Anarkhé-exposition INTERFÉRENCE_S - Augures & Frémissements - Acte 6
Commissariat exposition : Stéphanie Pécourt
Avec : Alan Affichard – Alexis Puget – Basile Richon – Claire Williams – Felix Luque Sanchez – Hugo Vessiller-Fonfreide – Julien Poidevin – Kinda Hassan – Lucian Moriyama – Maryia Kamarova – Mirja Busch – Sonia Saroya – percée dans les archives de Tetsuo Kogawa.
Entrée libre :
- Du lundi au samedi de 11h00 à 19h00
- Nocturne le jeudi de 14h00 à 21h00
Galerie
127-129 rue Saint-Martin
75004 Paris
Programme du vernissage :
18H30: ouverture de l’Anarkhè-exposition
■ 18h30 – 19h : Kinda Hassan | Fulguration d’installation en galerie
■ 19h – 19h45 : Octave Courtin | Concert Atmos en théâtre
■ 20h – 20h30 : Lina Filipovich | Performance sonore Flowers of Evil II en galerie
■ 21h15 – 21h45 : Lucian Moriyama | Concert Moonlighting en théâtre
■ 22h – 22h45 : Alan Affichard | Performance sonore en théâtre
■ 23h – 00h : MNPL | Performance en théâtre
■ En continu : projection : Temps présent - a daily track de Julien Mignot - soundtrack : Warren Ellis
2026 – Création, Sièges de cinéma, Space écho, détecteur d’orages, ampli, bronze, aluminium, t-shirt, boucle sonore 15’35, son live
Just like heaven est un projet co-produit avec la Fondation des Artistes, DRAC Grand-Est, LAZNIA CCA
Une partition composée d’enregistrements radiophoniques d’orages réalisés sur les côtes de la mer Baltique, de samples de films et de tutoriels YouTube se décompose dans la boucle magnétique perpétuelle du premier effet d’écho industriellement produit. Lorsqu’un orage se déclenche à Gdansk, sa diffusion live interrompt la partition. Just like heaven est une pièce jumelle dont le double est simultanément exposé au LAZNIA 1 Center for Contemporary Art, Gdansk (PL). Le détecteur d’orage du Centre Wallonie Bruxelles / Paris diffuse en direct les perturbations atmosphériques parisiennes à Gdansk.
Sculptures documentaires aux allures de contes, autopsies d’objets industriels, romans internet, cinéma sans son et sans image, radio pirate et cages de Faraday, mes pièces se parent de vêtements vides et d’objets oubliés comme autant de props sur un plateau de tournage abandonné. Issues du cinéma de genre, des mythes ultra-locaux et des récits collectifs d’internet, mes installations habillent les légendes et les croyances que certaines micro-communautés internet tissent autour d’elles comme autant d’outils poético-nostalgiques et spéculatifs pour faire face aux effondrements affectifs et sociaux.
Fresques installatives, mixtapes et sculptures à scénario, je m’intéresse à la représentation des paysages en dépression du Capitalocène et aux histoires humaines fleurissant à la lisière des espaces physiques et numériques que j’archive lors d’enquêtes au long cours, transformant ces lieux en espaces sensibles pour raconter - et se faire raconter - des histoires.
À travers le vidéoclub allok7.fr, je développe également un outil curatorial IRL/URL qui envahit les insterstices institutionnels. Je produis ainsi expositions, projections et y accueille des films d’artistes.
Né en 2000, Alexis Puget vit et travaille à Paris (FR). Il a étudié à la Haute Ecole des Arts du Rhin, Strasbourg, et à la Staatliche Hoschule für Gestaltung Karlsruhe, a participé à différentes résidences en Europe, notamment à ENSBA, Lyon (FR), 2026, LAZNIA Center for Contemporary Art, Gdansk (PL), 2024, 2025, Le Bel Ordinaire (FR), 2025, Casino Display, Luxemburg (LU), 2023-2024, Artagon, Pantin (FR), 2024-2026, or Floating University, Berlin (DE), 2023. Il a récemment exposé à Paris, Berlin, Venice, Basel, Luxemburg, Munich, Offenbach-am-Main, Freiburg, Strasbourg, Marseille, Freudenstadt et Karlsruhe, et a reçu différentes bourses comme celles de la Fondation des Artistes, 2025, DRAC Grand-Est, 2025, Région Grand-Est, 2024, HEAR, 2024, 2022.
Il s’intéresse au potentiel fictionnel, narratif et cinématographique de matière documentaire qu’il archive lors d’enquêtes au long cours, desquelles il produit sculptures et installations multimédia, en parallèle d’une pratique curatoriale.
2014 – Itération, Tissage, électronique, son, cuivre, électronique, hauts parleurs
Antennas est une sculpture-instrument. Tissée en fonction de l’architecture du lieu, cette antenne faite de fils de cuivre, a la particularité de pouvoir capter des ondes électromagnétiques présentes dans l’espace. Invisibles mais faisant partie de notre environnement, ces ondes nous traversent continuellement. Parmi ces fréquences, il y a des ondes artificielles telles que les ondes radio ou celles émanant des appareils électroniques ainsi que des ondes d’origines naturelles nous venant de phénomènes météorologiques. Ces différentes fréquences se tissant entre elles, et s’accumulent en un flux sonore qui se propage dans le lieu, leurs vibrations pénétrant ainsi nos corps et l’espace.
Les œuvres de Claire Williams prennent la forme d’antennes tissées, de sculptures en verres emplis de plasma ou encore d’appareils qui captent l’invisible. Des données de radiostélescopes se matérialisent en points tricotés, en vibrations sonores ou encore sous forme de pulsations lumineuses. Elle façonne des sculptures électroniques afin de rendre visible les mouvements électromagnétiques allant du cosmos à notre magnétosphère, aux ondes radios traversant notre environnement terrestre ou encore celles émanant de nos corps et de nos activités psychiques. Elle travaille actuellement en duo dans « Les Æthers » qui collectent et réactivent les pratiques des invisibles retrouvées dans les archives des sciences occultes et expérimentales du XIXe XXe siècle.
Claire Williams vit à Bruxelles. Diplômée d’un master en Design Textile à l’ENSAV La Cambre et du Fresnoy studio nationale des arts contemporains. Elle expose à l’international et est intervenante dans les écoles d’arts supérieurs. Son travail a été exposé dans des festivals arts numériques, arts sonores et des expositions collectives telle que Bozar (Be), Le Fresnoy (FR), Conflux(NL) Centre Wallonie-Bruxelles (Paris), La friche la de belle de mai (FR), Biennale Chroniques (FR), Ososphère (FR), Scopitone (FR) Red Room (TWN), Grenier à Sel (FR), Tamat (BE), Transnumériques (BE) Digital Encounters (UK), Festival voix de femmes (BE), Hangar (ES), Halles Saint Géry (BE), Le Signe (FR), Site St Sauveur (FR) etc. As well as solo shows at Le Vecteur (BE), la Manufacture (FR), Constant (BE) and the Centro Cultural Puerta de Castilla (ES).
2026, Sculpture sonore, plaque de miroir en acier inoxydable circulaire, caisson de basses, son, électronique
LF Sound System est une installation sonore et vibratoire. Elle utilise un haut-parleur spécialisé dans les basses fréquences qui transmet des vibrations à une feuille circulaire en acier inoxydable poli, faisant office de miroir. Les fréquences employées sont en grande partie trop basses pour être entendues par l’oreille humaine. Elles ne produisent donc pas un son discernable, mais une sensation physique, presque imperceptible, qui agit sur l’espace.
Les vibrations du miroir sont ensuite transmises à un « faux mur » placé derrière lui. Ce mur fonctionne comme une caisse de résonance qui amplifie et prolonge les vibrations, transformant l’ensemble du dispositif en instrument sonore. L’architecture participe ainsi pleinement à l’œuvre.
Sous l’effet des vibrations, la surface du miroir se trouble et se déforme. L’image réfléchie devient floue, instable.
L’installation propose ainsi une expérience immersive où le son, la matière et l’image interagissent, créant un espace perceptif en constante transformation.
« Le travail de Felix Luque Sánchez, en collaboration avec Iñigo Bilbao, Damien Gernay et Vincent Evrard, interroge la manière de concevoir notre rapport à la technologie ainsi que les enjeux contemporains du développement de l’intelligence artificielle et de l’automatisation. A partir de l’utilisation combinée de systèmes de représentations électroniques et digitales, de sculptures mécatroniques, de compositions sonores génératives, de flux de données en temps réel et de processus algorithmiques, les procédés narratifs sur lesquels reposent ses installations entremêlent fiction et réalité et préfigurent les scénarios possibles d’un futur proche, en nous confrontant aux peurs et aux attentes que les machines provoquent en nous ».
2026 – Création, installation, dimensions variables, bois, acier, laque, PLA, amplificateur, haut-parleurs
Les sculptures conçues par Hugo Vessiller—Fonfreide s’appréhendent comme les derniers résidus de l’humanité sur la Terre. Émanant de différents récits empruntés à la science-fiction qui constitue pour l’artiste un terreau théorique à réinvestir, les créatures mi-organiques mi-technologiques présentées au Centre Wallonie-Bruxelles incarnent la vision d’un certain transhumanisme. Enjeu spéculatif qu’il s’agit de reprendre aux mains des adeptes du monde de la Tech au cœur de la Silicon Valley et de la conquête spatiale, l’exploration stellaire s’apparente pour l’artiste à une manière d’interroger notre condition humaine. Au sein de son installation PSYKONAUT, un réseau de machines interconnectées agit comme un groupe au sein duquel un émetteur principal prenant la forme d’un insecte communique avec une armée de clones aux visages figés. Il y figure les flux – techniques et symboliques – qui semblent lier ces êtres hybrides arborant, pour la première fois dans sa pratique, des traits organiques. Ce faisant, il évoque une forme d’humanité qui fusionne avec ses propres créations, donnant, par exemple, corps aux espèces hybrides du Cycle de la Culture d’Iain M. Banks. Le revêtement des créatures présentées au Centre Wallonie-Bruxelles mime, malgré leurs traits anthropomorphes, la peinture industrielle des carrosseries de voitures et des drones ou autres appareils furtifs à destination militaire. Reliée par des fils conducteurs permettant d’initier de nouveaux modes de communication non verbaux, l’installation d’Hugo Vessiller—Fonfreide s’envisage à la fois comme la projection d’un futur proche et une incitation à se questionner sur les déviances d’un mode opératoire capitaliste. En érigeant la notion de progrès en un prétexte à toute épreuve pour s’abstraire de considérations éthiques, l’expérimentation dévie de son champ utopique initial pour ne laisser place qu’à un vide sidéral participant à la « lente annulation du futur » _ emploi fictif (Sarah Lolley & Camille Velluet)
La démarche d’Hugo Vessiller—Fonfreide est assurément bruyante. À qui regarde les choses d’un peu trop loin, son œuvre – le plus souvent monumentale, lumineuse et retentissante – paraît presque excessive. Pourtant, se cache derrière cette apparente démesure un “état des choses” dont l‘artiste se fait le narrateur. Ses installations agissent alors comme un miroir grossissant, où le vacarme et la lumière font office de signal d’alerte et exposent les dynamiques aliénantes qui habitent notre quotidien. Sa pratique se construit par la récurrence de certains motifs figurant des codes visuels connus de tous·tes – ou parfois de lui seul – et mis en exergue dans ses peintures graphiques et les lignes manufacturées de ses sculptures chromées. Aussi bien par les typographies utilisées que dans la technicité des procédés mis en œuvre, ces langages cryptés surgissent dans ses pièces comme des gimmicks a priori signifiants qui viennent bousculer les grilles de lecture dominantes. Les objets convoqués par l’artiste ont en commun un rapport à l’efficience, à la productivité et au rendement. Ils interrogent les notions de force et de puissance générées par la machine et l’ingénierie mise au service de l’humain pour en accentuer les capacités et les prouesses techniques. S’il vient souligner l’idée selon laquelle les êtres se définissent par ce qu’iels produisent, il s’agit aussi et surtout pour Hugo Vessiller—Fonfreide de redessiner les artefacts qui nous entourent comme autant de sédiments d’une société dont on peine à saisir la fonctionnalité et qui ne sont plus que les symptômes d’une réalité où l’on ne produit désormais plus par nécessité. Injectant de la fiction dans les objets sculpturaux qu’il conçoit, il use du son et de la lumière, pour matérialiser les ondes et les flux énergétiques invisibles qui sont au cœur de ces vies mécaniques.
Né en 1994 à Chalon-sur-Saône, Hugo Vessiller—Fonfreide est diplômé du secteur art/espace de l’école des Arts Décoratifs de Paris. Sa pratique se déploie en sculptures et en installations polymorphes, qui deviennent à l’occasion des dispositifs performatifs. Il compose ses narrations en empruntant régulièrement aux champs de la prospective et de la fiction spéculative, et revendique une démarche affiliée à l’art conceptuel, mâtinée d’influences néo-réalistes et post-pop. Il a été exposé au MAC/VAL, au centre d’art contemporain Tignous, ou encore à la tour Orion. En parallèle de son travail plastique, il est également fondateur et président du collectif Non-étoile et intervient régulièrement dans différents établissements supérieurs d’art et de design.
2026 – Itération, composition pour instrument monocorde automatisé et amplifié
Autonomics est un projet soutenu par AFAC (Arab Fund for Arts and Culture), L’Union Européenne (Culture moves Europe), ADEF (Arab Digital Expression Foundation), et Mophradat.
Ektara-extended solo est la première pièce musicale longue composée pour l’automate sonore performatif : l’ektara-extended. La pièce explore l’organicité subtile de la mécanique ainsi que l’infinité de nuances contenues dans un ensemble limité de matériaux sonores. La pièce ektara-extended solo explore les potentialités sonores de l’instrument, en proposant une écoute immersive et mouvante, un paysage sonore qui sculpte le temps que les spectateurs.trices traversent musicalement, tout en leur offrant un espace pour leurs projections subjectives.
Techniquement, la corde de l’ektara est mise en vibration à travers un archet électronique intégré, et elle est pincée à l’aide de différents plectres automatisés. Un système de frein de vélo relié à un moteur permet de serrer les deux tiges de bambou et donc de relâcher la tension de la corde, ce qui permet une modulation dans la hauteur du son. L’ektara-extended est dotée de plusieurs types de microphones, et d’une éponge métallique qui frotte contre son résonateur en bois. Le son que l’instrument produit électro-mécaniquement est traité numériquement avant d’être diffusé dans les hauts-parleurs.
L’univers musical qui en résulte peut-être décrit comme liminal et immersif, évoquant des paysages étranges et familiers.
L’ektara-extended est le premier automate sonore performatif que j’ai créé dans le cadre du projet “Autonomics”, en automatisant l’ektara — un instrument monocorde bengali existant. L’ektara-extended est devenue le socle fondateur du développement du projet Autonomics et de ma recherche musicale autour de l’organicité de la mécanique sonore.
Mon approche décompose le processus de production sonore en ses constituants élémentaires et fondamentaux. Elle cherche à déconstruire, analyser et contrôler finement le processus de production sonore en transposant les gestes humains vers des machines, et à explorer le potentiel expressif et esthétique du mouvement électro-mécanique.
À travers les automates que je construis, j’interroge la musique acousmatique comme pensée, processus de raisonnement et méthode. Explorer les automates dans une tradition acousmatique, au-delà d’une production sonore fondée sur le geste humain ou sur des enregistrements fixés, exige et engendre de nouveaux modes d’écoute et de composition, et d’écoute pendant la composition.
Les automates que je construis n’ont pas vocation à être des automates humanoïdes ou animaliers, que ce soit dans leur forme, leur performance ou leurs techniques de production sonore. Ils ne mettent pas non plus en œuvre des tâches hautement complexes visant à surpasser la virtuosité de la performance humaine.
Ce sont des outils pour investiguer de nouvelles pratiques compositionnelles, dans lesquelles la mécanique et l’automation créent des temporalités et des paysages sonores riches sensoriellement, une forme d’invitation au voyage, ou à la plongée.
Kinda Hassan est une compositrice et artiste basée à Paris. Elle conçoit des instruments électroacoustiques automatisés dans le cadre de ses recherches autour de l’organicité sonore, le silence et l’intime. Née à Beyrouth, elle y a travaillé jusqu’en 2013, répondant souvent aux événements sociopolitiques locaux.
Son travail a été présenté dans divers festivals, musées et galeries d’art, notamment le Festival Art Electronica à Linz, Marseille Résonance (MuCEM), Propagations (GMEM), Le Mans Sonore (Biennale du Mans), Cannes, la Berlinale, Oberhausen, Jihlava, Transmediale, La Maréchalerie, le Mumok à Vienne, la Casa Arabe à Madrid, ainsi que dans d’autres lieux d’art, festivals et plateformes en Europe, en Amérique du Nord et au Moyen-Orient.
Dans son processus compositionnel, Hassan n’augmente pas le nombre d’instruments, d’actions/gestes ou de types de matériaux sonores avec lesquels elle travaille ; au contraire, elle se restreint à un nombre limité de sons. Hassan cherche à créer des environnements propices à l’écoute profonde, où le silence, l’espace et le temps émergent à travers et dans la musique. C’est une proposition qui exige à la fois une concentration sur les détails de la musique et offre une écoute ouverte, immersive et apaisante, permettant au spectateur de s’y projeter. Dans ce cadre, elle explore l’organicité subtile du mécanique ainsi que l’infinité de nuances contenues dans un ensemble limité de matériaux sonores.
Hassan est titulaire d’un Master en Arts plastiques de l’Académie libanaise des Beaux-Arts (ALBA) en 2007, d’un Master en Design sonore de l’École Supérieure d’Art et de Design (ESAD-TALM) du Mans en 2018, ainsi que d’un Diplôme d’études musicales en composition de musiques électroacoustiques du conservatoire de Pantin en 2025. Elle entame aujourd’hui une recherche doctorale autour du design et de la performance d’automates sonores performatifs comme pratique compositionnelle électroacoustique. Elle a collaboré en tant que conceptrice sonore et compositrice sur de nombreux projets vidéo, cinématographiques et de performance.
Fondation Camargo, Avril 2026 mine de plomb sur papier
Marie Belorgey vit, travaille et enseigne en Bretagne. Ses recherches s’expriment par le dessin, la gravure sur métal abordé comme matériau hypersensible à la fois lieu de mémoire par sédimentation des événements graphiques et interlocuteur, les récoltes de fragments. Elle s’intéresse aux interstices, aux seuils et aux passages entre la forme et l’informe, l’inerte et l’animé, la chose et le corps ou l’être, au rivage marin.
2024 – Itération, scagliola (plâtre), pigments, électroniques, panneau solaire, amplificateur pour guitare, télescope, lentilles
Face aux restrictions croissantes de la liberté de mouvement et d’expression, Lighthouse transforme la navigation dans la bureaucratie en un geste artistique d’espoir et de libération. Dans le sillage des pratiques liées au déploiement des radios pirates, cette œuvre contourne les réglementations sur les ondes radio en transmettant des chansons par le biais de la lumière visible. En envoyant du son à travers la lumière, les ombres deviennent du silence, les lentilles deviennent des amplificateurs, et l’étincelle d’un briquet devient un éclat de bruit.
Lucian Moriyama est un artiste et musicien. Ses œuvres explorent le monde onirique de l’exotica et des ailleurs, allant des chansons du désir, de la steel guitar et du « country gone wrong » aux installations sonores et sculptures. Ses sculptures et bas-reliefs s’approprient la scagliola, une technique de faux marbre qui était largement utilisée dans les expositions universelles, les palais baroques, et les cabarets, évoquant l’interaction entre le réel et la fiction, l’idéal et son double tragique.
2023 – 2026 – Itération, bûches de chêne et d’eucalyptus, branches, racines, moteurs à courant continu, câbles, amplificateurs, lecteur multimédia
krɑjïnɑ est un lieu qui semble promis, mais qui est impossible à situer dans le temps et l’espace, se déployant à travers les interstices du monde ordinaire.
Nous pouvons y tomber et nous retrouver à la frontière entre deux « nulle part », comme sur une côte sans eau ni terre, entouré.e.s des débris que les deux ont laissés derrière eux. C’est ici que le tout devient force et les sons se transforment en récits. C’est ici que les artefacts dansent avec les reliefs et offrent des indices, sans pour autant révéler d’énigmes. Que diriez-vous d’une valse avec un morceau de roche brûlée ou d’une douce étreinte avec un goulot de bouteille ?
Dans krɑjïnɑ, Maryia Kamarova co-crée à partir de matériaux trouvés sur la côte nord du Portugal, d’électronique analogique et de sculptures sonores motorisées. Elle travaille avec différents niveaux d’amplification, combinant des sons acoustiques avec leurs reflets « sonifiés ».
Des moteurs à courant continu sont utilisés comme pilotes audio pour reproduire des enregistrements sur le terrain, filtrés à travers les qualités physiques de diverses textures. En réaction à chaque espace, l’installation donne naissance à un paysage instable - un écosystème fragile de son et de matière.
Maryia Kamarova est une artiste interdisciplinaire dont la pratique se situe à la croisée des arts de la scène, de la scénographie, du son et de l’art de l’installation. Elle s’intéresse à la création d’espaces qui suscitent la curiosité et l’attention envers le quotidien. En mettant en scène et en réutilisant des objets et des technologies banals, ses œuvres mettent en avant l’autonomie matérielle et les capacités créatives du monde non humain.
Maryia aborde le son comme un médium temporel, puisant son inspiration dans des collaborations avec des objets, des environnements et d’autres personnes.
Elle développe en permanence des objets électroacoustiques autonomes, assemblant des matériaux trouvés avec de l’électronique analogique. Endossant un rôle de facilitatrice, elle les laisse ensuite habiter temporairement les lieux de performances et d’installation.
Son travail a été présenté à l’international dans des festivals et des lieux tels que Oscillation, Archipel, Rewire, Reveil, Sonic Acts, Lisboa Soa, Stuk, entre autres.
Elle fait actuellement partie de l’équipe artistique Q-O2 et vit et travaille à Bruxelles.
2026 – Itération, acier, charbon, pavillon, cuivre, verre, dispositif pneumatique, système son
Latent State Forces vise à explorer les relations complexes entre les sites d’extraction miniers et le développement des nouvelles technologies — en particulier, ici, le charbon. Moteur de la révolution industrielle, l’extraction du charbon marque également un tournant dans l’histoire de l’écoute, avec l’invention du microphone à charbon (vers 1870). Alors que l’exploitation de cette ressource s’éteint progressivement en Europe, elle laisse derrière elle des territoires profondément transformés, tant sur les plans environnemental et écologique que socio-économique. Que sont devenus ces lieux ? Quelles mémoires y subsistent encore ? Afin d’examiner ces transformations, Alan Affichard a réalisé des prises de sons sur différents sites miniers en France, en Belgique, en Allemagne et en Pologne. Parmi ces lieux : des terrils, des friches reconverties, ainsi que des mines encore actives. En traversant ces espaces, il s’agissait d’en capturer les expressions sonores et d’enregistrer, à différentes échelles, les forces qui les habitent — qu’elles soient géologiques, humaines, animales ou électromagnétiques. Ces enregistrements ont donné lieu à deux compositions diffusées à travers l’installation multicanale.
Alan Affichard est diplômé de l’École supérieure des beaux-arts de Nantes (2016) et du Fresnoy – Studio national des arts contemporains (2025). Son travail explore les zones de friction entre pratiques sonores, artisanat, science et nouvelles technologies. Les instruments expérimentaux qu’il conçoit se composent de divers matériaux tels que le bois, le verre, la céramique ou l’acier et utilisent l’air, l’eau, la chaleur pour fonctionner. Activés sous forme de performances ou d’installations ces dispositifs sonores mettent en jeu des forces physiques et acoustiques qui défient de nouveaux modes composition musicale. Son travail a été présenté aux Petites Écuries (Nantes), Basalt (Rennes), Le Fresnoy (Tourcoing), Les Instants Chavirés (Montreuil), Werktank (Louvain), Jeune Création (Paris). Ses performances, solo et collectives, ont été programmées à Festival Interstice (Caen), Festival Akouphène (Genève), Mudam (Luxembourg), CTM (Berlin), Documenta 15 (Cassel), parmi tant d’autres.
2014, Prix COAL du Centre Wallonie-Bruxelles/Paris 2025
Enregistrements sonores d’œuvres de Land Art des années 1960 et 1970 : Spiral Jetty, Roden Crater, Double Negative, Las Vegas Piece et Star Axis.
Installation sonore à 5 canaux
Boucles de 2 minutes
Sound Sites est une installation audio à cinq canaux composée de boucles de deux minutes qui documentent les environnements sonores d’œuvres de Land Art emblématiques d’Amérique du Nord des années 1960 et 1970, notamment Spiral Jetty de Robert Smithson, Roden Crater de James Turrell, Double Negative de Michael Heizer, Las Vegas Piece de Walter De Maria et Star Axis de Charles Ross.
Présentée sous la forme d’une constellation de casques audio, l’œuvre invite les auditeurs à s’immerger dans le bruit du vent qui souffle sur chaque site et pénètre dans le microphone lui-même. Une gamme d’expériences acoustiques – du calme au bruit, de l’enfermement à l’exposition – se dégage, évoquant des qualités atmosphériques intrinsèques à ces sites mais rarement présentes dans leur documentation. Busch s’interroge sur l’imbrication entre l’œuvre et le paysage : où s’arrête le paysage et où commence l’œuvre ? Que reste-t-il d’un « earthwork » lorsque ses qualités éphémères sont omises de la documentation officielle ? Et ces qualités peuvent-elles être capturées et exposées en contournant les interdictions liées au droit d’auteur et en pénétrant sans autorisation sur des propriétés privées ?
Cette installation s’inscrit dans un ensemble plus vaste d’œuvres photographiques, sonores et matérielles qui explorent l’expérience contemporaine du paysage. Cet ensemble d’œuvres aborde la tension entre les interventions matérielles du Land Art et leur documentation, qui « détache » les œuvres de l’expérience directe et leur confère monumentalité et mysticisme. Busch adopte une perspective critique, mettant en évidence les liens avec les infrastructures et les systèmes de géoréférencement, et rendant visibles et audibles des dimensions qui dépassent la « matérialité brute », telles que les sons, les ombres et les absences.
Mirja Busch est une artiste interdisciplinaire et chercheuse en arts basée à Berlin. Elle a étudié les beaux-arts à l’Université des Beaux-Arts de Brunswick, puis a suivi un programme de troisième cycle à l’Universidad de Chile, à Santiago du Chili. Au cours d’un séjour de recherche de trois mois à l’ancien Center for Advanced Visual Studies (CAVS Special Collection) du Massachusetts Institute of Technology, elle a entamé un engagement de longue haleine avec l’art du paysage et l’art environnemental.
Dans son travail, l’exploration du paysage en tant que construction à la fois socio-matérielle et artistique occupe une place centrale. Elle s’intéresse particulièrement au développement de nouvelles façons de voir et d’interagir avec celui-ci, en se concentrant sur l’archivage de phénomènes immatériels et éphémères tels que le vent ou les flaques d’eau.
À travers des archives photographiques, des prélèvements, des analyses scientifiques, des promenades performatives et le langage, elle transforme ces phénomènes fugaces en espaces d’expérience et de réflexion. Elle travaille actuellement sur des enregistrements sonores de la fonte des masses d’eau dans l’Arctique.
2025, verre- moteur- haut-parleur ultra directionnel- bruit blanc
Un disque de verre , suspendu à un moteur à boule à facettes, tourne lentement dans l’espace. Un haut-parleur ultra directionnel projette un flux sonore sur la surface de verre en rotation. Le son se réfléchit et se spatialise dans tout l’espace d’exposition, transformé par le volume et les irrégularités de la sculpture de verre.
Telle une parcelle de monde en suspension, Terra Forma déploie une topographie imaginaire où le verre devient une matière vivante. Ses plis, ses reliefs et ses transparences évoquent les mouvements de la croûte terrestre en formation – une géologie onirique, entre émergence et dissolution.
Un flux de bruit blanc interagit avec la sculpture en rotation, se réfractant et se diffusant dans l’espace. Le verre agit comme un filtre sensible : il module les vibrations, sculpte l’air et transforme l’écoute en une expérience spatiale et tactile.
Julien Poidevin est artiste intermédia, depuis plusieurs années, sa recherche artistique s’articule autour de dispositifs qui explorent et questionnent notre rapport au corps et au territoire, en faisant appel à différents modes d’expression. Elle s’est concrétisée par un ensemble de projets relatifs aux paysages sonores, qui vont des balades sonores géolocalisées aux dispositifs audiovisuels immergeant le spectateur, en passant par des performances et des installations. Passionné par la question de la perception de l’espace par nos sens, il cherche à créer des situations de dialogue entre l’œuvre et le contexte dans lequel elle prend forme. Par un travail d’interventions et de compositions artistiques, sonores et lumineuses sur un lieu donné, il s’agit de transformer la perception habituelle de ce lieu. Ces propositions réunissent une volonté d’expérimenter des situations sensibles et réflectives, via un dialogue entre un lieu, un espace donné et son visiteur, dans l’ici et maintenant de la rencontre avec l’œuvre.
2026 – Itération #2, installation sonore polyphonique, aluminium, acier, cuivre, nylon, corde, sable, basalte, haut-parleurs, câbles, dispositifs électroniques, archive vidéographique
Dimensions variables, durée : 12h25
La programmation de l’œuvre de Basile Richon bénéficie du soutien de Pro Helvetia, Fondation Suisse pour la culture
Convoluta rescoffensis est un ver vivant en perpétuelle relation avec les marées locales. À marée haute, il se cache dans le sable pour ne pas être emporté par les courants. À marée basse, il s’expose au soleil, se nourrissant des sucres et acides aminés produits par une algue dont il est l’hôte par symbiose. Transférés dans un contexte artificiel – un aquarium dépourvu de marées – ces groupements de vers réitèrent leur habitude quotidienne, « chaque fibre de leur petit corps vert se rappelant le rythme des marées évanouies»1. Extirpés de leur environnement originel, ils récapitulent alors collectivement leur chorégraphie cosmique, souvenirs évanescents d’un cycle interplanétaire, trace fantomatique d’un paysage oublié.
Sur la base de ce fait biologique, Basile Richon opère une fabulation installative et sonore du récit. Ainsi, par le biais d’un instrument de mesure sauvage, une inscription en 8 points de l’amplitude d’une marée nocturne a été réalisée sur la côte belge de la mer du Nord, dans la réserve naturelle du Zwin2. Ces données sont alors restituées sous la forme d’ondes sonores. Témoin d’un paysage instable, ce chant mémoriel à 8 voix nous donne à entendre l’empreinte d’une marée révolue, les vestiges d’un rivage effacé, au clair de lune.
1Cette mer qui nous entoure, Rachel Carson, Stock, Paris, 1952. Traduit de l’américain par Collin Delavaud.
2Espace littoral situé à la frontière de la Belgique et des Pays-Bas, fragile et en constante transformation sous l’effet des dynamiques marines et sédimentaires, s’intensifiant sous l’influence des évolutions climatiques.
La programmation de l’œuvre de Basile Richon bénéficie du soutien de Pro Helvetia, Fondation Suisse pour la culture
Plasticien et compositeur basé entre Bruxelles (BE) et Sion (CH), Basile Richon (1990, CH/BE) développe une recherche autour des flux, du son et du paysage dans lesquels ces éléments coexistent. À travers des dispositifs sculpturaux, il orchestre de multiples tentatives de mesure, d’inscription ou de résonance avec les variations de milieux en mutation, altérés directement ou indirectement par les pressions anthropiques. Expérimentant une pratique résolument transversale – à mi-chemin entre les arts plastiques, la musique contemporaine et les sciences environnementales – Basile Richon opère une réflexion sur les instruments par lesquels nous appréhendons le monde qui nous entoure, les détournant pour en extraire une lecture sensible, narrative et parfois spéculative, où ces fluctuations deviennent chants. Formé à l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles (BE), à l’École de Recherche Graphique de Bruxelles (BE), ainsi qu’à l’École de Design et Haute École d’Art de Sierre (CH), il est lauréat, en 2022, du Prix d’Excellence de la Ville de Bruxelles (BE), du Prix Espronceda – Institute of Art and Culture à Barcelone (ESP), du Prix Culturel d’Encouragement de l’État du Valais (CH) au nom du Collectif Facteur, dont il est cofondateur, ainsi que, en 2020, de la bourse Art Pro de l’État du Valais (CH).
Son travail est régulièrement présenté à l’international, notamment au Musée des Instruments de Musique à Bruxelles (BE) dans le cadre de la Biennale Ars Musica 2024, à la Biennale Son de Sion (CH), au Château Éphémère à Paris (FR), au Matera Intermedia Festival (IT), ainsi qu’au centre d’art Espronceda dans le cadre du Festival Art Nou 2023 à Barcelone (ES). Il collabore également en duo avec le plasticien Rémy Bender (1988, CH/FR) ; leurs œuvres communes ont été présentées à la Biennale internationale du son Sonandes 2024 de La Paz (BO), à Tsonami à Valparaíso (CL), au Ruido Festival à Buenos Aires (AR), ainsi qu’à la Triennale d’art contemporain Bex & Arts 2023 en Suisse.
Le travail de Basile Richon est aujourd’hui intégré au Fonds d’art contemporain de l’État du Valais (CH). Il a par ailleurs été lauréat d’un concours sur invitation dans le cadre du 1 % artistique (Kunst am Bau), qui a conduit à la commande par l’État du Valais d’une œuvre monumentale pérenne pour l’espace public de Riddes, installée sur deux giratoires en 2026.
En parallèle de sa pratique artistique, Basile Richon enseigne depuis 2018 à l’École de Design et Haute École d’Art de Sierre (ÉDHÉA). En 2023, il intervient également comme artiste invité à l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles.
2026 – Itération, laiton, composants électroniques, haut-parleur, câble, alimentation, visserie
Dans Voyager dans l’invisible, Charles Stépanoff analyse les rites chamaniques des sociétés autochtones du nord de l’Eurasie et de l’Amérique. Il y distingue deux types de rites qui coexistaient à la même période : les rites hiérarchiques et les rites hétérarchiques. Ces différentes formes rituelles impliquent une multiplicité de manières de faire société et mobilisent diverses technologies permettant la construction et le développement de l’imaginaire. Dans les pratiques hétérarchiques, chacun·e peut potentiellement devenir chamane, avoir accès au tambour ou en fabriquer un. Les rituels ont lieu dans l’obscurité ; l’ouïe y occupe une place centrale et, par ce dispositif immersif, la création d’images est mentale. Les projections de chacun·e ne sont alors pas conditionnées des images imposées. À l’inverse, dans les systèmes hiérarchiques, les rituels se déroulent autour d’un feu. Le ou la chamane, spécialiste, est costumé·e et seul·e à avoir accès au tambour, lequel peut lui-même être décoré. Dans ce cas, les imaginaires sont guidés par un rapport visuel et par des images, et une relation de dépendance s’opère vis-à-vis du ou de la chamane.
Cette pièce propose une transposition de ces logiques. Le tambour y devient circuit : le geste disparaît au profit d’un son autonome, produit par une puce électronique et diffusé par haut-parleur. L’instrument rituel est ici rejoué comme machine. En écho aux réflexions de David Graeber, David Wengrow et Mark Fisher, ce dispositif interroge les technologies contemporaines qui façonnent nos imaginaires et les formes de dépendance qu’elles impliquent. Pensée comme une base évolutive, l’installation est amenée à être enrichie collectivement lors d’ateliers, où la fabrication de circuits devient un espace de transmission, de discussion et de réappropriation des techniques.
Sonia Saroya (FR) développe un univers fragile et discret où les propriétés et l’histoire techniques et technologiques - leurs origines, minéral ou industriel - entrent en résonance avec des questionnements issus des sciences humaines, de la philosophie ou des problématiques contemporaines.
Dans ses installations et sculptures sonores, elle prolonge et déplace les savoir-faire vers des formes hybrides où cohabitent des techniques telles que la bijouterie ou la céramique avec des dispositifs électroniques. Pensé comme un ensemble d’« œuvres-outils », son travail ouvre des espaces narratifs, invitant à une expérience à la fois perceptive et réflexive.
Diplômée de l’Université Paris VIII Vincennes–Saint-Denis, son travail a bénéficié de divers soutiens en France (DICRéAM, Région Île-de-France, Ville de Paris, FoRTE….) et s’est développé à travers plusieurs résidences d’artistes (GMEA – Albi, GMEM – Marseille, Sound Art Lab – Danemark…). Elle présente ses œuvres dans des centres d’art et des lieux culturels en France (CNEAI, Réserves du FRAC, La Station – Gare des Mines, GMEA, Instants Chavirés…) et à l’étranger (Biennale WRO en Pologne, QO² en Belgique, Festival NOPA en Arménie).
Flux streamé en continu sur Radio Fractale & en écoute lors du vernissage avec :
Pedro Oliveira - (recursion)
Musique
(recursion) is a short excerpt from “dubwise machine intelligence”, a live performance project that approaches computation through Dub, combining electronic sound synthesis with poetic-theoretical spoken word. An ensemble comprised of a Serge Modular Synthesizer, BBD delay units, and an analog mixer becomes the site of negotiation between system autonomy and agency, instability and generativity, and material versus gestural constraints.
The project proposes a “dubwise” lens for computation—thinking horizontally across surfaces rather than through vertical, decision-tree based structures. It investigates alternative forms of computational thinking when computation itself is treated as Dub, and when data is submitted through echo, delay, distortion, gating, and phasing – conceptually and materially. Dub, here, is understood in the sense proposed by Mark Fisher as an “abstract engineering,” a field of experimentation for another form of logical operations not based on determinacy, sequentiality, or resolution.
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Pedro Oliveira (BR/DE) is a sound artist and researcher working with Dub improvisation and a poetic-technical approach to machine intelligence, using the Serge Synthesizer as a site of exploration for experimental computational infrastructures.
Graciela Muñoz Farida - « Ici, la Senne coule sous terre »
Musique
Cet enregistrement fait partie de l’album « Ici, la Senne coule sous terre », et est né de ma résidence à Q-02, à Bruxelles, durant les mois d’août et septembre 2025. Lors de cette résidence, j’ai exploré l’insertion du fleuve Senne dans la structure urbaine de la ville. Sous le béton et à la surface, j’ai suivi son recouvrement et sa déviation, qui apparaissent et disparaissent désormais entre les rues. En travaillant à partir de ses cartes, je me suis déplacée d’une vision macro de Bruxelles sur la Senne vers une vision micro, comme un zoom progressif aller-retour. Au fil du processus, ma propre stature a subi un changement d’échelle, une forme de miniaturisation.
Là où la Senne coulait de manière invisible et apparemment silencieuse, j’ai tracé un vestige transduit, par microphonie, à travers le béton. Cela a soulevé des questions sur les prémisses d’un passé qui persiste, dans ses idées et concepts, au-delà des frontières et circonstances particulières. L’état du fleuve s’alignait sur un concept de développement projeté dans divers coins de la planète.
En écoutant la Senne, parfois sous terre au Musée des Égouts et parfois à la surface, dans les rues de la ville, j’ai cherché à connecter le fleuve avec les formes de Bruxelles. Entre elles, j’ai pu percevoir un flux de rétroaction : les deux signaux sonores ont atteint un point de proximité où ils sont devenus plus que des indicateurs d’état, de trafic et de progrès ; ils sont apparus comme des signes porteurs d’éléments expressifs fondamentaux pouvant aider à comprendre le modèle de développement en jeu, non seulement à Bruxelles, mais aussi dans d’autres régions du monde.
J’ai exploré cette rétroaction Senne/Bruxelles en utilisant des technologies de zoom avant et arrière, telles que des microphones et des cartes comme loupes. En expérimentant avec des sons imperceptibles, des changements d’échelle, différentes surfaces, distances et proximités, je réfléchis à ce concept de développement ainsi qu’au sous-développement qui en découle.
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Graciela Muñoz Farida est compositrice, performeuse et chercheuse basée au Chili. Son travail explore de multiples médias sonores, spectres et matérialités issus de diverses écologies contemporaines.
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De grand, de révolutionnaire, il n’y a que le mineur
Faire un rêve contraire, savoir créer un devenir mineur
Attendre le matin comme une taupe
Savoir écouter, savoir garder et ne pas parler
Chercher un point de fuite, raisonner non par métaphores mais par métamorphoses, vouloir sortir, peut-être par la plante des pieds
Etre étranger dans sa propre langue
Etre des bohémiens dans le régime du crédit qui met en gage toute parole
(…)
Le langage mineur est un pur matériau sonore, matériau sonore entendu toujours en rapport avec sa propre abolition comme son musical détérritorialisé, cri qui fuit toute signification, toute composition, tout chant, toute parole, sonorité en rupture pour se libérer d’une chaine qui est encore trop grande.[1]
Une Anarkhè-exposition comme un appel sécessioniste – comme une ode aux torsions, à l’infraction, au sabotage
Une Anarkhè-exposition en ralliement à un art mineur
Une Anarkhè-exposition qui convie à l’expérience, convoque la rencontre, s’aiguillonne aux désirs d’improbable
Une Anarkhè-exposition qui aspire à son irreproductiblilité et son imprédictibilité
Une Anarkhè-exposition qui potentialise des virtuels, des ontogénèses, des mutations
Le premier caractère d’un langage mineur, et par extension d’une aspiration au mineur serait définit par un puissant coefficient de déterritorialisation – la compréhensibilité est consubstantielle à la territorialisation et en ce territoire éphémère qu’est cette Anarkhè-exposition place est faite aux messages cryptiques, à l’harmonieuse dissonance, au travestissement des canons, à la contamination, à la discontinuité.
Croire sans penser par référé, percevoir et éprouver, entendre sans prétendre pour autant comprendre mais écouter ce qui s’impose à ce sens, l’ouïe et qui fait dérailler et échappe à l’arraisonnement, au dicible, à l’apprivoisé, au domestique - désassimiler.
Telles des chimères, des intonarumori[2], des oracles ; les improbables installations, artefacts de cette Anarkhè-exposition font résonner des sons périphérisés, en marges : des plénitudes de marées nocturnes, d’orages, d’ondes électromagnétiques, des basses fréquences inaudibles, des bruits blancs, des spectres sonores issues de sites dédiés à l’extractions minières - l’ariette du vent, d’éléments, de géologies oniriques…the sound of hearth[3]
Les sons se transmuent en faisceaux lumineux, s’allient au verre, au métal, à des rebus de technologies de notre ère numérique.
Un automate sonore performatif puise encore dans l’organicité de la mécanique et investigue d’inédite pratiques compositionnelles.
Certaines de ces installations sont là et ailleurs, l’une reliée à Gdansk, l’autre encore à la mer du Nord.
Certains de ces étants auto-performent d’autres encore sont fulgurés par des gestes de leurs créateur.trice.s qui s’effacent pour laisser à leurs génius-loci la possibilité de se révéler.
Chacune magnifie des existences moindres, des potentialités, des virtualités.
Toute création n’est-elle pas un plaidoyer en faveur des nouvelles existences qu’elle crée [4]
Nombre de ces intonarumori blasonnent une esthétique du dépeçage, des hybridations fertiles. Ils piratent les assignations et sont constitués d’alliages prométhéens. Profondément corrompus, comme inachevés, ils laissent apparaitre – béants - les mécanismes, les viscères et les ressorts artificiels qui les animent et les éditent comme un appel à une possible réanimation, refulguration.
Linguas secretas, les œuvres ici agrégées disent tant et tellement autrement.
Conspirer, c’est respirer ensemble … respirons, frémissions ensemble à l’aube de langages mineurs.
Stéphanie Pécourt
[1] radio alice, radio libre du collecif a/traverso – 1977 - https://www.espacemultimediagantner.cg90.net/fr/publication/radio-alice-radio-libre-du-collectif-a-traverso/
[2] Des machines sonores baptisées intonarumori : littéralement joueurs de bruits par les artistes futuristes italiens Ugo Piatti & Luigi Russolo
[3] A respectivement 24 et 19 milliards de kilomètres de la Terre, dans l’attente d’être révélées à des êtres extraterrestres ou à de futur.e.s astronautes, dans l’espace interstellaire, voguent les sondes jumelles Voyager 1 et 2 qui embarquèrent avec elles chacune un Voyager Golden Record. Hypnotiques disques de cuivre dorés recouverts d’aluminium – ces disques sur lesquels est gravé manuscritement To the makers of music - all worlds, all times, contiennent ce que la NASA définit alors comme the « Sounds of hearth »
[4] David Lapoujade - Les Existences moindres- Les Editions de Minuit – 2017 – Livre autour de l’œuvre philosophique d’Etienne Souriau