Le 12 février 2022 à 15h30

Entrée libre

Salle de cinéma

46 rue Quincampoix 75004 Paris

La pratique artistique de Jenny Abouav privilégie la performance et l’installation. Elle questionne les aspects poétiques et politiques de résistance présents dans la lenteur, le vide, le silence et le tremblement. Elle déploie des ambiances qu’elle active en faisant dialoguer le corps, le son, la lumière et la sculpture. Les notions d’haptique, de proprioception et de synesthésie s’entremêlent et se répondent. Ses champs de recherche et d’expérimentation interrogent les dimensions philosophiques de la peau et de l’écoute pour rendre visible la résonance poreuse entre le corps, l’acoustique et l’ambiance d’un espace. Elle estompe et brouille la frontière entre l’organique, la mécanique et le numérique pour mettre en avant la puissance et l’intelligence sensible et perceptive du corps humain. Jenny Abouav explore l’image photographique et vidéo pour questionner l’immobilité de l’image et ses possibles.

Après une formation universitaire à Bordeaux en Études Cinématographiques et Audiovisuelles, JENNY ABOUAV part vivre 5 ans à Montréal pour étudier à l’Université du Québec en Arts Visuels et Médiatiques puis en Médias interactifs et Création sonore. Elle s’installe à Marseille en 2016 et obtient son DNSEP à l’École Supérieure d’art d’Aix-en-Provence en 2018. Elle a pu présenter son travail en France et à l’étranger, notamment au Festival Performance Crossing à Prague, au Festival Parallèle à Marseille, au Grenier à sel à Avignon, au festival ATM: OMNI à Séoul…. Elle est actuellement en résidence à Hangar.org en collaboration avec la Casa de Velázquez & L’Institut Français de Barcelone.

www.jennyabouav.com

Hélène Barrier est plasticienne, autodidacte. Après une formation en design textile, elle construit des œuvres polymorphes, en résonance avec son environnement. Fortement inspirée par les architectures animales et les paysages, elle travaille sur des formes comme des modules qui se créent et s’installent in situ, se répètent, s’agrandissent ou changent d’échelle, pour envisager autant de perspectives possibles. Elle est également danseuse butoh. Elle développe depuis quelques années des ateliers Butoh et drag king, véritables moments de partages et d’em-powerment, avec la complicité du festival Jerk off et du Point éphémère.
www.iconoklastes.com

Trois juges entrent d’un même pas. Les juges sont collés les uns aux autres, tournent en cercles, délibèrent. Ne sachant toujours pas que décider. Et d’une seule voix ils prononcent…
Bien avant que cela ne soit devenu une mode, Stephan Goldrajch s’est choisi un mode d’expression singulier, celui de la performance textile dont les interactions sociales sont essentielles. Artiste, brodeur, conteur, Stephan Goldrajch s’inspire des pratiques populaires et ancestrales du monde entier. Il utilise les techniques du crochet, du tissage, de la broderie, de la couture comme métaphores des liens qu’il cherche à créer. Ses créations – masques, costumes, installations, dessins, légendes – donnent lieu à des performances, des rencontres et des expositions.

Cet obscur puits de sciences
Nariné Karslyan est historienne de religion spécialisée dans la littérature apocryphe du christianisme oriental. Depuis 2008 elle participe à divers projets artistiques. Elle est cofondatrice du collectif féministe « Les Platonnes » dont le projet est de réécrire chaque discours du Banquet de Platon et en faire une performance. Elle est l’autrice du deuxième discours, celui sur les deux Aphrodites, transposé dans le combat interféministe des années 80 entre les féministes prosexes et antipornographes. Depuis 2017, elle écrit de la fiction qui se déploie pour l’heure sur deux pôles, écriture et réécriture des contes et un récit qui se rapproche d’une autobiographie poétique ou la poésie confessionnelle, lié au mythe d’Hécube. Elle a déjà été publiée dans des revues telles que Pheonix. Une publication est prévue dans remue.net. Elle collabore activement avec deux artistes plasticiennes multimédia, Mélanie Pottier et Véronique Hubert.

Xeno- est à la fois une plateforme artistique itinérante et un laboratoire de recherche pratique sur les questions féministes intersectionnelles initié par Ichraf Nasri en 2020. Elle est née du constat de la sous-représentation des artistes femmes, racisées, queers dans les programmations d’expositions. Une absence qui met en lumière la réalité des rapports de dominations genrés et raciaux. De ce fait, Xeno soutient, promeut et visibilise ces artistes émergentes nationales et internationales. Les principales modalités d’action sont la production d’événements culturels et artistiques : expositions, conférences, workshops et podcasts. Xeno- est un collectif d’artistes qui font preuve d’engagement dans leurs démarches de création, remettent en question les aspects normatifs de la société, repoussent leurs limites en amorçant le dialogue et la réflexion. Par la création et la culture, la plateforme stimule une réflexion novatrice et ouverte, un espace de réflexion critique basé sur la différence et l’échange. Nous souhaitons favoriser le partage des pratiques et créer un paysage culturel diversifié à l’image de notre société contemporaine. Notre engagement porte sur l’art comme outil politique et social d’une lutte intersectionnelle à partir de nombreuses questions : comment nourrir un nouveau paradigme artistique contemporain fondé sur des concepts de collectivité? Comment nous situer dans une société en tant qu’artiste femme, racisée, LBTQIAAP+ ?

You wouldn’t download a gender

Installation, Vidéo, performance, 15 minutes
Marion Lissarrague est artiste digitale, graphiste, vidéaste et performeur basée à Bruxelles. Son travail explore les dérives essentialistes et eugénistes qui prennent part à la construction d’une société numérique enlisée dans une tendance à la dichotomie. Ses oeuvres invitent à appréhender les technologies hors de leurs classifications, hors d’entités binaires fixes.
Programmation Python autour du biais genré des données, et des outils numériques utilisés dans la vie quotidienne à travers l’exemple de l’intelligence artificielle. Les technologies prennent une place considérable dans l’organisation sociétale et individuelle. Comment, pour qui ces outils sont-ils créés, et selon quel modèle ? L’artiste interroge ici la reminiscence de comportements presque eugénistes avec le développement de l’intelligence artificielle, et en particulier les algorithmes et le deep learning. Cette installation se compose de deux vidéos, une projection d’une IA de reconnaissance faciale. La première est un dialogue avec Cortana, une assistante vocale. Ce dialogue autour de questions de genre appuie la thèse suivante : les intelligences artificielles qui constituent les assistantes vocales ( “ smart wives ” ) sont construites dans la continuité du stéréotype de la femme au foyer. La seconde vidéo se tourne vers la façon essentialiste dont l’intelligence artificielle est conçue, et les biais binaires dans la reconnaissance faciale. Iel croise alors l’art du drag, et l’art de se dissimuler numériquement par un maquillage qui lui rend imperceptible par toute reconnaissance biométrique. La continuité de cette vidéo est une programmation Python, du deep learning créé pour de la reconnaissance de genre : Iel essaie alors de tromper, de chercher les limites de cet algorithme, qui finira dans l’installation à cerner tous les visages comme au-delà du genre. (NONGENDERED) Cette programmation se matérialiste en projection sur écran. Cette intelligence artificelle est diffusée dans l’espace par des enceintes, et la performance qui lie tous ces éléments est un dialogue, un non-dialogue avec le programme, à travers un micro.

Les anges de rebut

Balade virtuelle – Projection, 12 minutes
Mélina Ghorafi est une artiste et écrivaine interdisciplinaire basée à Bruxelles. Diplômée de la Villa Arson depuis 2019, son travail se concentre principalement sur des questionnements autour des esthétiques de la violence et de ses langages, et plus particulièrement de sa relation aux femmes et aux sexualités. À travers des recherches, des textes, des chansons et des performances, elle s’invente un langage puisant ses sources dans des croisements entre les sensibilités queer et les esthétiques traditionnelles de la misogynie : elle en fit son projet principal, MUSOGYNIE, un musée féministe et fétichiste de la misogynie, de ses imaginaires et muses.
La locution Les anges de rebut provient de la citation suivante d’Alexandre Dumas Fils : « La femme est un être circonscrit, passif, instrumentaire, disponible, en expectative perpétuelle. C’est la seule oeuvre inachevée que Dieu ait permis à l’homme de reprendre et de finir. C’est un ange de rebut. » Ce projet est une balade virtuelle autour des statues de femmes dans l’espace public. Ce ne sont pas les rares statues de femmes illustres qui m’intéressent ici, mais les anges de rebut que l’homme minuscule s’est permis de reprendre et finir selon ce qui l’a arrangé. Ce sont les innombrables archétypes, allégories, stéréotypes, et autres figures génériques qui peuplent les jardins publics, les institutions, bâtiments et lieux de pouvoir qui parsèment cette balade. Ce sont des idées de femmes, dépourvues d’individualité car réceptacles de symboles et d’idées, en ce sens idéales et abstraites. Cette promenade se présente comme une sorte de jeu où le visiteur est autonome. Il traverse des cartes et des lieux pour naviguer parmi la ville via les statues féminines. Le parti pris est résolument critique et lesbien : la fascination pour ces statues n’est pas niée et est rendue manifeste par le choix des angles de vues souvent intimistes des images et la dimension personnelle qu’implique le fait de n’utiliser que des photos que j’aurais moi-même prises. Cette balade a pour but de s’élargir dans tous les lieux où je pourrai me rendre et prendre des photos des statues ; j’ai pour l’instant exploré Marseille, Nice et Bruxelles. Cette balade a été présentée pour la première fois à l’exposition Péridion organisée par le collectif La Satellite à Atoma en septembre 2021 à Bruxelles, puis à Marseille lors d’un évènement en octobre 2021 à Sissi Club, et au festival OVNi d’image en mouvement à Nice en décembre 2021. Le projet se décline également en projection d’une dizaine de minutes, pendant laquelle les spectateurs suivent la balade que l’artiste leur propose au son d’un mimesis de chants de sirènes.

Ninar Esber, née en 1971 à Beyrouth, elle vit et travaille à Paris. Artiste et écrivaine, elle est diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure d’Arts de Paris – Cergy. Elle utilise son corps comme matériau dans une pratique tournée vers la performance, la vidéo, la photo et le dessin, jouant des notions de répétitions, de simultanéité, parfois d’immobilité et de résistance. Ces performances obéissent à une recherche constante de la place du corps, face à l’autre, à l’adversité, mais également face au temps qui passe, car ces performances peuvent durer plusieurs heures. Compter, contrôler, étirer et matérialiser le temps, une multiplication de soi par le geste, pour remplir le vide et reconstruire l’espace et les corps. Ces corps dispersés prisonniers de plusieurs géographies. Une grande partie de son travail comprend également une recherche sur l’espace entre les personnes, l’exil intérieur ou extérieur.

Jupiter, te crois-tu autorisé à pénétrer celle qui ne te veut pas ?
Sophie Audoubert : « Agrégée de lettres classiques, j’enseigne au lycée à Paris. Une longue expérience préalable en Seine-Saint-Denis m’a amenée à écrire sur cette aventure, en hommage à mes élèves autant qu’à mon métier, un essai autobiographique intitulé Don Quichotte en banlieue et édité chez Philippe Rey. J’essaie, quand l’occasion se présente, de poursuivre cette réflexion sur l’éducation en écrivant pour Slate.fr ou pour Le Monde. Le reste de mon temps d’écriture est consacré à la fiction. J’ai ainsi collaboré à plusieurs reprises à la revue La Règle du Jeu, dans sa version papier et sa version numérique. J’ai aussi coécrit, avec la réalisatrice Florence Colombani, le film L’Étrangère. Outre des textes de recherche sur les « expériences virtuelles » offertes par d’autres, j’ai terminé un premier roman, Dimitri ou la science des ombres, qu’on peut lire en version numérique ici https://experiencevirtuelle.com/. Je poursuis la rédaction d’un second, Νεκυία, publié en série ». Sophie Audoubert
Véronique Hubert : « Plasticienne, vj-dj, organisatrice et co-organisatrice d’évènements artistiques et de collectifs (Les Inapproprié·e·s, le festival Jerk Off, le noyau, B&b unlimited, lepluslégerdpi. free.fr). Elle met en scène des personnages fictifs depuis 1996, comme la fée « UTOPIA » que l’on retrouve dans des performances, des dessins, des photographies, des éditions, des installations ou des vidéos. « L’idiotie » du monde et des êtres (Clément Rosset) sont le motif d’études et le vivier inépuisable de ses recherches artistiques. Elle organise depuis les années 90 des évènements d’actions artistiques dans divers lieux muséaux, festivaliers et nocturnes. Y ont participé un nombre conséquent d’artistes, d’écrivainEs, d’auteurEs depuis 1996. Ces évènements nommés « LECTURES ? », « PREtext ! », « CORRESPONDANCES## » ou plus récemment « LES INAPPROPRIÉ.E.S » (nouveau tandem avec Frank Lamy) mêlent sans hiérarchie dictée les actions et créations dans un esprit festif. (La Galerie des Archives, le MNAM, le Pulp, le New Morning, le Nouveau Casino, le Batofar, la Mutinerie, le Point Éphémère, la Station, la friche Antre-Peaux…) » Lola Serre, 2020

Marion Devaud, aka Dj under arrest, productrice, dj et artiste, est née en Allemagne et a vécu et travaillé entre la France et l’Angleterre, en tant qu’assistante styliste et chef de plateau photo pour plusieurs marques de prêt à porter ; happée par l’énergie belge et sa richesse musicale, elle s’installe ensuite à Bruxelles, où elle décide de reprendre ses études à l’ERG. Elle y étudie le cinéma d’animation, la photographie, l’art numérique et la peinture.
Ses inspirations sont très éclectiques, mais principalement tournées vers la texture, qu’elle soit matière physique, virtuelle ou sonore.
En tant que DJ elle a joué récemment au festival Horst, à la Brasserie Atlas, au Café Central ; ses influences sont larges et touchent principale-ment la techy drum & UK bass et aussi le Dancehall, le Kuduro, le Dembow, la cumbia, la Trance et le space electro. Ce sont ses hallucinations auditives qui lui apparaissent dans la rue, par les fenêtres des voitures dont s’évadent une multitude de beats provenant des quatre coins du globe, qu’elle tente de restituer dans ses mixes

Évènements liés
04.12.21 — 13.02.22
Biennale NOVA_XX

15h30 en Galerie : Jenny Abouav, Enveloppe — sculpture vivante

Cette performance questionne l’hybridation d’un corps présent et invisible qui se métamorphose. Son épiderme est traversépar les détails de l’environnement et plonge le spectateur dans des changements d’échelles et de perceptions, en le faisant douter si le mouvement lent et continu de cette sculpture est produit par un mécanisme, un programme ou un corps humain. La matière miroir de cette sculpture se substitut àla peau de la performeuse, en projetant et absorbant les variations lumineuses pour créer un dialogue, une rencontre, un instant avec l’architecture, le paysage et le public qui l’entoure.


15h30 en Galerie : Performances déambulatoires d’Hélène Barrier et de Stephan Goldrajch « Les Juges »


16h00 en Théâtre : Rencontre CORRESPONDANCES #5 RELIÉ·E·S avec Nariné Karslyan, Xeno- / Ichraf Nasri, Mélina Ghorafi, Marion Lissarrague, Ninar Esber et Sophie Audoubert & Véronique Hubert.


De 18h30 à minuit en live au CWB : Carte blanche signée par Under Arrest

Live

DJ Under Arrest
Laura Conant
Terrine
Daisy Darkpark
Deeat Palace
Summer Satana
Daria Galabriel & Anouk Lalanne

Performance ou installation

Nina Berclaz & Lisa Boostani

Vidéo

Vica Pacheco

CORRESPONDANCES #5 RELIÉ·E·S

CORRESPONDANCES #5 RELIÉ·E·S

Hélène Barrier, Minotaure, @Damien CORDIER

Hélène Barrier, Minotaure, @Damien CORDIER

CORRESPONDANCES #5 RELIÉ·E·S

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Hélène Barrier, Minotaure, @Damien CORDIER

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Voir aussi