15.10.22 — 27.11.22

“Histoires Naturelles” : Alice Pallot à la Chapelle des Cordeliers – Toulouse

Constellations Résidence 1 + 2. Exposition de restitution de résidence avec Alice Pallot (“Algues maudites”), Jean Larive (“Entre deux eaux”) & Adrien Basse-Cathalinat (“Confluence”)

Du 15 octobre au 27 novembre 2022

La Chapelle des Cordeliers
13 Rue des Lois, 31000 Toulouse.

VERNISSAGE : VENDREDI 14 OCTOBRE de 18h30 à 21h

En présence des photographes, de Michel POIVERT, parrain de l’édition 2022 et de Catherine JEANDEL, marraine d’honneur

Alice Pallot est une photographe française qui vit et travaille à Bruxelles. Elle est diplômée de la section photographie de l’École nationale supérieure des arts visuels (ENSAV) de La Cambre à Bruxelles. La même année, elle remporte le prix Roger de Conynck pour sa série « L’Ile Himero », également exposée au festival Voies Off à Arles. En 2019, Alice Pallot auto-édite un livre intitulé « Land » qui fait partie de l’exposition Belgian Photobook présentée successivement au Fotomuseum d’Anvers, au Bal à Paris et au Wiels Art Book Fair à Bruxelles.

Depuis 2018, les travaux d’Alice Pallot font l’objet de plusieurs expositions individuelles et collectives en France, aux Pays-Bas et en Belgique, notamment au Botanique, en 2022, au Hangar Art Center et au FOMU. En 2022, Alice est sélectionnée parmi les 10 talents émergents du programme .tiff du FOMU en Belgique. Elle est lauréate du programme Futures pour l’exposition « On the Verge » avec six autres photographes européens. Son ouvrage « Suillus » est présenté au Belgium Photobook dans le cadre des Rencontres d’Arles. Libération, La Libre, Fisheye Magazine, Vice…publient ses photographies. Le projet O.M.O réalisé par le collectif De Anima dont elle est membre est selectionné par le Centre Pompidou Paris pour une exposition expérimentale « Unbound » au Unseen Photo Fair à Amsterdam.

Alice Pallot interroge la relation ambigüe entre l’être humain et un environnement en constante mutation, soulevant des questions intrinsèquement liées à notre époque. Elle tend à repousser les limites du médium photographique pour créer des documentaires sensibles et révéler des réalités cachées. Ses recherches, expérimentations et photographies deviennent les témoins d’une ère
nouvelle.

Contenu augmenté

A la faveur d’un partenariat avec le Centre initié en 2021 et réitéré en 2022, la Résidence 1+2 a accueilli en résidence de création la photographe Alice Pallot.

Suite à un appel à projet conjoint lancé auprès de photographes basé·e.s en Fédération Wallonie/Bruxelles, le jury a retenu le projet « Algues maudites », proposé par Alice Pallot.

En Bretagne, les algues toxiques dites « algues maudites » sont devenues le symbole d’un mal profond qui prend racine dans les lois de modernisation agricole des années soixante. La présence de nitrates et de phosphates dans les eaux littorales (pollution due à l’agriculture intensive) contribue à la multiplication des algues marines. Ces algues deviennent mortelles lorsqu’en pourrissant, le gaz toxique (H2S) est libéré. La multiplication de ces algues crée des zones mortes qui laissent derrière elles des paysages morbides à l’aspect figé, comme hors du temps, lorsqu’elles ne sont pas ramassées.

Une première étape préparatoire à la résidence s’est tenue en Bretagne, du 18 au 24 mai, période au cours de laquelle l’artiste a réalisé un travail photographique documentaire, visant à mettre en avant la transformation d’un paysage causée par les actions de l’être humain, et portant sur l’imperceptible toxicité des algues.

Puis à Toulouse, en collaboration avec des chercheur.euse.s de l’Université toulousaine, Alice Pallot a reproduit un bassin artificiel, « malade », saturé par la prolifération des algues pour y recréer ensuite de la vie, l’épurer. Ces images microscopiques du bassin capturant photographiquement un micro-écosystème en renaissance sont associées à une série photographique narrative, intégrant aux images réalisées en Bretagne ces photographies quasi science-fictionnelles du bassin, mais aussi des images d’archives sur les scandales liés aux algues, fournies par des associations bretonnes.

A travers un documentaire sensible, Alice Pallot met en avant les transformations d’un paysage par les actions néfastes de l’être humain sur l’environnement, mais aussi l’imperceptible toxicité des algues (gaz H2S) qui perdure aujourd’hui dans un climat politique tendu. Sa série de photographies et de vidéos s’efforce de souligner le contraste entre l’apparence idyllique du littoral breton et la toxicité réelle sous-jacente des algues qui l’envahissent, conséquence de l’exploitation industrielle de la terre. Ce travail questionne également la possibilité de créer un espace et un moment de renaissance à travers un équilibre « faune, flore, sol », désormais rompu.

Outre cette exposition collective, Alice participera au Colloque national - Photographie & Sciences, organisé le 15 octobre au Musée d’Histoire naturelle. Elle interviendra à partir de 10h dans la table ronde modérée par Andreina De Bei, rédactrice en chef adjointe, directrice photo du magazine Sciences et Avenir - La Recherche, avec les intervenant.e.s suivant.e.s :

  • Frédéric Azémar, docteur, ingénieur d’études en environnements géo-naturels et anthropisés, équipes BIOREF & CIRCE Plongée scientifique, LEFE – Laboratoire écologie fonctionnelle et environnement – Observatoire Midi-Pyrénées (CNRS/UPS/Toulouse INP)
  • Catherine Jeandel, océanologue, géochimiste et directrice de recherche au CNRS - LEGOS - Laboratoire d’études en géophysique et océanographie spatiales (CNRS/UPS/CNES/IRD). Marraine d’honneur de la Résidence 1+2,
  • Alexandre Mouawad, journaliste, auteur du portfolio consacré à Alice Pallot dans Fisheye #55.
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