracture jusqu’à devenir mouvement sonore, en passant par les formes hybrides de Jules Beurrier-Loncan, qui tissent des liens entre écriture, composition musicale et performance, jusqu’aux récits de Raïssa Yowali, où les questions d’identité, de mémoire et de filiation rencontrent la scène, et à la langue plastique, baroque et sensible de Mardi Forestier, où le sensible précède le sens, se dessine une constellation d’écritures contemporaines où l’intime rencontre le politique, où le sensible se partage et où la langue s’invente dans l’acte même de sa profération.

En écho aux Traversées du Marais, cette soirée fait de la poésie un espace de rencontre et d’expérimentation. Une traversée où les écritures se mettent en partage, où les voix se répondent sans se ressembler ou s’assimiler et où le langage retrouve sa capacité à porter de nouveaux imaginaires et à faire émerger des formes de vie collectives.

Les Traversées du Marais “Dialogues”

Mange tes Mots x CWB©Persil Fleur

Olivia Tapiero ©Clara Houeix

Bo Rainotte©Barbara Salome Felgenhauer

Jules Carlito Beurrier Loncan©Emile Lecomte

Jeu©Eloise Tabouret

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