Le 24 mars 2026 à 19:00

Entrée libre

Théâtre

46 rue Quincampoix 75004, Paris

Annick Bureaud est critique d’art et curatrice dans le domaine de l’art et des technosciences. Elle a écrit de nombreux articles, notamment pour Art Press. Elle a organisé des symposiums, conférences, ateliers et des expositions parmi lesquelles : “(In)Habitable. L’art des environnements extrêmes”, Festival “@rt Outsiders”, MEP, Paris, 2009 ; en 2019, elle a été éditrice-curatrice de l’exposition et de la capsule vidéo hypertextuelle de l’œuvre Neotenous Dark Dwellers–Lygophilia de Robertina Šebjanič. En 2020, elle a lancé le projet “The Traveling Plant” puis “Space Shelter Earth” en 2023 avec l’artiste Marcus Neustetter. Elle participe au projet Venus Conversations initié par l’artiste Lily Hibberd depuis 2024. Elle a été la directrice de Leonardo/Olats jusqu’en 2025 dont elle a dirigé les projets Space Art Science.

Jean-Pierre Luminet est directeur de recherche émérite au CNRS au Laboratoire d’astrophysique de Marseille (LAM) après avoir longtemps été membre de l’observatoire de Paris-Meudon. En 1978 il simule numériquement l’aspect d’un trou noir, produisant une photographie virtuelle confirmée quarante ans plus tard par la première image télescopique d’un trou noir géant obtenue en 2019 par l’Event Horizon Telescope. Depuis 1995, il travaille sur la forme de l’Univers.

Thomas Hertog est un cosmologiste mondialement connu. Il a été pendant de nombreuses années le principal collaborateur de Stephen Hawking. Hertog a obtenu son doctorat à l’Université de Cambridge et est actuellement professeur de physique théorique à l’Université de Louvain, en Belgique, où la théorie du Big Bang a été conçue initialement. Il a été commissaire de plusieurs expositions art-science et est l’auteur de L’Origine du Temps : La dernière Théorie de Stephen Hawking (Odile Jacob), ouvrage dans lequel il défend une conception fondamentalement évolutionniste de la physique et de la cosmologie.

Explorant les concepts de perception et de perpétuité, les œuvres de Evelina Domnitch et Dmitry Gelfand, à la frontière de l’astrophysique et de la philosophie, se présentent comme des phénomènes en constante transformation, offerts à l’observation. Ces événements physiques se produisant directement sous les yeux du regardeur élargissent le seuil de ce qui peut être perçu. L’immédiateté de l’expérience permet à l’observateur de dépasser la frontière illusoire entre découverte scientifique et élargissement de la perception. Le duo s’est fait connaître grâce à ses collaborations avec des groupes de recherche pionniers, notamment le LIGO (Laser Interferometer Gravitational-Wave Observatory), EU Quantum Flagship et Aerospace Engineering (Université technique de Delft). Domnitch et Gelfand ont exposé au Martin-Gropius-Bau (Berlin), à la Biennale de Venise, au MAXXI Museum of 21st Century Art (Rome), au Kiasma Museum of Contemporary Art (Helsinki) et au National Museum of Modern Art (Tokyo).

Artiste et chercheuse australienne basée à Paris, Lily Hibberd explore les frontières du temps, de la mémoire et du cosmos à travers la peinture, la performance, l’écriture, la vidéo et l’installation. Sa démarche art science s’est déployée au cours de plusieurs résidences, expositions et collaborations au sein d’institutions scientifiques, telles que les Observatoires de Paris et de Sydney, le Musée des arts et métiers à Paris et le Science Museum de Londres. Depuis 2020, sa pratique artistique se concentre sur Vénus. Elle est ainsi à l’initiative du projet collectif Venus Conversations 2024 2034.

Félicie d’Estienne d’Orves est artiste plasticienne. Née en 1979 à Athènes, ses installations interrogent la nature de notre perception, la définition des limites de l’espace physique et
cosmologique par la lumière et sa vitesse.

En 2019, elle présente au Centre Pompidou (Spectacles vivants), une reconstitution d’un coucher de soleil sur Mars, Continuum, une performance en hommage à la musique d’Éliane Radigue (Koumé, La Trilogie de la Mort, 1995). Sa série Étalon lumière, en suivant le parcours de la lumière rend compte de temporalités de notre système solaire. Dans le désert, les tirs lasers de la série Cosmographies, matérialisent des passages entre des astres distants et la Terre. Ses expositions monographiques « Soleils Martiens » (Le Lieu Unique à Nantes, 2022) et « Sortir au jour » (Abbaye de Maubuisson, 2023) questionnent le cycle de vie de la matière et l’évolution des modèles d’astrophysique. L’artiste accorde une importance particulière à l’expérience physique de l’espace. À Louvain, elle transpose des paysages cosmologiques à l’échelle de la marche avec l’« Atome primitif » (Nouveaux Commanditaires, 2021) ainsi que dans la future gare du Parc des Expositions, dans le cadre des projets « Tandems » avec l’architecte Dietmar Feichtinger pour le Grand Paris express.

Son travail a été présenté au Centre Pompidou, au Centquatre-Paris, à La Fabrique Agnès B., à la Nuit Blanche de Paris, au Fresnoy / Scène nationale, au Lieu Unique, à la Fondation Van Gogh Arles, au State Studio (Berlin), au Watermans Arts Center (Londres), au New Art Space (Amsterdam), au TBA Teatro do Bairro Alto (Lisbonne), à Ars Electronica (Linz), au Festival Elektra (Montréal), au Day For Night (Houston), OCAT (Shanghai), au Aram Art Museum (Corée), à la New Media Gallery (Vancouver)

Olivier Schefer est philosophe et écrivain. Spécialiste d’esthétique romantique, de science-fiction et des figures du fantôme.

Il a traduit et édité plusieurs manuscrits philosophiques de Novalis pour les éditions Allia dont Le Monde doit être romantisé, Semences, Le Brouillon général. Il est auteur d’une biographie
de Novalis au Félin et d’essais sur l’héritage esthétique et théorique de la période romantique : Résonances du romantisme ou encore Mélanges romantiques. Hérésies, rêves et fragments.

Il contribue régulièrement à des catalogues d’exposition – Les Traces du sacré (Centre Pompidou Paris), Erre. Variations labyrinthiques (Centre Pompidou Metz), Anish Kapoor Svayambh, Cyprien Gaillard, Humpty Dumpty (Palais de Tokyo / Lafayette Anticipations), Histoires de pierre (Rome, Villa Médicis), Formes de la ruine (Beaux-Arts de Lyon). En 2021, Olivier Schefer publie un essai intitulé : Sur Robert Smithson. Variations dialectiques, qui propose une lecture de cette œuvre par le prisme de la science-fiction et de la pop culture. En 2024, il publie une étude sur les dessins de Robert Smithson dans la revue du Centre Pompidou, Les Cahiers du Musée National d’Art Moderne (n° 167) : « Posters from Hell. Note sur les peintures et dessins de Robert Smithson entre 1957 et 1962. » Il est également auteur d’essais sur le somanmbulisme et les revenants (fantôme, zombie) dans le champ de la littérature et du cinéma, envisagés comme figures cliniques et politiques : Figures de l’errance et de l’exil. Cinéma, art et anthropologie (Rouge Profond, 2013), Les Eaux de la mort. Fantaisies aquatiques (Rouge Profond, 2016). Sa dernière publication, en 2025, accompagne l’exposition de l’IMEC sur les récits de rêve, Fragments du rêve. Brouillons, visions, fantômes (collection « Les lieux de l’archive »).

Évènements liés

En clôture de l’exposition Deep Fields, cette table-ronde réunira deux spécialistes de la cosmologie et de l’astrophysique, Jean-Pierre Luminet et Thomas Hertog, les artistes Evelina Domnitch, Dmitry Gelfand, les commissaires de l’exposition : l’artiste Félicie d’Estienne d’Orves et le philosophe Olivier Schefer.

Ils réfléchiront à la notion de champ de perception, aux limites et aux frontières de notre connaissance de l’univers.

Dans le cadre de cette table-ronde, l’artiste Lily Hibberd présentera la performance, 7,4 milliards d’années depuis Vénus.

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