Journée inaugurale “SALÉ / Penser l’externalité & la défrontiérisation”
Conférence et table ronde. Dans le cadre du projet SALÉ, sous pavillon de la seconde édition des Rencontres Biennales Archipel #Chaos-Monde
Entrée libre
Théâtre
46 rue Quincampoix 75004, Paris
Première échéance du projet SALÉ :
La journée s’articulera autour de deux tables rondes incisant les enjeux sondés au travers de ce tentaculaire projet, en présence des partenaires du Liban, du Maroc, d’Egypte, de France et de Belgique.
Armelle Dakouo
Directrice artistique et consultante en art, Armelle Dakouo travaille à renforcer la visibilité des scènes artistiques des Suds sur la scène internationale.
Commissaire d’exposition indépendante spécialiste de la scène artistique contemporaine d’Afrique et afro-diasporique, elle réalise depuis plus de quinze ans des expositions collectives ou personnelles en France et à l’étranger d’artistes plasticiens et visuels d’Afrique et d’ailleurs.
Son approche curatoriale l’amène à traiter des notions chères à la scène contemporaine d’Afrique que sont la mémoire, l’histoire, la transmission et les archives.
Basée au Sénégal puis au Maroc entre 2010 et 2017, elle produit des expositions itinérantes en Afrique de l’Ouest, collabore avec des galeries d’art contemporain et des institutions privées. Elle est co-commissaire de la Biennale du Congo 2022 à Kinshasa, RDC et commissaire de la biennale Photosa à Ouagadougou, Burkina Faso en 2025.
Elle a été Directrice artistique de la foire Also Known As Africa à Paris de 2017 à 2024. Aujourd’hui, elle poursuit ses projets autour du bassin méditerranéen et de la scène caribéenne.
Pierre Vanderstappen
Pierre Vanderstappen est philosophe de formation (université libre de Bruxelles). Après avoir enseigné quelques années en Belgique, il s’installe à Paris où il s’occupe de la Promotion des lettres belges de langue française, travaillant à la librairie puis au Centre Wallonie-Bruxelles en tant que Conseiller littéraire. Dans ce cadre, il œuvre à la programmation du secteur littéraire, anime de nombreuses rencontres et produit des émissions radiophoniques en ligne.
Charbel Samuel Aoun
Charbel Samuel Aoun est un artiste d’origine libanaise, né en 1980 à Fanar, au Mont-Liban. Il vit et travaille actuellement entre Beyrouth et Paris. Architecte de formation, il a quitté les agences d’architecture pour planter une forêt, à la recherche d’expériences naturelles avec les composantes de l’espace. Dans son travail, le médium agit comme un déclencheur multisensoriel, invitant à un dialogue entre le rationnel et l’émotionnel, faisant surgir les traces de langages oubliés. Entre 2007 et 2017, son travail connaît un changement significatif : sa peinture se tourne vers des matériaux végétaux, à la recherche de l’espace d’une peau. Cette recherche résonne spatialement à travers plusieurs installations qui explorent les dialogues entre l’humain, le médium et les réalités sociales. Entre 2017 et 2020, il développe un programme de master en design, enseignant les dynamiques de l’espace social dans des zones critiques de Beyrouth, et cherchant la forme d’intervention comme une entité organique en dialogue avec les différentes couches de la vie de rue. Ces dernières années, son travail s’est orienté vers des interventions in situ, une discussion naturelle avec l’espace social.
Mikael Daoudi
Julien Poidevin
Julien Poidevin est un artiste intermédia et enseignant à Arts² (Mons). Sa pratique explore les relations entre corps, espace et territoire à travers des dispositifs mêlant son, lumière, vidéo et performance. Son travail interroge les modes de perception de l’environnement et la place du spectateur dans l’espace de l’œuvre. Il a été présenté en France et à l’international.
Ahmed Saleh
Ahmed Saleh a fondé El Madina en 2000 à Alexandrie. À la fin des années 1990, les artistes indépendants disposaient de très peu de lieux et de ressources de production. Comme au Caire, l’expression artistique indépendante et les activités culturelles y faisaient face à de nombreuses restrictions. El Madina est né de la nécessité de créer à Alexandrie un espace culturel offrant une plateforme d’expression artistique libre, que ce soit dans les arts visuels, le théâtre, la musique ou la danse.
Mickaël Bursztejn
Michaël Bursztejn, Co-fondateur et directeur artistique de Kiosk Radio depuis 2017. Personnage incontournable de la scène bruxelloise dite underground.
Marie Guérin
Marie Guérin aka Marie de la nuit est auteure-compositrice. Elle explore les archives radiophoniques et les sons du réel, mêlant hantologie, mémoire des ondes et reportage. Elle crée et/ou des documentaires sonores et/ou compose des pièces de musique concrète. Son travail questionne, à la fois, l’immersion sur le terrain et le patrimoine sonore avec ses supports et les traces laissées sur ces supports. Son travail puise dans la grammaire électroacoustique et dans le documentaire gonzo. Elle travaille en live et en studio, pour la scène (Kontakte 2017, HKW - Berlin, reseau de l’Institut Francais en Allemagne, Radio France, Memorial de Verdun), pour la radio (France Inter, France Culture, Nova, Deutschlandradio Kultur, RTBF, RTS, France Musique, Radio Campus) et pour des installations sonores (Un été au Havre/ Les Passagers du son, 100 ans d’art radiophonique/ Radiophonic spaces). En 2025, première sortie vinyle chez Permanent Draft.
Alexandre Plank
Alexandre Plank a étudié la philosophie à l’Université du Bauhaus de Weimar et la dramaturgie à l’École Supérieure du Théâtre National de Strasbourg. De 20210 à 2019, il travaille à Radio France ou il y produit et réalise fictions et documentaires. Il travaille également avec RFI, la RTBF, la RTS ou Deutschlandfunk Radio. Il a reçu pour ses créations le Prix Italia à deux reprises (2016 et 2020), le Grand Prix Radio de la Société des Gens de Lettres (2017) et le Prix Phonurgia Nova – SACD (2018) ou le Prix Jeunesse Longueur d’ondes (2024). En 2019, il co-fonde Making Waves, une structure basée en Seine-Saint-Denis qui associe une ONG, un studio d’insertion et un studio de création sonore. Making Waves opère aujourd’hui dans une vingtaine de pays et collabore avec de nombreuses institutions publiques et culturelles parmi lesquels l’Unesco, la Croix Rouge, le Festival d’Avignon ou l’Institut du Monde Arabe.
Quentin Thirionet
Equipé d’une station radio FM mobile, Quentin Thirionet s’est installé dans différents événements artistiques et territoires en lutte de 2016 à 2022 pour retransmettre et décloisonner leurs voix et leurs paysages sonores. Au fil de ses émissions, il s’est concentré sur le théatre du studio plutôt que l’espace des ondes en mettant en place des systêmes d’auto-gestion pour laisser les gens s’emparer de l’outil radiophonique et ouvrir des espaces de communication en toute autonomie. En parallèle, il organise des ateliers de transmissions techniques et de prise en main du matériel radiophonique pour permettre aux paroles se délier par et pour elles-mêmes, favoriser la communication “hors les murs” et encourager les initiatives FM autonomes. Depuis 2018, il travaille sur un ouvrage à sortir en Octobre prochain avec le collectif SILO qui présente une compilation non-exhaustive d’entretiens avec tout un panel de radios sauvages rencontrées au fil de son parcours, afin de représenter une diversité des potentiels de la FM d’initiative populaire. Il se fera le relai de cette mémoire radiophonique lors de la table ronde du 3 avril.
Jérémy Gobé
Jérémy Gobé, né en 1986 à Cambrai, est un artiste français qui vit et travaille à Paris. Jérémy à étudié aux Beaux arts de Nancy et aux Arts Décoratifs de Paris. Il a été lauréat du prix Planète Art Solidaire décerné par la maison Ruinart et Art of Change et du prix de l’Art sous la mer de la Fondation Jacques Rougerie en 2021 pour son travail mêlant art science et technologie pour la protection des barrières de corail à travers le monde. En 2020 il a été Lauréat du prix Pierre Cardin de l’Académie des Beaux Arts dans la catégorie sculpture et du prix International Théophile Legrand pour l’innovation textile et finaliste des Trophée de l’avenir Europe 1 dans la catégorie environnement. En 2015 il est finaliste du prix Coal Océan en partenariat avec Coal, Tara expéditions et Agnès B. ainsi que du Fid prize, prix international de dessin contemporain. En 2011 il a été lauréat de la Fondation Bulukian à Lyon, du Prix Pierre Gautier-Delay, ENSAD, Cité internationale des arts et prix du Festival Ici et Demain de la ville de Paris. La même année il a été finaliste des Audi Talents Awards et du prix Icart Les artiste de demain.Le travail de Jérémy Gobé se construit autour d’une idée centrale ; comme le disait Auguste Rodin : “un art qui a de la vie ne reproduit pas le passé, il le continue”. Il va à la rencontre des objets sans usage et des ouvrages non façonnés, des ouvriers sans ouvrages et des matières sans ouvriers. Au fil de ses expositions en France (Palais de Tokyo, CENTQUATRE-Paris, Fondation Bullukian, etc.) et à l’international (Bass Muséum Miami, Hangzu China Muséum, Shanghai Yuz Museum, etc.), ses œuvres imposent une reconnexion au vivant ; à partir de savoir-faire anciens qu’il décline, projette, transforme Jérémy Gobé nous propose par l’imaginaire de réfléchir à des solutions susceptibles de répondre à des problématiques contemporaines. En 2017 il crée Corail Artefact, un projet art, science, industrie, éducation pour sauver les barrières de corail.
Charlotte Mariel
Charlotte Mariel est artiste, chercheuse Docteure en Arts (Laboratoire LISAA - Littérature Savoirs & Arts - Université Gustave Eiffel) et Professeure Agrégée en Arts plastiques titulaire à l’Université Paris-Est Créteil où elle enseigne l’esthétique et l’histoire des arts en lien avec les enjeux environnementaux, la communication et les pratiques créatives (cartographie sensible, graphisme, audiovisuel, etc.). Elle est membre des associations Non-conférence et TRAS – Transversale des Réseaux Arts Sciences, et co-organisatrice d’événements et dispositifs « arts & sciences » : 5 soirées thématiques de « Rencontres Arts et Sciences face aux enjeux socio-écologiques » (Non-conférence) ; 2 résidences sur les socio-écosystèmes (RZA – CNRS) ; 2 écoles d’hiver « Arts et sciences face au changement climatique et à la transition écologique » (IPSL, ENS, CNRS) ; 1 école d’hiver « Ressources du sous-sol : Croiser savoirs et sensibilités sur les socio-écosystèmes au service des territoires » (ZATU – RZA – CNRS). Au confluent des théories sur l’art, de la sociologie, et des sciences de l’information et de la communication, ses recherches portent sur les représentations des fluides (air, eau, sang, électricité, pétrole, gaz de schiste, etc.). À travers le prisme d’enjeux transdisciplinaires liés aux socio-écosystèmes, elles interrogent les dispositifs artistiques, les méthodes et pratiques de recherche-création, et les notions de vulgarisation, médiation et sensibilisation.
Collectif Polymer (Jan Berger & Édouard Granero)
À Marseille, où la scène artistique est particulièrement dynamique, créer à partir de déchets ramassés dans la rue ou sur le littoral ne surprend personne. La débrouillardise qui caractérise la ville encourage au contraire artistes locaux et internationaux à relever ce type de défi. Le projet Polymer repose sur un principe simple : collecter des déchets sauvages, les confier à des artistes invités en résidence et les accompagner dans la production d’œuvres grâce à un réseau d’associations partenaires. Une fois réalisées, ces œuvres sont exposées et vendues afin de financer de nouvelles résidences et expositions.
Pour Edouard Granero, cofondateur de Polymer, l’art peut jouer un rôle essentiel dans la lutte contre la pollution. L’objectif n’est pas de moraliser, mais de transformer un sentiment d’impuissance individuelle en dynamique collective. Les expositions réunissent ainsi artistes, associations de terrain et scientifiques, et s’accompagnent de temps d’échange avec le public.
En 2025, Polymer a mené un projet emblématique avec Wings of the Ocean, le DRASSM et le Parc national des Calanques. Un filet fantôme repêché dans l’épave d’un avion allemand de la Seconde Guerre mondiale, au large du Frioul, a été confié à l’artiste Delphine Dénéréaz. Elle en a tiré une œuvre monumentale, Ne faites pas pleurer les sirènes, exposée tout l’été sur le quai d’honneur du Vieux-Port.
À travers ces projets, Edouard Granero cherche à ouvrir des imaginaires : montrer qu’à partir des rebuts peut émerger une autre histoire de la matière — et peut-être un autre avenir.
Polymer a été fondé en 2021 avec Jan Berger.
S’il y a trop de barrages sur la Terre, mais le ciel au-dessus est très ouvert,
Nous sommes si taris par les frontières mais unis dans la voix.
Radio Verte
ALEXANDRIE - BEYROUTH - MONS - PARIS - PALERME - ROME - TETOUAN
Fin 2024, le Centre aka le vaisseau lançait sa biennale Archipel#Chaos-Monde avec un Focus consacré aux territoires outre-marins et panafricains.
Ces Rencontres entendaient, pour reprendre l’expression de Dipesh Chakrabarty «provincialiser » le regard européen et amener à la confluence de paroles qui bousculent les économies de pensées.
La première édition de celles-ci fut axée sur la langue française qui réverbérait l’appel à sa dénationalisation. L’idée qu’une langue – le français dénationalisé selon les termes empruntés à Achille Mbembe - déterritorialisé, métissé, inhomogène et vernacularisé – que la pensée de langue française et non française – puisse fertiliser des liens constituait un des fils rouges de cette édition inaugurale.
En cette seconde édition, ce qui fait lien, qui fait langue sera la Méditerranée – considérée comme élément possiblement unificateur non par réduction en similarités mais par valorisation d’une éthique du multiple, du divers et de l’irréductible.
Dans l’ombre des certitudes, les zones liquides, les zones de flux, la Méditerranée offre l’opportunité d’un récit métaphorique parabolisant des altérités repensées, les traversées, les circulations, les migrations.
Pensées en mode biennal, les Rencontres alternent année de manifestations et année dédiée à l’incubation de projets. En 2025, fut incubé un prototype qui est donc itéré en 2026. Le projet fut celui d’une Têlè-visionS numérique pirate.
En 2026, le projet mutera en une Radio pirate externationale et sera porté par des Allié.e.s émanant du Maroc, d’Égypte, du Liban, de Belgique auxquels se grefferont des partenaires à Rome et Palerme.
L’imaginaire de ce projet - nommé Salé - prend sa source dans des contre-récits, un pan du patrimoine méditerranéen ignoré et dans la symbolique renégate soulignée par son nom même qui fait référence à une société maritime pirate qui s’est forgée en réaction à l’absolutisme de droit divin de monarchies européennes au XVIIe à l’embouchure du fleuve Bouregreg au Maroc.
Ce nom – Salé - est ici emprunté comme un ardent appât pour se saisir de la possibilité d’inventer de l’inédit, de faire primer l’audace frondeuse, de formuler des langues nouvelles, vernacularisées, des langues d’usage à l’instar des langues maritimes.
Les radios Salé transmises non par les ondes mais par le net sont expurgées de centralités ; elles sont sans nations, sans frontières, sans régences et fondées du pouvoir de leurs créateur.trice.s.
Ce projet incarnera un volet cardinal des Rencontres Archipel#Chaos-Monde. Son régime d’incarnation sera virtuel et physique et son anatomie sera résolument « rhizomique & virale », constituée d’un noyau agrégeant des écoles supérieures des Beaux-arts et Centres – auquel se greffent des partenaires satellites où la radio viendra amarrer pendant 2026 : la Villa Médicis et l’Institut français de Palerme.
A la faveur de cette journée inaugurale du projet SALÉ, le Centre Wallonie-Bruxelles/Paris aka Le Vaisseau présente deux moments, deux tables - rondes autour des enjeux inhérents au projet SALÉ :
- 15H00 - 15h30 / Introduction au projet SALÉ
Par Stéphanie Pécourt.
En présence des coordinateurs du projet : Charbel Samuel Aoun (Liban), Mikael Daoudi (Maroc), Julien Poidevin (Belgique) et Ahmed Saleh (Egypte).
- 15H30 - 17h00 / Table ronde n°1 : Radio pirate éthique_hacker*
Impulsée par Stéphanie Pécourt.
Modération : Pierre Vanderstappen.
Avec : Mickaël Bursztejn, Marie Guérin, Alexandre Plank et Quentin Thirionet.
Dès leur émergence, les radios pirates furent des médiums dissidents et par le monde, les radios indépendantes furent et demeurent des instruments tactiques et stratégiques favorisant des luttes et donnant de l’écho à des contre-cultures. Elles furent encore des puissants leviers de sabotage, de sape parfois, de contre-fiction.
Lorsque les corps furent entravés, des voix passèrent, des messages furent émis, diffusés et des communautés virtuellement se rassemblèrent. L’histoire des radios pirates - qui est aussi celle de l’histoire d’apprentissage autodidacte - est consubstantielle des luttes et des résistances;
À l’heure où l’enjeu fondamental de la gouvernementalité algorithmique est posé investir le cyberespace avec une radio médium rhizomatique iconique fondée sur la production de contenus et non sur la seule captation de contenus monétisables constitue un enjeu de réappropriation non négligeable.
Ouvrir les boîtes noires tel serait l’un des enjeux du projet Salé - projet de réappropriation d’un moyen de transmission de communication - se réapproprier - désaliéner – décoder – démystifier - déséquencer pour mieux appréhender et interagir.
- 17H30 - 19h00 / Table ronde n°2 : Mode Reset
Impulsée et modérée par Armelle Dakouo.
Avec Jérémy Gobé, Charlotte Mariel et le collectif Polymer (Jan Berger & Édouard Granero)
Dans une volonté d’engager des conversations autour des imaginaires qu’évoquent la Méditerranée, il s’agira ici de s’interroger sur les enjeux environnementaux, écologiques et écosytémiques qu’elle suscite. Selon la philosophie d’une éthique hacker*, Mode reset entend donner la parole à celles et ceux qui par des approches alternatives passionnantes activent des initiatives, des projets, des recherches autour de l’écologie marine et de sa biodiversité en Méditerranée. Chacun.e, à sa mesure, peut prêter sa voix et son action au piratage de la nocivité de notre société de consommation. Artiste, scientifique, chercheur et entrepreneur seront autour de cette table ronde afin de débrancher les canaux classiques de réflexions et de réinitialiser son esprit avec de nouvelles idées et des modes de pensée.
ENGLISH VERSION BELOW
“If there are too many dams on Earth, but the sky above is very open,
We are so dried out by borders but united in voice.”
Radio Verte
ALEXANDRIA – BEIRUT – MONS – PARIS – PALERMO – ROME – TETOUAN
At the end of 2024, the Centre, aka the “Vessel,” launched its biennial Archipel#Chaos-Monde with a Focus dedicated to overseas and Pan-African territories.
These Encounters sought, in the words of Dipesh Chakrabarty, to “provincialize” the European gaze and bring together a confluence of voices that challenge established ways of thinking.
The first edition focused on the French language, resonating with a call for its denationalization. The idea was that a language—the French language denationalized, in terms borrowed from Achille Mbembe—deterritorialized, hybridized, heterogeneous, and vernacularized, and the thought of both French and non-French languages, could fertilize new connections. This was one of the guiding threads of the inaugural edition.
In this second edition, what will create connection and language will be the Mediterranean—considered a potentially unifying element, not by reducing it to similarities, but by valuing an ethics of multiplicity, diversity, and irreducibility. In the shadows of certainties, in liquid zones and zones of flux, the Mediterranean offers the opportunity for a metaphorical narrative that parabolizes rethought alterities, crossings, circulations, and migrations.
Conceived in a biennial mode, the Encounters alternate between a year of events and a year dedicated to project incubation. In 2025, a prototype was incubated, which will be iterated in 2026: a digital pirate Tele-visions. In 2026, the project will evolve into an Externationale pirate radio, carried by Allies from Morocco, Egypt, Lebanon, and Belgium, with additional partners joining in Rome and Palermo.
The imagination of this project—called SALÉ—draws from counter-narratives, a neglected part of Mediterranean heritage, and the renegade symbolism highlighted by its very name, which refers to a maritime pirate society forged in reaction to the divine-right absolutism of European monarchies in the 17th century at the mouth of the Bouregreg River in Morocco.
This name—SALÉ—is borrowed here as a bold lure, seizing the possibility of inventing the unprecedented, prioritizing rebellious audacity, and formulating new, vernacularized, practical languages, like maritime languages. The SALÉ radios, transmitted not over the airwaves but via the internet, are freed from centralities; they have no nations, no borders, no regencies, and are founded on the power of their creators.
This project will constitute a central component of the Archipel#Chaos-Monde Encounters. Its mode of embodiment will be both virtual and physical, and its structure will be resolutely “rhizomic & viral,” consisting of a core aggregating higher art schools and centers, with satellite partners where the radio will dock during 2026: the Villa Medici and the French Institute of Palermo.
On the occasion of this inaugural day of the SALÉ project, the Centre Wallonie-Bruxelles/Paris, aka The Vessel, presents two sessions, two roundtables on the issues inherent to the SALÉ project:
15:00 – 15:30 / Introduction to the SALÉ project
By Stéphanie Pécourt
In the presence of the project coordinators: Charbel Samuel Aoun (Lebanon), Mikael Daoudi (Morocco), Julien Poidevin (Belgium), and Ahmed Saleh (Egypt).
15:30 – 17:00 / Roundtable 1: Ethical_Hacker Pirate Radio
Initiated by Stéphanie Pécourt
Moderation: Pierre Vanderstappen
With: Mickaël Bursztejn, Marie Guérin, Alexandre Plank, and Quentin Thirionet
From their emergence, pirate radios have been dissident media, and worldwide, independent radios have been and remain tactical and strategic instruments supporting struggles and giving voice to countercultures. They have also served as powerful levers for sabotage, subversion, and counter-fiction.
When bodies were constrained, voices passed through, messages were broadcast, and communities gathered virtually. The history of pirate radios—which is also the history of self-taught learning—is inseparable from struggles and resistance.
At a time when the fundamental challenge of algorithmic governance is posed, investing cyberspace with a radio—a rhizomatic iconic medium—based on content creation rather than merely capturing monetizable content represents a significant act of reclaiming.
Opening black boxes is one of the challenges of the SALÉ project: to reclaim, de-alienate, decode, demystify, and re-sequence a means of communication in order to better understand and interact.
17:30 – 19:00 / Roundtable 2: Mode Reset
Initiated and moderated by Armelle Dakouo
With: Jérémy Gobé, Charlotte Mariel, and the Polymer collective (Jan Berger & Édouard Granero)
With the aim of sparking conversations around the imaginaries evoked by the Mediterranean, this session focuses on the environmental, ecological, and ecosystemic challenges it raises. Following the philosophy of a hacker ethic, Mode Reset seeks to give a voice to those who, through alternative approaches, activate initiatives, projects, and research around marine ecology and biodiversity in the Mediterranean. Each participant, in their own way, can lend their voice and action to “hacking” the harmfulness of our consumer society. Artists, scientists, researchers, and entrepreneurs will gather around this roundtable to unplug conventional channels of thought and reset their mindset with new ideas and modes of thinking.