Le 30 mars 2022 à 11h00

Moly-Sabata 1, rue Moly-Sabata 38550 Sablons

« Agathe Dupérou (1992) joue joyeusement avec les codes du médium céramique, le matériau de l’origine du modelage faisant exploser la forme par la réinvention de la fonction : l’inventivité plastique s’accompagne au glissement sémantique et on y devine une présence perturbatrice mais quelque peu rassurante. Corporéité énigmatique où les assignations de sens sont détournées : les écrans et les miroirs ne reflètent plus l’image du monde ou la nôtre, ils sont appelés à être autre, quelque chose d’organique, voué à charger et changer notre regard, car cet objet-chose qu’aucune fonction n’épuise se réclame porteur d’un paysage intérieur vivant qui demeure insaisissable ». Rosanna Gangemi

Agathe Dupérou (France, 1992), artiste céramiste, vit et travaille à Bruxelles.
Diplômée en 2020 d’un master en céramique à l’École Nationale des Arts Visuels de La Cambre à Bruxelles, elle expose au Centre au sein de l’exposition collective LaboDemo#2 en juillet 2020.
À Bruxelles, elle expose dans le cadre du group show Perseverance#2 en octobre 2020, puis chez Melissa Ansel, en février 2021 pour l’exposition collective Living things. Certaines de ses pièces furent visibles en juin 2021 à la maison des Arts de Schaerbeek, lors de l’exposition collective Le saut du Quartz de fin d’études de l’atelier de céramique de La Cambre. Son travail fut sélectionné et exposé lors du Prix Médiatine en juin 2021 au centre culturel Wolubilis de Woluwe-Saint-Lambert.

Fondée en 1927 par le couple d’artistes Albert Gleizes et Juliette Roche, Moly-Sabata est la plus ancienne résidence d’artistes en activité en France. Sa mission d’hospitalité s’établit dans une demeure du XVIIIe siècle située à Sablons au sud de Lyon, sur les rives du Rhône. En 1984, la Fondation Albert Gleizes voit le jour et pérennise Moly-Sabata en tant que lieu de production pour les arts visuels. À partir de 1992, elle mène une réhabilitation complète du domaine avec l’appui des collectivités, annexant à la grande maison quatre ateliers. Des sessions d’été se succèdent durant quinze ans. En 2010, la Fondation initie un programme permanent d’accueil d’artistes. La Fondation Albert Gleizes trouve son origine dans les volontés testamentaires de Juliette Roche-Gleizes (1884-1982), veuve du peintre Albert Gleizes (1881- 1953). À la mort de cette dernière, la Fondation Nationale des Arts Graphiques et Plastiques a été désignée comme sa légataire universelle, à charge pour elle de créer la Fondation Albert Gleizes. Celle-ci a été reconnue d’utilité publique par décret ministériel le 23 mars 1984.

Titulaire des droits moraux et patrimoniaux afférents à l’œuvre d’Albert Gleizes, la Fondation se reconnaît deux buts essentiels : assurer par tous les moyens la connaissance et le rayonnement de l’œuvre d’Albert Gleizes et aider les artistes d’aujourd’hui en les accueillant dans les ateliers de Moly-Sabata, lors de séjours collectifs ou individuels. Le domaine de Moly-Sabata fait partie des biens inaliénables de la Fondation Albert Gleizes, qui possède une grande partie du fonds d’atelier d’Albert Gleizes, de Juliette Roche et de la céramiste Anne Dangar, principale disciple du peintre cubiste. Depuis 1927, Moly-Sabata fonctionne sur invitation. Les artistes sont invité·e·s soit par des lieux d’art de la région Auvergne-Rhône-Alpes qui diffusent leur travail de résidence, soit directement par Moly-Sabata dans le cadre de ses propres projets d’expositions ou d’éducation. Trois prix permettent également de rejoindre le programme, en partenariat avec le Salon de Montrouge, le Département de l’Isère et le salon Art-O-Rama.
La durée du séjour varie selon le projet, jusqu’à deux mois maximum. Les artistes bénéficient d’ateliers-logements individuels de 50 à 110 m2 entièrement équipés, d’une bourse de production et d’une restitution de leur travail, sur place ou hors-les-murs. Ils et elles sont aujourd’hui une trentaine à résider chaque année à Moly-Sabata. L’équipe se compose de Pierre David (Direction et mécénat), Virginie Retornaz (Administration et médiation), Joël Riff (Communication et expositions) et David Garboud (Régie technique et artistique).

Le CWB | Paris poursuit son partenariat avec la résidence Moly-Sabata dans le cadre de son pro-gramme de Saison Liquide_Éthique Barbare.

Moly-Sabata est une résidence d’artistes mettant à disposition ses ateliers et ses ressources toute l’année. En accueillant une trentaine de projets par an, elle se distingue par son programme d’invitations, son action au cœur d’un réseau de partenaires et ses initiatives en faveur de la production d’œuvres en lien avec les savoir-faire du territoire. Son rayonnement public est alimenté par une exposition annuelle, tout en perpétuant une tradition de transmission ancrée depuis 1927 dans ce lieu d’hospitalité, propriété de la Fondation Albert Gleizes. Cela en fait la plus ancienne résidence d’artistes en France. Un tiers environ des artistes reçu·e·s à Moly-Sabata viennent de l’étranger. Iels sont plusieurs à être basé·e·s à Bruxelles et sa région, dont récemment Nicolas Bourthoumieux, Hugo Scibetta, Ève Chabanon, mou-taincutters, Jean- Baptiste Bernadet, Aela Royer, Éléonore Saintagnan, Maxime Fragnon, Carlotta Bailly-Borg et Kris Campo.

À la faveur d’un partenariat entre le CWB | Paris et Moly-Sabata, Agathe Dupérou a été invitée à réaliser une résidence, s’inscrivant dans la continuité de sa démarche explorant le medium céramique.

Certte sortie de résidence sera l’occasion de rencontrer l’intéressée, autour de ses matériaux de travail et les équipes respectivement du Centre Wallonie-Bruxelles | Paris et de Moly-Sabata | Fondation Albert Gleizes.

Lors de la résidence à Moly-Sabata, mon travail se développera autour de notions que j’explore déjà depuis deux ans, essentiellement par la céramique.Ce qui m’intéresse c’est la complexité de la céramique, qui est souvent difficilement définissable tant son spectre est large, ce medium peut porter toutes les informations liées à son identité archaïque, à la fois devenir un artefact, et/ou une idée qui se matérialise par un objet souvent lié à un univers contex-tuel domestique ou familier. Agathe Dupérou

Agathe Duperou, SCREEN (BLUE IRIS), 2020  45 x 28,5 x 9,6 cm  Grès, émail 1250° cuisson réduction, vis, caoutchouc  © Laetizia Debain

Agathe Duperou, SCREEN (BLUE IRIS), 2020 45 x 28,5 x 9,6 cm Grès, émail 1250° cuisson réduction, vis, caoutchouc © Laetizia Debain

Agathe Duperou, FLOWING EYES, 2020  27 x 17,2 x 7cm  Porcelaine, émail 1250°, vis, caoutchouc  © Margaux Nieto

Agathe Duperou, FLOWING EYES, 2020 27 x 17,2 x 7cm Porcelaine, émail 1250°, vis, caoutchouc © Margaux Nieto

Légendes des visuels : Agathe Duperou, GLOIOS, 2019 40 x 26 cm Métal soudé, savon d’huile de friture recyclée, vis  © Jean Christophe Lett

Légendes des visuels : Agathe Duperou, GLOIOS, 2019 40 x 26 cm Métal soudé, savon d’huile de friture recyclée, vis © Jean Christophe Lett

Agathe Duperou, SCREEN (BLUE IRIS), 2020  45 x 28,5 x 9,6 cm  Grès, émail 1250° cuisson réduction, vis, caoutchouc  © Laetizia Debain

Agathe Duperou, SCREEN (BLUE IRIS), 2020 45 x 28,5 x 9,6 cm Grès, émail 1250° cuisson réduction, vis, caoutchouc © Laetizia Debain

Agathe Duperou, FLOWING EYES, 2020  27 x 17,2 x 7cm  Porcelaine, émail 1250°, vis, caoutchouc  © Margaux Nieto

Agathe Duperou, FLOWING EYES, 2020 27 x 17,2 x 7cm Porcelaine, émail 1250°, vis, caoutchouc © Margaux Nieto

Légendes des visuels : Agathe Duperou, GLOIOS, 2019 40 x 26 cm Métal soudé, savon d’huile de friture recyclée, vis  © Jean Christophe Lett

Légendes des visuels : Agathe Duperou, GLOIOS, 2019 40 x 26 cm Métal soudé, savon d’huile de friture recyclée, vis © Jean Christophe Lett

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