RÉ-AMARRAGE – XENO-EXPOSITION / Retour de résidences
Adrien Degioanni - Céline Cuvelier - Cléo Totti - Harold Lechien - Nadia Guerroui - Orso Caël -Priscilla Beccari – Simon Mahungu
Galerie
127-129 rue Saint-Martin
75004 Paris
Galerie :
Adrien Degioanni - Céline Cuvelier - Cléo Totti - Harold Lechien - Nadia Guerroui - Orso Caël -Priscilla Beccari – Simon Mahungu
En concomitance avec l’occupation en Black box : compliance_contentio, installation de Manoah Camporini
VERNISSAGE : 18h30_22h
Performance lors du vernissage à 20h : Une chose parfaite explose d’Orso Caël
Durée : 25’
La Somme des Silences
2026
Dispositif sonore suspendu, échantillons amplifiés de silences, haut-parleur, écritures désubjectivées par itérations algorithmiques, sérigraphies sur textile rétro-réfléchissant, black box.
Dans une pièce plongée dans l’obscurité, résonne un extrait du silence du lieu lui-même. La source provient de la masse de tissu rétro-réfléchissant portant un texte issu d’un processus de réécriture entre écriture humaine et intelligence artificielle.
Décomposées, altérées, réorganisées puis réécrites à de multiples reprises, les pensées d’origine se sont progressivement transformées en un palimpseste de voix anonymes.
En éclairant le dispositif, les visiteur·euse·s révèlent localement des fragments de texte. Les phrases apparaissent puis disparaissent au gré des déplacements, rendant impossible toute lecture totale ou simultanée de l’oeuvre. Entre obscurité, lumière, apparition et effacement, l’installation propose une expérience sensible du silence comme matière de mémoires et projections.
67P
2026
Sculpture sonore. Échantillons audio accélérés et ralentis du champ électromagnétique de la comète, impressions 3D, argile, peinture ultra-noir, haut-parleur.
Cette sculpture reproduit à échelle réduite la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko. Cette dernière a été visitée pour la toute première fois lors de la mission spatiale Rosetta. Le son qu’elle diffuse est issu des oscillations de son champ magnétique qui en ont été captées durant.
En les ralentissant, ces vibrations révèlent par instants une pulsation troublante, évoquant un battement de coeur. Vestige des premiers temps du Système solaire, la comète est considérée comme l’un des témoins les plus anciens de la matière dont sont issues les planètes et, peut-être, les éléments aux fondements de la vie.
Entre données scientifiques et projection humaine, cet objet interroge notre désir de reconnaître du vivant dans ce qui nous précède, et de retrouver dans le cosmos quelque chose de notre propre origine.
Objet d’Étude n°
2026
Sculptures variées comme supports d’intuitions dispersées durant une résidence d’artiste à la Fondation Fiminco.
Série en cours.
Le titre de ces sujets évoque que quelque chose va être observé, mais n’a pas encore reçu sa place ni son identité.
Ces objets ont pris forme dans l’immédiateté et sont livrés au public par cette même frontalité sans plus de justification.
Certains constituent des étapes dans un processus de production d’oeuvres plus abouties ; d’autres marquent des arrêts, des bifurcations ou des impasses au sein d’idées finalement abandonnées.
Né en 1991 à Toulouse, Adrien Degioanni développe une pratique à la croisée de l’installation sonore et visuelle, de la création musicale et de la modélisation 3D. Il s’intéresse aux propriétés acoustiques des lieux, aux phénomènes sensibles et aux relations entre son, espace, lumière et perception.
Son travail est régulièrement présenté en France et en Belgique. En France, plusieurs expositions personnelles marquent son parcours, parmi lesquelles Les Traces du Réel au CAPV de Lille en 2021, Le Vent Provient des Arbres au FRAC Grand Large à Dunkerque en 2022, ainsi que Hypnagonaute – Terra Nullius au Théâtre Garonne à Toulouse la même année. Il participe également à des expositions collectives telles que Bachelard Contemporain à La Fab – Fondation Agnès B. en 2023 et Avec l’Espace vol.3 avec l’Observatoire de l’Espace du CNES en 2024, ou encore (((INTERFÉRENCE_S))) festival sonore avec le Centre Wallonie-Bruxelles à Paris.
En Belgique, où il cofonde en 2018 le collectif d’expositions Grande Surface, sa pratique s’inscrit dans plusieurs contextes importants : il y expose au Botanique, au Musée des Instruments de Musique de Bruxelles pour le festival Ars Musica, au Centre d’Art Contemporain Luxembourg-Belge (CACLB) ou encore à la Fondation CAB dans le cadre d’ArtContest en 2023, il y est accueilli en résidence en 2025.
Son parcours est également marqué par l’obtention, en équipe, du premier prix du concours international Place au Son de la Semaine du Son de l’UNESCO en 2022. En 2026, il poursuit ses recherches à la Fondation Fiminco autour du silence et des sons architecturaux spatiaux, débutées quelques années plus tôt avec l’Observatoire de l’Espace du CNES à Paris.
Parallèlement à sa pratique plastique, Adrien Degioanni compose sous le nom de Tecte et développe des collaborations en design et modélisation 3D, prolongeant ainsi ses recherches sur les espaces réels et virtuels.
LES AQUARELLES - Série : Elle disait pourtant toujours bonjour
2025
Aquarelle et crayon sur papier, 45 x 36 cm
C’était une femme discrète, sans problème
Aquarelle et crayon sur papier, 45 x 36 cm
On a été étonnés car elle avait de beaux enfants
Aquarelle et crayon sur papier, 45 x 36 cm
Ces derniers temps, je la trouvais un peu fatiguée
Aquarelle et crayon sur papier, 45 x 36 cm
On avait fait quelques fêtes de voisins avec eux, il y avait une bonne entente
Aquarelle et crayon sur papier, 45 x 36 cm
C’était toujours un plaisir de discuter avec elle, elle était souriante, polie
Aquarelle et crayon sur papier, 45 x 36 cm
Elle disait pourtant toujours bonjour
Aquarelle et crayon sur papier, 45 x 36 cm
Elle avait toujours l’air un peu préoccupée, abattue, mais à ça, on aurait jamais pensé
Aquarelle et crayon sur papier, 45 x 36 cm
C’était quelqu’un de réservé mais toujours gentille
Aquarelle et crayon sur papier, 45 x 36 cm
Jamais on aurait pu penser qu’un truc comme ça arriverait
Aquarelle et crayon sur papier, 45 x 36 cm
Elle était douce avec ses enfants
Aquarelle et crayon sur papier, 45 x 36 cm
Ses gamins, elle semblait bien s’en occuper
Aquarelle et crayon sur papier, 45 x 36 cm
On ne s’attendait pas à ça de sa part
Aquarelle et crayon sur papier, 45 x 36 cm
C’était une mère parfaite
Aquarelle et crayon sur papier, 45 x 36 cm
Une femme normale, sans soucis avec personne,
Aquarelle et crayon sur papier, 45 x 36 cm
C’était une travailleuse, quelqu’un de très courageux
Aquarelle et crayon sur papier, 45 x 36 cm
Ici, c’est un village où tout le monde se dit
Bonjour
Aquarelle et crayon sur papier, 45 x 36 cm
On ne s’imagine pas qu’une chose comme ça arrive dans notre village
Aquarelle et crayon sur papier, 45 x 36 cm
C’est vrai qu’elle avait l’air triste
Aquarelle et crayon sur papier, 45 x 36 cm
C’était une femme intégrée socialement
Aquarelle et crayon sur papier, 45 x 36 cm
J’aurais aimé qu’elle me dise qu’elle avait besoin d’aide
Aquarelle et crayon sur papier, 45 x 36 cm
En France, tous les dix jours, une femme tue son enfant.
À l’apparence paisible, chaque aquarelle représente un appartement ou une maison reproduite à partir d’une photo de presse qui illustre le domicile d’une femme ayant commis un infanticide. En choisissant d’évoquer l’irreprésentable sous une façade banale, l’artiste questionne la façon qu’a notre société de vouloir montrer. Le propos de Céline Cuvelier n’est pas le fait divers – aussi abominable et incompréhensible soit-il – mais bien d’interroger le mode de fonctionnement des images dans notre société. Elle opère un déplacement et déstabilise notre perception rendant insupportable la banalité de ces images. Leur cadrage est en contraste total avec l’horreur invisible qu’elles contiennent. Montrer et dissimuler dans un même temps. Par ces aquarelles, elle replace ces mères - en détresse abyssale et perdues jusqu’à commettre le geste ultime- dans une normalité du quotidien. Elle les replace dans notre monde, dans notre voisinage, sans les juger. Elle les réintègre dans notre société et pose une question fondamentale : « qu’est-ce que -et comment- faire société aujourd’hui ? »
« Des coups de fouets, un service militaire et qu’on les dresse. »
2026
Céramique, enduit à la chaux, bac en acier gravé et incursions de plomb, pompe à eau, 90 x 90 x 40 cm
Cette sculpture est née d’une rencontre, lors d’un workshop de deux semaines avec des jeunes femmes mineures incarcérées dans un Institut de Protection Pour la Jeunesse, une prison pour mineurs donc, en Belgique. La souffrance, le passé chaotique et le manque de repères de ces jeunes sont d’une constance écrasante. Il y a tant à faire, tellement de manières d’accompagner. Mais on colmate et on enferme. On tente de faire marcher droit ces âmes fissurées en leur apprenant à ne pas mettre les coudes sur la table et à dire merci madame.
Céline Cuvelier (BE, °1988) vit et travaille à Bruxelles.
Elle est titulaire d’un Bachelier en psychologie à l’Université Libre de Bruxelles (2010) et d’un master en Peinture à l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles (2015).
Ses dernières expositions eurent lieu en 2026 à la galerie Meessen à Bruxelles et à la Médiatine à Bruxelles mais également à the Malta Society of Arts à Malte en 2025. En 2024, elle exposa également à la biennale Women in art fair à Londres et à Bruxelles à la CENTRALE for contemporary art.
De janvier à mars 2026, elle fut résidente à la Cité internationale des arts à Paris dans le cadre du programme Art et Psychiatrie mis en place en collaboration avec l’association Françoise pour l’art contemporain.
En janvier 2027, elle recevra le prix du Collegium de l’Académie Royale des Sciences, des Lettres et des Arts de Bruxelles pour son engagement artistique auprès des publics fragilisés.
Extrait de deux pièces issues de l’installation Le mythe des fèves d’argent (2026)
Pour cette exposition, Cléo Totti présente un extrait de deux pièces issues de Le mythe des fèves d’argent, une installation immersive et sonore récemment présentée à la Péniche Pop, à Paris en mai et juin 2026.
L’artiste crée des scénographies et des dispositifs sculpturaux qui se situent à la frontière entre sculpture et performance. Ces formes ne sont pas uniquement destinées à être regardées : elles peuvent accueillir un corps, produire un son, être activées par un geste ou simplement signaler la possibilité d’une action. Elles constituent des espaces en attente, des situations qui peuvent être habitées et mises en mouvement.
Elle utilise différents médiums —textile, son, voix, matières synthétiques et organiques — pour déplacer les frontières entre le corps, l’objet et son environnement. La matière y est envisagée comme une présence active. Elle peut respirer, résonner, contenir, produire du mouvement ou provoquer une action. En lui donnant une voix ou une capacité d’agir, elle cherche à déplacer notre perception de ce qui est habituellement considéré comme inerte.
Ses sculptures empruntent ainsi des formes familières — vêtement, enveloppe, nourriture, organe, instrument — pour les transformer en présences ambiguës, à la fois objets, corps et dispositifs performatifs.
Black Gold — Soupirs / Respirations
2026
Installation sonore et visuelle, cinq baffles autonomes, textile
400 × 100 × 15 cm
Présentée ici dans une nouvelle configuration, Black Gold prend la forme d’une masse noire et fluide étendue au sol. La pièce semble respirer, soupirer, produire son propre rythme. Le son lui donne une dimension organique et fait apparaître la matière comme un corps sans corps.
Le souffle devient une manière de personnifier les fluides, la terre, ce qui circule et ce qui se trouve sous la surface. La matière semble ainsi posséder une voix et une présence propre. Ce qui paraît immobile devient perceptible comme quelque chose qui agit, qui respire et qui pourrait à son tour nous observer.
La pièce fait également référence à There Is Nowhere to Go?!, une performance créée en 2019, et prolonge une recherche autour du corps, de la matière et des relations à l’espace.
La faim des haricots ?
2026
Cuir synthétique, céramiques émaillées
La faim des haricots ? prend la forme d’une cosse de haricot géante, vidée de son contenu. Ce qui devrait rester à l’intérieur est ici rendu visible depuis l’extérieur : les fèves apparaissent comme une réserve exposée, comme si l’enveloppe révélait directement ce qu’elle contient.
Sa silhouette s’inspire des vestes portées par les vendeurs ambulants, faisant glisser le vêtement vers une forme sculpturale et presque corporelle. L’enveloppe devient à la fois vêtement, peau et contenant.
Les fèves en céramique sont inspirées d’un plat traditionnel des Pouilles, région du sud de l’Italie dont sont originaires les racines maternelles de l’artiste. Elles convoquent ainsi une mémoire à la fois intime et culturelle, tout en introduisant dans la pièce une dimension liée à la transmission, à l’héritage et à la mémoire du corps.
Transformées en objets sonores, ces fèves peuvent être saisies et agitées. Elles deviennent alors des maracas, faisant de la sculpture un dispositif potentiellement performatif. Le geste leur donne une voix et transforme ce qui était contenu en matière active.
La fève porte également en elle une dimension symbolique : graine, nourriture et forme de vie en devenir, elle peut évoquer la renaissance, le renouveau et la possibilité d’une transformation. Ce qui était enfoui, contenu ou dormant devient visible, sonore et mobile.
La pièce opère ainsi un déplacement entre l’aliment, le corps, le vêtement, le contenant et l’instrument. Le haricot devient un corps ouvert, une enveloppe dont l’intérieur déborde et se donne à voir, mais aussi un espace où mémoire, geste et son peuvent émerger.
La matière, habituellement perçue comme inerte, est ici mise en situation d’agir. La sculpture ne contient pas seulement des objets : elle contient une mémoire, une histoire et la possibilité d’une activation.
Cléo Totti (1989, Bastogne, Belgique) vit et travaille entre Liège. Elle a obtenu son Master en Arts Visuels à l’ERG (École de Recherche Graphique), à Bruxelles (2015). Elle a été nominée pour les Amis du S.M.A.K. – Coming People (2016) et le Prix Liège Création (2017). Ses expositions récentes incluent : Le mythe des fèves d’argent, La Pop (2026), Paris ; Art Luxembourg, Avee Gallery (2025), Luxembourg ; Between Belongings, Weltkunstzimmer, Dusseldorf (DE); Phantoms & Emotional Ornaments, Centre d’art contemporain: Les brasseurs (2024), Liège (BE); De bauxite, de carbone et de fer : A chemical Anthology, Avee Gallery, Courtrai (BE) : Stone/Image, projection organisée par Sam Steverlinck & Dom Wood, The Agprognostic Temple (2023), Chapelle de Boendael, Bruxelles (BE) ; Rooms of Resonance organisées par Chantal Pattyn et Benedicte Goessaert, Cloud Seven (2023) - Collection Frédéric de Goldshmidt, Bruxelles (BE); Art Week Rotterdam, Neck Of The Woods, Rotterdam (NL) ; Allez, Allez!, Centre Wallonie-Bruxelles (2022), Paris (FR) ; Fragile, El Gallery (2021), Welle (BE) ; Intrépide, Market Gallery, Glasgow (2019) ; Lyrisme mécanique, BPS22, Charleroi ; Élite 18, KRIEG, Hasselt ; Resistance, CENTRALE d’art contemporain, Bruxelles (toutes en 2018).
Elle a participé à des résidences nationales et internationales telles que : Cité internationnale des arts, Paris (FR); Abbaye de Neumunster, CCRN Luxembourg (LU); AAIR ANTWERPEN (2020), Anvers, (BE) ; 2019 : Ravi (2019), Liège (BE) ; Arscape avec Stijn Maes (2016-2017), Sienne (IT), Résidence de recherche d’été (2015), Tinos (GR)…
«Lunch Break Loop»
2026
Impression à l’huile et giclée sur toile de lin
116 x 89 cm
«Hangover Croque Monsieur»
2026
Estampe à l’huile et giclée sur toile
50 x 35 cm
«A Bunch of Sparks»
2026
Impression à l’huile et giclée sur toile de lin
116 x 89 cm
«Spin Cycle Fever»
2026
Estampe à l’huile et giclée sur toile
50 x 35 cm
«Eyes in the Noise»
2026
Huile et imprimé giclée sur toile de lin
65 x 50 cm
«Trinket and Coffee Pot»
2026
Transfert d’huile et de gel sur toile de lin
21 x 17 cm
Harold Lechien présente dans cette exposition une série de peintures, réalisées à partir d’archives familiales oubliées et d’images sauvegardées sur un cloud personnel. Photographies et fragments de souvenirs ont été assemblés et superposés par montage numérique, imprimés sur toile, puis retravaillés par couches successives de peinture à l’huile. Un poème de Gabriel René Franjou, écrit avec un procédé similaire appliqué au médium textuel, constitue une boucle de feedback sémantique avec les toiles. Ce travail émerge d’une condition qu’on appelle brainrot : un terme désignant à la fois une saturation mentale et visuelle due à une utilisation intensive d’internet, ainsi que certaines formes de contenus (notamment celles générées par intelligence artificielle). Dans ce régime de défilement perpétuel, où la mémoire intime est extériorisée vers le numérique, les images perdent leur chronologie, leur hiérarchie, leur sens : tout devient contenu.
La toile agit alors comme un wormhole domestique : une surface matérielle où ces éléments ont été figés à l’instant de la collision, sédimentés par les différentes étapes du processus. Dans ces compositions, certains fragments affleurent et persistent tandis que d’autres s’effacent ; ils sont maintenus en état de suspension, dans un présent total et aplati. De ces amalgames chimériques naît un certain malaise, un trouble qui cherche à déstabiliser le réel et sa temporalité ordinaire : c’est la pourriture qui pointe le bout de son nez.
Texte : Gabriel René Franjou
Harold Lechien est un artiste visuel et réalisateur basé à Bruxelles. Travaillant entre vidéo, installation et assemblage sculptural, il combine techniques cinématographiques, images de synthèse et dispositifs de mise en scène pour construire des environnements où objets, images et corps participent d’une même narration.
Depuis 2018, son travail a été présenté dans plusieurs institutions, galeries et festivals en Europe, notamment à l’ISELP (Bruxelles), au Centre Wallonie-Bruxelles (Paris), à la DMW Gallery (Anvers) et au festival transmediale (Berlin). Une prochaine exposition aura lieu au Casino Luxembourg en 2027.
Titulaire d’un master en arts visuels de La Cambre (Bruxelles), il poursuit sa formation au Fresnoy – Studio national des arts contemporains (Tourcoing, FR) entre 2023 et 2025. Il a rejoint ensuite la Cité internationale des arts (Paris) pour une résidence en 2026.
Entangled
2026
Lumière, Son, Verre Borosilicate (H. 17,5 cm × Ø 12 cm, ép. 0,3 cm), Verre Plein (Ø 42 cm, ép. 0,4 cm), Emulsion Vinylique, Vernis Mat, Eau, Argent, Cuivre et Agitateur Magnétique.
Installation
Dimensions Variables
“Lorsque deux particules sont dans un état d’intrication quantique, l’état de l’une détermine celui de l’autre, quelle que soit la distance qui les sépare.” (cf : CERN).
En évocation de ce principe, des sculptures au sol ont été placées dans différents lieux à Paris (laboratoire de physique quantique, cabinet de chiropracteur et lieu d’exposition) et ont été activées simultanément par le simple geste d’y verser de l’eau. Dans l’instant qui a suivi, les eaux ont été mises en mouvement continu, à l’image de celui des particules quantiques, tandis que les paillettes de métaux hautement conducteurs, argent ou cuivre, font écho au sentiment d’émerveillement qui entoure la recherche sur les forces invisibles et la structure de l’univers.
Cette expérience artistique sera suivie d’une publication rassemblant des entretiens documentant les expériences subjectives et les philosophies des complices de confiance que sont Matteo Barsuglia et Pauline Lang.
Nadia Guerroui (1988, Toulouse, France) a été sélectionnée pour le prix Coming People S.M.A.K. Museum (Gand, Belgique) en 2014. Elle a aussi exposé au KM 21 Kunstmuseum (La Haye, Pays-Bas) et est devenue la lauréate du Vordemberge-Gildewart Award en 2020.
Son travail a été exposé, entre autres, à : Fondation CAB (BE), Dhondt-Dhaenens Museum (BE), PS Project Space (NL), Spring/Break Art Show (US), Art Rotterdam (NL), LA CENTRALE for contemporary art (BE), Le Consulat (FR), Bozar - Palais des Beaux-Arts (BE), Contemporary Istanbul (TR), Kunstenfestival Watou (BE), Cloud Seven Fondation (BE), Belfius Art Collection (BE), Programme Résonance - Biennale de Lyon (FR), Cultuurcentrum Strombeek (BE), Tale of A Tub (NL), Villa Empain - Fondation Boghossian (BE), MuZEE Museum (BE), Centre Wallonie-Bruxelles|Paris (FR), JWD Art Space (THA) et Cité internationale des arts (FR).
Ses projets personnels, ou en duo, incluent : The First Healed Bone (Stanley Picker Gallery - Kingston University, London, United Kingdom 2025), More Than You Could Ever Know (Around Video, Bruxelles, Belgique 2023), Helene Appel >< Nadia Guerroui (OV Project, Bruxelles, Belgique, 2023), The Other Sleeps in All Things Around (Wonnerth Dejaco Gallery, Vienne, Autriche, 2021), Card Draw (Parallel Vienna, Vienne, Autriche, 2019), Palimpsest (Art Institute Shibukawa Gallery, Shibukawa, Japon, 2018), Blink (DAC, Dolceaqua, Italie, 2017) et Impostor Syndrom (SNAP Projects Gallery, Lyon, France, 2016).
En 2020, le S.M.A.K. Museum (BE) a commissionné Otium, une installation extérieure dans un parc à Menen (BE). En 2026, Cloud Seven (BE) a commissionné Otium - Brussels’ Clouds, une installation permanente pour le toit terrasse de la fondation.
Performance lors du vernissage à 20h
Une chose parfaite explose
Durée : 25’
Une chose parfaite explose est le nom d’un poème. Ce poème est fait pour être lu, vécu et entendu. Il s’occupe de la conjuration des contraires. Il aime le rythme et le mouvement. Il n’éclate pas tout de suite. Il regarde les gens. Une chose parfaite explose est aussi le titre d’une lecture performée qui rassemble des extraits d’un livre en cours d’écriture. Ce livre est un recueil de poésie construit comme une histoire : on suit les explorations d’un personnage supra-vivant dans une ville mal en point. Il s’invente des jeux sérieux pour rapetisser le patriarcat, ou ses extensions.
Huit artistes ayant réalisé des résidences en France en 2026 sont invité·e·s à ré-amarrer au Centre avec des projets esquissés, réalisés à la faveur de ces résidences.
En résidence à la Fondation Fiminco pour Adrien Degioanni, à la Cité internationale des arts pour Harold Lechien, Nadia Guerroui, Orso Caël et pour Céline Cuvelier en partenariat avec l’association Françoise pour l’oeuvre contemporaine en société, dite Françoise, à la Péniche Pop pour Cléo Totti, au sein de la Maison Hermès pour Priscilla Beccari, et au Centre Wallonie-Bruxelles|Paris pour Simon Mahungu en synergie avec le Musée du Quai Branly – Jacques Chirac et BnF - Bibliothèque nationale de France et le CREM -CNRS.
Iels investissent l’espace de la galerie comme un laboratoire éphémère médiatisant leurs recherches.
Si certaines de ces résidences ont débouché sur des production d’oeuvres « stabilisées » qui seront à découvrir en notre galerie, d’autres ont permis à celles et ceux qui les ont assurées de s’engager dans un travail de recherche dont les enjeux seront à découvrir.
Les œuvres récentes d’Adrien Degioanni nous plongent tour à tour dans une expérience sensible et sonore du silence et de voix anonymes, sur les traces de la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko et face aux dernières recherches sculpturales de l’artiste entreprises lors de sa résidence à la Fondation Fiminco.
L’exploration des croisements féconds entre art et science se retrouvent aussi au cœur de démarche de Nadia Guerroui dont l’installation en résonance avec la physique quantique fait écho à la recherche sur les forces invisibles et la structure de l’univers.
Céline Cuvelier et Cléo Totti explorent des enjeux sociétaux et liés à l’environnement.
Céline Cuvelier évoque le non-pensé de l’infanticide dans un ensemble d’aquarelles qui questionne la manière dont la société s’empare de ces drames humains. Elle interroge aussi dans l’une de ses nouvelles sculptures la dureté des conditions des prisons pour mineurs et une réponse inadaptée de la part de la société.
Cléo Totti quant à elle redonne une voix aux matières et aux végétaux et nous invite à envisager la terre comme un bien commun dans une installation monumentale, nous plongeant dans un paysage fictionnel et sonore.
Harold Lechien recompose des archives familiales oubliées à travers une série de peintures, dont les montages numériques mettent en exergue la saturation visuelle due à une utilisation intensive d’internet et le malaise qui en découle.
Place à l’univers domestique et au corps avec Priscilla Beccari à travers la présentation d’un meuble mystérieusement agentif et anthropomorphique qui recèle des dessins interrogeant la condition féminine, les rapports de pouvoir, les assignations sociales et le rôle du corps dans l’espace privé.
Quant à l’installation de Simon Mahungu, développée en résidence au Centre Wallonie-Bruxelles|Paris, elle a constitué la première étape de réalisation d’une recherche-création plus large dédiée à la circulation et à la réactivation des archives sonores entre l’Europe et la République démocratique du Congo.