Île performances - NOVA_XX au Générateur
Dans le cadre de la sixième édition de la Biennale NOVA_XX 2026/2027 “Epokhè & Instauration”
Le Générateur - 16 rue Charles Frérot 94250 Gentilly
Chorégraphe, performeuse, danseuse et plasticienne, Pauline Brun développe une pratique située à la croisée de la danse contemporaine et des arts visuels. Formée au Conservatoire de Nice, à la Villa Arson, à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris et au programme ex.e.r.ce du CCN de Montpellier, elle construit un univers où le corps dialogue avec les objets, les images et les espaces, dans une recherche traversée par l’absurde, le grotesque et l’auto-dérision.
Son travail a notamment été présenté au Centre Pompidou, au MAC VAL, au MAMAC, au Centre national de la danse ou encore au Salon de Montrouge. Lauréate de la résidence de la Villa Kujoyama en 2023, elle fonde en 2021, avec Bettina Blanc Penther, la compagnie No Small Mess, structure qui accueille leurs projets chorégraphiques et performatifs. En parallèle de ses créations, Pauline Brun mène un important travail de transmission auprès d’écoles d’art, d’institutions culturelles et de festivals.
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Distribution
Conception, performance, figure, espace et objets : Pauline Brun
Collaboration et regard extérieur : Marcos Simões
Complice dramaturgie : Jean-Baptiste Veyret-Logerias
Création lumière et son : en cours
Production : Jenny Suarez
Production : No Small Mess
Résidences : BAMP (Bruxelles), Studio Dans les Parages (Marseille), C-TAKT (Neerpelt)
EXO·s est un collectif de trois artistes queer et migrant·es asiatiques basé à Paris : Han Du, Renyan Liu et Bainan. Leurs pratiques se situent à la croisée de la performance, du théâtre, de la danse, du cinéma, du son et de la recherche-création. Le collectif travaille à partir du corps, de la mémoire, de la migration et des expériences queer pour interroger les normes, les rapports de pouvoir et les formes de visibilité qui traversent les individus.
Han Du, artiste performeuse et chercheuse chinoise, développe une pratique à la croisée de la performance, du théâtre, de l’image et de la recherche-création. Elle envisage le corps comme archive, matériau et outil de recherche, notamment à travers sa méthodologie de l’Auto-Docu-Perf, fondée sur des pratiques d’auto-documentation.
Nourrie par les pensées féministes et les théories queer, sa recherche explore les relations entre émotions et actions, ainsi que les manières dont mémoire et expériences personnelles s’inscrivent dans le corps. Diplômée en Arts plastiques de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, puis en Théâtre et en EUR ArTeC à l’Université Paris 8, elle poursuit aujourd’hui une pratique individuelle et collective au sein d’EXO·s et de L’ÉTINCIEL. Ses créations ont notamment été présentées au Générateur dans le cadre de [frasq], ainsi qu’au festival L’Écarts. Elle a également été chercheuse à la Talent Academy du Festival des arts performatifs asiatiques de Göttingen en 2024.
Renyan Liu est performeur et chorégraphe. Diplômé du Conservatoire de Tianjin puis de l’Université Paris 8 en Théâtre, il développe une pratique à la croisée de la danse, de la performance et des arts vivants. Formé à la danse traditionnelle chinoise et fort de onze années d’expérience professionnelle en danse sportive, il se tourne vers la performance en 2020. Son travail explore les questions de genre, d’identité, de mémoire et d’altérité à travers le corps comme espace de tension, de résistance et de transformation. Nourrie par son expérience entre la Chine et la France, sa recherche porte notamment sur le corps queer et diasporique, ainsi que sur les normes sociales et les codes qui façonnent les identités. Par des actions physiques radicales, il travaille les rapports entre contrôle et abandon, puissance et vulnérabilité, visibilité et effacement.
Bainan est un artiste et cinéaste queer chinois basé en France. Sa pratique explore la migration, l’identité, la sexualité et les politiques de la visibilité à travers le cinéma, la performance et des formes documentaires hybrides. Son travail articule récit autobiographique, performance corporelle et espaces culturels underground. Diplômé en cinéma de l’Université de Strasbourg et de l’ESEC à Paris, et titulaire d’un Master ArTeC à l’Université Paris 8, il croise fiction, documentaire et pratiques performatives pour interroger les rapports de pouvoir entre l’immigrant et le système administratif. Au sein d’EXO·s, ces trois trajectoires se rencontrent autour d’une recherche commune sur le corps comme un lieu de conflit où mémoire, normes et rapports de pouvoir deviennent physiquement perceptibles. Leur première création collective, Rituel de Désenvoûtement, s’appuie notamment sur des traditions chamaniques transmises au sein de leurs familles et réinterprétées depuis leurs expériences queer, migrantes et diasporiques.
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Demarche
EXO·s est un collectif de trois artistes asiatiques queer et migrant·es basé·es à Paris :
Bainan, Han Du et Renyan Liu. Nos pratiques individuelles traversent le cinéma expérimental, la performance, l’installation et le son. Le collectif est né d’un besoin de mettre en commun nos expériences de déplacement, nos héritages culturels et nos recherches autour du corps, du son et des formes rituelles.
Nous venons de familles dont certaines pratiques chamaniques ont été transmises comme des formes de croyance, de soin, de relation aux ancêtres et de compréhension du monde. En migrant en Europe, nous avons hérité de ces pratiques depuis une distance nouvelle. Elles ne sont plus simplement des traditions familiales : elles deviennent des fragments déplacés, parfois incomplets, parfois contradictoires, traversés par la traduction, la mémoire, la perte et la transformation.
Notre démarche ne consiste donc pas à « préserver » une tradition ni à l’extraire de son contexte pour en faire un langage artistique. Nous cherchons plutôt à comprendre ce qui arrive à un rituel lorsqu’il traverse un corps migrant, queer et contemporain. Que reste-t-il d’un geste transmis lorsqu’il est déplacé ? Que peut-il devenir lorsqu’il rencontre d’autres systèmes de pouvoir, d’autres corps et d’autres espaces ?
C’est à partir de cette tension qu’est né Rituel de Désenvoûtement.
Dans notre travail, le corps n’est pas seulement un outil chorégraphique ou théâtral. Il est un lieu où s’inscrivent les histoires, les normes, les violences, les déplacements et les héritages. Nous travaillons avec le souffle, la voix, la vibration, la répétition, l’épuisement, le bruit et l’improvisation pour mettre ces inscriptions en mouvement.
Le son occupe une place centrale dans cette recherche. Chant, percussion, feedback, bruit et électronique permettent de produire des états de perception et d’écoute qui ne passent pas uniquement par le langage. Le son devient une force physique, capable de modifier les distances, les rythmes et les relations entre les corps.
Notre pratique est également nourrie par le Butoh, la danse contemporaine, le théâtre physique et les pratiques musicales expérimentales. Nous ne cherchons pas à fusionner ces références dans un style homogène, mais à créer des situations où différents régimes de connaissance et de présence peuvent entrer en friction.
En tant qu’artistes queer et migrant·es, nous travaillons depuis un espace qui n’est jamais complètement stable : entre plusieurs langues, plusieurs cultures, plusieurs systèmes de représentation. Cette position n’est pas pour nous un thème à illustrer, mais une condition de travail. EXO·s cherche ainsi à créer des formes où le corps peut devenir un lieu de confrontation, de transmission et de transformation, un lieu où ce qui nous habite peut-être nommé, rendu visible, déplacé et, parfois, expulsé.
Yellow Wasabi, biologiste évolutionniste et artiste des nouveaux médias basée à Paris, développe une pratique transdisciplinaire à l’intersection des arts sonores, de la performance et des technologies interactives. Son travail explore la manière dont les sytèmes numériques transforment les relations entre perception, mémoire corporelle et environnements écologiques.
À travers des dispositifs mélant capture de mouvement par intelligence artificielle, spatialisation sonore, instruments traditionnels augmentés et projections génératives, elle construit des situations immersives où les signaux du vivant deviennent des matériaux computationnels. Ses recherches interrogent la place du corps humain dans les infrastructures technologiques contemporaines, ainsi que les formes de cognition distribuée entre organismes, machines et milieux.
Elle est artiste en résidence au GRAME et au GEME, aux Ateliers Médicis, à Art Zoyd Studios et aux Instants Chavirés en France, ainsi que EMS en Suède, en Grèce, en Croatie et en Estonie. Son travail a été présenté au frasq, au Musée Guan Shanyue à Shenzhen, à la Turku Art House en Finlande et aux Carmes à Bruxelles. Ses recherches sont publiées sur IRCAM Forum, SysMus25 et CFMAE. Elle est lauréate des bourses de Ministère de la Culture de France, de Directorat Culturel de Malte, Culture Moves Europe et Creative Europe.
Site de l'artiste
scarlet_technique est unex artiste dont la pratique croise arts plastiques, danse, musique et cinéma. Elle s’est développéex en autodidacte, en famille, à l’université, en école, en formation, en traversant des expériences collectives, accompagnées et solitaires, professionnelles et amatrices. On a l’occasion de la voir au plateau, en galerie, en soirée, en cabaret, interprète et collaboratrice pour d’autres artistes ou invitant d’autres artistes à interpréter et collaborer avec le nom de leur choix.
À l’aide de nombreux accueils, elle développe entre 2016 et 2023 un premier cycle d’enquêtes sur les représentations et messages véhiculés par l’industrie du disque, la façon dont les objets qui en découlent se manifestent en société, les logiques de composition et de collaboration qui les produisent, les formules qui décollent les intentions des connotations, superposent les émissions et les réceptions.
Depuis 2023, ellex ouvre un nouveau cycle pour se concentrer sur les dynamiques d’influence qui, dans chaque medium, courant esthétique, projet politique, façonnent les relations entre le son, le texte, l’image, l’affect et le mouvement.
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En décembre, NOVA_XX s’amarrera au Générateur, à Gentilly, complice de la Biennale depuis trois éditions, avec une soirée de performances constituée des projets sélectionnés par le Comité de sélection constitué de :
• Anne Dreyfus - Fondatrice et Directrice - Le Générateur
• Camille Martin - Responsable du centre Recherche, Résidences et Programmation Culturelle - Capc Musée d’art contemporain de Bordeaux
• Clément Thibault - Critique d’arts & Directeur des arts visuels et numériques au Cube-Garges
• Elise Bergonzi - Curatrice indépendante et artiste
• Etienne Blanchot - Fondateur festival Ideal Trouble - Curateur musique à Lafayette Anticipations
• Myriama Idir - Curatrice - Co-fondatrice du Prix Utopi·e
• Vincent Crapon - Co-fondateur et commissaire à Elektron.Luxembourg
PROGRAMME
Pauline Brun “NICKEL” (titre provisoire)
NICKEL est un solo en cours de création qui navigue entre danse, performance et arts visuels, autour d’une figure ambivalente de clown à la fois fragile, décalée et profondément contemporaine.
À travers cette création, Pauline Brun explore les frontières entre le rire et le malaise, le grotesque et l’émotion, le jeu et l’effondrement. Corps déformé, gestes contrariés, objets détournés et scénographie en constante métamorphose composent une écriture chorégraphique singulière où l’absurde devient un puissant révélateur de nos fragilités.
S’inspirant autant de l’esthétique du clown que du cinéma d’horreur, de la performance et des arts visuels, l’artiste développe une recherche plastique et chorégraphique où chaque mouvement questionne les normes du corps et de la représentation. Entre humour grinçant, étrangeté et poésie, NICKEL dessine le portrait d’une figure solitaire qui transforme l’échec, l’inconfort et le décalage en un puissant terrain de jeu.
Collectif EXO’s “Rituel de Désenvoûtement”
EXO·s, collectif de trois artistes asiatiques queer et migrant·es vivant en France.
Le rituel prend sa source dans les traditions chamaniques transmises au sein de nos familles, issues de nos origines en Asie du Nord-Est. Nous ne cherchons pas à reproduire une cérémonie traditionnelle ni à en proposer une représentation folklorique. Nous reprenons certains de ses principes : l’invocation, la possession, la répétition, le rythme, la transe, la relation aux forces invisibles, pour les traverser depuis nos corps de personnes migrantes et queer.
Mais ici, qu’est-ce qui doit être désenvoûté ?
Le désenvoûtement est notre manière de donner un corps aux déséquilibres systémiques du pouvoir. Les structures coloniales, les hiérarchies raciales, les régimes migratoires, les normes de genre et les mécanismes de domination agissent souvent à travers des systèmes abstraits, invisibles ou difficiles à saisir. Nous les considérons comme des forces qui peuvent entrer dans les corps, les traverser, les contraindre et les façonner. Dès lors, la performance redéfinit les rapports de pouvoir au sein de la situation rituelle en rendant tangible la performativité ambivalente d’être, ou de ne pas être, considéré comme immigrant.
Le corps blanc devient l’un des lieux de cette confrontation. Il ne désigne pas une personne à condamner, mais rend visible, dans l’espace de la performance, une histoire de pouvoir, de privilège et de domination qui continue d’organiser les relations sociales.
Le désenvoûtement ne représente donc pas le colonialisme : il cherche à le rendre physiquement perceptible dans une époque postcoloniale. À travers le souffle, la voix, le chant, les percussions, le bruit, les fréquences électroniques, la répétition et l’effort physique, les trois corps construisent une partition rituelle en transformation constante. Les sons et les mouvements s’accumulent jusqu’à modifier la perception de l’espace et les relations entre les corps. L’état de la performance oscille entre invocation, possession, résistance, confrontation, épuisement et libération.
Le public est placé au plus près de cette transformation. Il ne s’agit pas de reproduire frontalement une cérémonie, mais de créer un espace où la frontière entre rituel et performance, croyance et représentation, individu et histoire collective devient instable.
Rituel de Désenvoûtement considère le rituel comme une technologie du corps : une manière de rendre visibles des forces qui restent habituellement abstraites et de transformer, même temporairement, notre rapport au pouvoir.
Nous ne pratiquons pas le désenvoûtement parce que nous croyons que le monde est hanté.
Nous le pratiquons parce qu’il l’est.
Yellow Wasabi “Hair play”
Hair Play est une performance immersive et générative explorant la manière dont les infrastructures numériques capturent et reconfigurent les manifestations physiques du vivant.
Le projet part du cheveu comme matériau biologique, culturel et symbolique. Dans de nombreuses sociétés, les cheveux portent des significations liées au genre, à l’identité et à la mémoire corporelle. Ici, ils deviennent également une surface de captation computationnelle : une interface instable entre corps organique et systèmes algorithmiques.
À l’aide d’un système de tracking développé sous MAX/MSP, les micro-mouvements des cheveux et les déplacements de la performeuse dans l’espace sont analysés en temps réel. Ces données comportementales génèrent un environnement audiovisuel évolutif composé de textures sonores spatialisées, de feedbacks acoustiques, de pixels génératifs et de perturbations lumineuses.
Des microphones captent également les résonances de l’espace d’exposition et les présences du public. Les sons collectés sont transformés, retardés et redistribués dans l’espace sous forme de résidus acoustiques, créant une écologie sonore où les frontières entre environnement, machine et corps deviennent poreuses.
La performance ne cherche pas à opposer humain et technologie, mais à révéler les processus par lesquels les systèmes computationnels absorbent, fragmentent et redistribuent les traces sensibles du vivant.
Scarlett-technique “TT_innocence”
Merleau-Ponty distingue le concept d’ignorance de celui d’innocence pour identifier une perception précédant l’assimilation de culture, une façon de se retrouver comme ignorantex devant l’évidence, ou ce qui nous semble connu. (Phénoménologie de la perception, 1945)
TT_innocence rencontre Je_suis_desolee, feuilleton d’observation audiovisuel où se collectent des échantillons de contextes. Les réglages s’y démènent pour présenter une trace à la fois générique et singulière du réel environnant.
TT_innocence est un dispositif de cohabitation entre ces empreintes et unex interprète.
Chaque occurrence de cette performance propose un jeu d’influence entre une boucle d’extraits audiovisuels et une présence humaine évoluant à ses côtés. La mise costume/objet et la distribution image/interprète changent à chaque édition. On pourrait considérer l’ensemble de performances données comme un long défilé de mises en situation.
Chaque édition produit un résultat, une compression des influences reçues. Le projet invite notre faculté à considérer et combiner de nouvelles possibilités, la graine ou le grain qui permettrait d’échapper au piège des postures qui se fixent.