Du 23 février au 17 avril 2022

Entrée libre

Salle d’exposition

127-129 rue Saint-Martin
75004 Paris

Vernissage : mercredi 23 février 2022, 18h30
19h : performance Curtains de Sophie Whettnall

Libraire, puis journaliste, photographe et poète, Marcel Broodthaers se tourne vers les arts plastiques à l’aube de ses quarante ans, alors qu’il réalise sa première œuvre d’art en coulant son dernier recueil de poèmes dans du béton. Une question naît de ce geste : qu’est-ce qu’une œuvre d’art et comment en devient-elle une  ? Par la suite, son travail prend la forme d’assemblages absurdes, l’artiste associant moules, briques ou encore coquilles d’œufs avec humour. Dada, Surréalisme, Pop art, Nouveau Réalisme et Art conceptuel se rencon-trant au détour de ses œuvres, Marcel Broodthaers fait du verbe et de l’image un terrain de jeu poétique et n’hésite pas à citer d’autres artistes à l’image de René Magritte. En 1968, il participe d’une critique de l’institu-tion muséale et de l’exposition comme mise en scène avec son Musée d’Art Moderne - Département des Aigles.
Le travail de Marcel Broodthaers a été présenté aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique (Brux-elles, Belgique), au SMAK (Gand, Belgique), au MAMCO (Genève, Suisse), au MuHKA (Anvers, Belgique), au Museum of Modern Art (New York, États-Unis), à la Monnaie de Paris (Paris, France) ou encore au WIELS (Belgique, Bruxelles).

Se définissant comme une «  griote  » contemporaine, Pélagie Gbaguidi fonctionne à la manière d’une inter-médiaire entre mémoire individuelle et passé ances-tral. Si son travail porte les marques de l’histoire colo-niale et postcoloniale, il se matérialise moins à travers des représentations directes du traumatisme que d’un recueil de signes véhiculant un savoir incarné. En reconnectant les archives à leur contexte d’origine, elle neutralise le processus d’oubli et pointe du doigt les dérives des histoires officielles qui entretiennent les héritages de l’oppression. Avec la peinture, le dessin, la performance ou l’installation, Pélagie Gbaguidi tente de s’extraire d’une pensée binaire et de se débarrasser de croyances archétypales. Dès lors, création et imagi-nation sont dotées d’un véritable pouvoir régénérateur. Ses recherches la conduisent jusque dans les archives du Musée royal de l’Afrique centrale à Tervuren où, semaine après semaine, elle s’imprègne de photog-raphies et documents témoignant des atrocités sur-venues au Congo qu’elle retranscrit sous la forme de dessins automatiques dans ses carnets.
Pélagie Gbaguidi a participé à plusieurs exposi-tions internationales telles que la Biennale de Dakar (Sénégal) en 2004, 2006, 2008, 2014 et 2018, la Docu-menta 14 d’Athènes (Grèce) et de Cassel (Allemagne) en 2017, la Biennale de Lubumbashi (Congo) en 2019 et la Biennale de Berlin (Allemagne) en 2020. Son travail a aussi été exposé au WIELS (Bruxelles, Belgique), au Rochechouart Stadtmuseum (Munich, Allemagne), au Museum für Moderne Kunst (Frankfort, Allemagne), au National Museum of African Art - Smithsonian Institu-tion (Washington, États-Unis) ainsi qu’à la CENTRALE for contemporary art (Bruxelles, Belgique).

Guy-Marc Hinant est un poète, écrivain, éditeur, pro-ducteur de musique et cinéaste. À la fin des années 1980, il fonde Sub Rosa avec Frédéric Walheer, un label spécialisé dans la musique avant-gardiste, électro-nique et noise dont le nom se veut une reprise de la première phrase des Mille plateaux de Gilles Deleuze et Félix Guattari. Il y édite notamment son Anthology of Noise and Electronic Music, produite entre 2002 et 2004. En 2001, une nouvelle maison de productions, OME - L’Observatoire, voit le jour avec la collaboration de Dominique Lohlé. La notion de bruit est au cœur de ses interventions, Guy-Marc Hinant prônant l’intensité de l’écoute et l’expérimentation. Il fait de la musique expérimentale le sujet d’une douzaine de films docu-mentaires qu’il réalise avec Dominique Lohlé, s’ap-puyant sur les productions de compositeur.trice.s et musicien.ne.s du monde entier tel.le.s que Luc Ferrari et Charlemagne Palestine.
Guy-Marc Hinant a participé à plusieurs événements tels que la Biennale de Venise (Italie) en 2013, la Semaine blanche #2 du CAC La Traverse (Alfortville, France) en 2015, La Semaine du Son de Flagey (Belgique) en 2018, et le festival de cinéma En ville ! à Bruxelles (Belgique) en 2019. Son travail a fait l’objet d’une rétrospective à la Cinémathèque royale de Belgique en 2013.

Le travail de Fabrice Samyn se caractérise par une grande diversité, tant sur le plan formel (peinture, pho-tographie, sculpture, installations, performance, pra-tique participative, …) que thématique (le temps et la lumière, la problématique de la représentation dans notre société, l’articulation entre idolâtrie et icono-clasme ou toute autre dualité). Pour étudier notre idée du temps, il s’inspire de différentes traditions concep-tuelles et picturales, ainsi que de traditions spirituelles occidentales et orientales.
Son travail a été présenté dans des institutions telles que le Lehmbruck Museum (Duisburg, Allemagne), la CCA Wattis Institute for Contemporary Arts (San Fran-cisco, États-Unis), BOZAR (Bruxelles, Belgique), la Villa Empain (Bruxelles, Belgique), la Fondation Hyppocrène (Paris, France), Triangle (Marseille, France), la Kunsthal KAdE (Amersfoort, Pays-Bas), le BPS22 (Charleroi, Bel-gique), le Frac Lorraine (Metz, France), la Z33 House for Contemporary Art (Hasset, Belgique), La Friche la Belle de Mai (Marseille, France), le Musée LaM (Villeneuve d’Ascq, France), le Kaaitheater (Bruxelles, Belgique) mais aussi aux Musées royaux des Beaux-Arts de Bel-gique et au Musée Magritte (Bruxelles, Belgique).

En entourant des dizaines de cahiers de bandes adhé-sives, Antonio Dalla Valle a caché au regard du.de la spectateur.rice les traces d’une écriture que seul lui pou-vait décrypter.
Pour lui, ses assemblages empreints de mystère étaient des objets magiques, dont lui seul connaissait le contenu.
Une fois ses œuvres achevées, Antonio dalla Valle les emmenait avec lui lors de chacun de ses déplacements au sein de l’institution psychiatrique de Sospiro, puis s’en détachait progressivement, avant de les délaisser ou de les détruire.
Il utilisait également son corps comme support d’ex-pression, entourant quotidiennement l’un de ses pieds d’une bande de tissu coloré et parant ses avant-bras de nombreux bracelets et montres sur lesquels il était préalablement intervenu. Pour lui, l’œuvre ne connaît pas de limite, elle devient la trace d’un cheminement lié aux fonctions vitales de son corps et rend visible le dérou-lement de sa pensée.
Loin de la raison et de ses connotations idéologiques et normatives, cette pensée élabore sa réalité en la reli-ant à la mémoire et à la subjectivité et en mettant parfois la logique du visible au service de l’invisible.

Par le biais de la réalisation de films, de la vidéo-sculp-ture, du théâtre, de la gravure et d’autres médias, Emmanuel Van der Auwera suscite des rencontres entre des images trouvées afin de questionner notre culture visuelle  : comment les images des médias de masse contemporains agissent-elles sur divers publics et dans quel but ? Avec la rigueur formelle d’un logicien, l’artiste dissèque la manière dont les images sont fabriquées, maîtrisant les techniques spécialisées de l’industrie et intervenant sur leur protocole. Ce faisant, Emmanuel Van der Auwera ne nous rapproche pas d’une vérité mono-lithique mais construit de nouveaux paradigmes pour lire les images et comprendre nos relations avec elles.
Emmanuel Van der Auwera est lauréat du cours post-académique de l’Institut supérieur des Beaux-Arts (HISK) de Gand et reçoit le Prix Emile Langui du Belgian Art Prize en 2015. Il est également le premier lauréat du Goldwasserschenking décerné par le WIELS et les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique. Son travail a récemment été exposé au WIELS (Bruxelles, Belgique), au Centre Pompidou (Paris, France), au Palais de Tokyo (Paris France), au Centro per l’Arte Contemporanea Luigi Pecci (Prato, Italie), à l’Ars Electronica (Linz, Autriche), au Casino Luxembourg – Forum d’art contemporain (Lux-embourg, Luxembourg), au Mu.ZEE (Oostende, Belgique) ou encore au Botanique (Bruxelles, Belgique).

Employant la vidéo, le verre ou la toile en guise de supports, la peinture d’Angel Vergara se construit par couches temporelles successives, les images d’un réel à la fois figuratif et abstrait apparaissant et disparais-sant au gré des mouvements de l’artiste. Ce dernier nous confronte à l’abondance des images médiatiques qui viennent ponctuer – ou plutôt polluer – notre quoti-dien et résultent en un vertige visuel altérant nos capa-cités à distinguer la réalité de la fiction. C’est finalement à un autre rapport au sensible qu’Angel Vergara aspire par la réalisation d’actions dans l’espace public et de performances. Se parant d’un drap blanc, il devient Straatman, un alter ego qui active ses peintures à l’aide des passant.e.s et renforce ainsi leur propension collective et sensorielle. Dès lors, ses œuvres se font le lieu d’une conjoncture perpétuelle entre le « Je  » et «  l’autre  », entre celui qui voit (le regardeur), celui qui peint (l’artiste) et celui qui est (le sujet).
Angel Vergara a été exposé à BOZAR (Bruxelles, Belgique), au Frac Lorraine (Metz, France), à KANAL (Bruxelles, Belgique), au Kunstlerhaus Bethanien (Berlin, Allemagne), au MuHKA (Anvers, Belgique), au W139 (Amsterdam, Pays-Bas), au Fri Art (Fribourg, Allemagne), au Domaine de Kerguéhennec - Centre d’Art contem-porain (Bignan, France), au MAC’s, Site du Grand-Hornu (Hornu, Belgique), à ARGOS Centre for Art and Media (Bruxelles, Belgique), à l’IKOB (Eupen, Belgique) mais aussi aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique (Bruxelles, Belgique). Il a également représenté la Bel-gique à la Biennale de Venise (Italie) en 2011.

Dominique Vermeesch développe ses questionne-ments par la notation-dessin-phonique, la photogra-phie, la vidéo et la performance. Elle guette et capte des ondes sonores-tactiles avec son corps réceptacle qui devient le lieu d’inscription du monde et de l’histoire, comme vibration transitoire. Ces questions sont en effet au centre du vaste réseau d’œuvres, de liens et de sens qu’elle met en place. Son travail nommé «langue de contact» est à aborder comme un tout. Il est en con-tinuelle expansion et en systématique remise en ques-tion. Elle base également sa démarche sur le classe-ment, le travail d’archives qu’elle introduit dans son tra-vail. Ces éléments lui permettent de parcourir l’histoire, différentes cultures et les thèmes philosophiques qui lui sont chers en mélangeant des documents existants avec ses œuvres.
Le travail de Dominique Vermeesch a été exposé au Musée du Béguinage de la Maison d’Erasme (Bruxelles, Belgique), à l’Église Saint-Jean-Baptiste au Béguinage (Bruxelles, Belgique), au Musée Art et Marges (Brux-elles, Belgique), au Boléro-Versoix (Versoix, Suisse), au Musée Royal de Mariemont (La Louvière, Belgique), au Musée Rops (Namur, Belgique), au Musée de Lou-vain-la-Neuve (Louvain La Neuve, Belgique), au Centre Culturel de Tournai (Tournai, Belgique) ou encore à la Maison de la Poésie (Namur, Belgique).

Sophie Whettnall est une artiste pluridisciplinaire utili-sant la vidéo, la performance, le dessin et la peinture. Ses œuvres oscillent dans les gestes et les matériaux entre élégance, sensualité et énergie. Depuis les années 1990, le travail de Sophie Whettnall propose une réflexion sur les forces qui définissent notre relation au monde qui nous entoure, en les matérialisant et en les documentant. L’artiste se concentre entre autres sur la lumière: elle en analyse la présence, les zones de passage et d’absence. D’une esthétique subtile, son œuvre à la fois sensible et puissante repose sur une tension dialectique et une ten-tative de faire dialoguer des concepts et des perceptions contradictoires : entre douceur et sensualité, yin et yang, féminité et masculinité…
Sophie Whettnall est lauréate du Prix de la Jeune Peinture belge en 1999. Son travail a notamment été exposé au TANK Museum (Shanghai, Chine), à l’Utah Museum of Fine Arts (Salt Lake City, États-Unis), au MAC’S, Site du Grand Hornu (Hornu, Belgique), à The Dot Project (Londres, Angleterre), à la Leal Rios Founda-tion (Barcelone, Espagne), à la CENTRALE for Contem-porary Art (Bruxelles, Belgique), à BOZAR (Bruxelles, Belgique), au Museu de Arte Moderna Aloisio Magal-hães (Recife, Brésil), au Contemporary Art Center of Galicia (Santiago de Compostella, Espagne), au COAC (Barcelone, Espagne), à la Vera Cortes Art Agency (Lisbonne, Portugal), au Krinzinger Projekte (Vienne, Autriche), au Fresnoy, Studio national des arts contem-porains (Tourcoing, France) ainsi qu’au Claustro San Pietro (Reggio Emilia, Italie). 

En 2021, poursuivant son ambition d’irriguer sa saison sur base d’une agrégation de propositions et de singularités – multipliant les points de vue dans la perspective de corrompre l’aspiration à une parole conquérante, le vaisseau offshore Centre Wallonie-Bruxelles a invité la Directrice d’un Centre d’art bruxellois majeur, la CENTRALE for contemporary art, à concevoir une exposi-tion collective.

En faveur de cette saison aux airs de manifeste déconstructiviste, Carine Fol a répondu à cette invitation par l’exposition Traces de l’Invisible qui donne à pénétrer des œuvres chargées d’étrangeté, de sensualité et de gestes performatifs qui invitent à bousculer les évidences. Traces de l’Invisible touche au cœur de la définition de l’art contemporain entendue comme une heuristique de réponses alternatives.

Merci à Carine Fol.

Stéphanie Pécourt


L’exposition Traces de l’invisible plonge le spectateur dans les tréfonds de l’âme humaine, en activant des zones de sensibilités inactives. Elle dévoile les productions de neuf artistes et invite à découvrir leurs démarches singulières entre mystère et fascination, traces d’expériences psycho-sensorielles, transparence et opacité, présence et absence, visibilité et invisibilité. En révélant les multiples temporalités de l’œuvre de sa création à son observation, l’hégémonie du conscient et du quotidien est transcendée. Preuve s’il en est que la forme de l’œuvre d’art contemporaine s’étend au-delà de sa forme matérielle. « Elle est un élément reliant, un principe d’agglutination dynamique. Tel un point sur une ligne plus ou moins visible à l’œil nu.  »
L’intitulé paradoxal Traces de l’invisible questionne la genèse même de l’art : serait-ce rendre visible l’invisible ?

Carine Fol, Directrice artistique de la CENTRALE for contemporary art, Bruxelles

Affiche Exposition Les traces de l'invisible © Aurélien Farina

Affiche Exposition Les traces de l’invisible © Aurélien Farina

Dominique Vermeesch, (do.space). Les yeux-voix ©daniel van acker

Dominique Vermeesch, (do.space). Les yeux-voix ©daniel van acker

Emmanuel Van der Auwera, VideoSculpture XXI (Vegas), 2019 2 LCD écrans, filtre polarisant, plexiglas, 2 trépieds, câbles, HD video 12 mins 40 secs, 181 x 96 x 75 cm

Emmanuel Van der Auwera, VideoSculpture XXI (Vegas), 2019 2 LCD écrans, filtre polarisant, plexiglas, 2 trépieds, câbles, HD video 12 mins 40 secs, 181 x 96 x 75 cm

Fabrice Samyn, Écho, Bois de mérisier et gouttes d’ambre © Fabrice Samyn

Fabrice Samyn, Écho, Bois de mérisier et gouttes d’ambre © Fabrice Samyn

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