Du 18 au 19 septembre 2021

Entrée libre

Théâtre

46 rue Quincampoix 75004, Paris

La 14ème édition du festival JERK OFF aura lieu du 8 au 19 septembreau Point Éphémère, au Carreau du Temple, au Centre Culturel Suisse et au Centre Wallonie-Bruxelles.

Cette année plus que jamais, le festival célèbre les identités plurielles, parfois contradictoires, mais toujours unies afin de montrer l’essentielle nécessité d’une culture libre, ouverte, engagée, et inclusive.

Jerk Off célébrera ses 15 ans, comment l’aventure a-t-elle débuté ? Avec quelles ambitions ?

Bruno Peguy : Cette année nous fêtons la 14éme édition du festival. Le festival a eu plusieurs vies, mais le point de départ reste le même : donner la parole aux artistes LGBTQI+ en marge de la culture dominante.
Lorsque j’ai créé le festival avec Patrick Thévenin, David Dibilio et Stéphane Viard, nous nous présentions comme un « off » artistique de la Gay Pride. Nous voulions montrer la diversité et la créativité de nos communautés, avec un spectre beaucoup plus large que celui qui était présenté dans les journaux du soir de la marche.
Au fil des années, les marches ont changé, et nous avons décidé de changer de moment dans l’année, avec pour but de mieux faire passer nos messages. Nous nous sommes donc décalés en octobre, pour être présents au moment de la semaine de l’art contemporain, pendant la Fiac. Nous avons eu des propositions plus liées à l’art contemporain à cette occasion.
Enfin, depuis plusieurs années, nous nous sommes déplacés en septembre, au moment de la rentrée, et nous abordons des thématiques beaucoup plus variées, dans des formats différents, en nous adaptant toujours à ce qui peut permettre aux artistes de mieux faire passer leurs messages.

La dimension politique du festival est évidente et se distingue. Comment s’insinue-t-elle dans vos choix de programmation ?

BP : Nous essayons d’être les plus bienveillant.e.s, et ouvert.e.s, à toutes les propositions, quel que soit le format, et quelle que soit la sexualité des artistes qui nous les proposent. Il est souvent difficile de choisir, et c’est un travail d’équipe qui se met en place dans les choix qui sont fait.
Depuis 2 ans, nous mettons un point d’honneur à trouver des propositions que nous pouvons décliner de façon éducative, pour les collègues ou les lycées, pour nos expositions mais aussi pour les performances que nous proposons.
14 ans après sa fondation, quels changements avez-vous pu observer dans les représentations des cultures queers et homosexuelles ?
Je pense que ces représentations ont évolués avec nos communautés, nos droits ont changés, même s’il n’y en a pas encore assez. Et forcément, les pièces militantes que nous présentons ne seront pas les mêmes.
Il y a aussi eu une grande professionnalisation des artistes dans l’émergence, et la qualité du travail que nous recevons. Il est plus simple aujourd’hui qu’il y a 14 ans pour des artistes qui parlent des corps et des sexualités dans leurs diversités de trouver des résidences, des espaces de création… Encore une fois, la situation est toujours précaire pour ces artistes, mais globalement la situation s’est améliorée.

Quel sera l’ADN de cette édition « jubilé » ?

BP : L’année dernière, j’ai voulu programmer des artistes dans une émergence très précaire, avec cette urgence absolue de leur permettre de montrer leur travail.
Cette année, même si défendre l’émergence reste l’ADN du festival, nous avons choisi de laisser plus de temps aux artistes et aux compagnies. Par exemple, nous proposons aux artistes présentées au Point Ephémère une résidence d’une semaine pour qu’ils puissent présenter au public des performances qu’elles auront pris le temps de répéter dans de bonnes conditions.
Au Centre Wallonie-Bruxelles, les artistes du collectif Bye Bye Binary seront en résidence de création deux jours avant la présentation de leur travail, le dimanche 19 septembre, pour la clôture du festival.

Entretien réalisé par Danièle Vallée

Bandeau 14eme Festival Jerk Off

14eme Festival Jerk Off

Voir aussi