Laboratoire de création Les Éco-Maskés conduit par Precy Numbi
Laboratoire de création Les Éco-Maskés conduit par Precy Numbi
Atelier participatifs du 20 au 25 septembre (horaire à venir)
Restitution performance déambulation participative le 25 septembre ( horaire à venir)
15 participants
Inscription et renseignement : l.legenre@cwb.fr
Né en 1992 en République démocratique du Congo (Kinshasa), Precy Numbi est diplômé en arts plastiques et graphiques de l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa. il vit entre Kinshasa – Bruxelles
À la fois artiste visuel, sculpteur et performeur, Precy Numbi développe une démarche écofuturiste, animée par un besoin constant de témoigner des dérives consuméristes de nos sociétés contemporaines. Son travail interroge notre rapport aux déchets, à la surconsommation, à la pollution, tout en explorant les possibilités de leur transformation artistique.
Réalisées entièrement à partir de matériaux recyclés, collectés aussi bien en Afrique qu’en Europe, ses sculptures, costumes et masques écofuturistes sont l’expression tangible d’une consommation à outrance, observée à travers le prisme d’une résilience personnelle et créative. Bouteilles en plastique, circuits électroniques, carcasses de voitures, appareils électroménagers… ces déchets sont métamorphosés en témoins d’un monde en perpétuelle mutation, tant sur le plan matériel qu’immatériel.
« Mes œuvres sont patrimoniales : elles sont créées à partir des biens d’hier, devenus les déchets d’aujourd’hui et les espoirs de demain. »
S’immerger dans l’univers de Precy Numbi est une expérience à la fois ludique, fascinante et écoresponsable, capable d’émerveiller les enfants, de surprendre les adolescents et d’inviter les adultes à la réflexion.
Son œuvre est également vivante. Elle investit l’espace public à travers des performances au cours desquelles l’artiste donne vie à ses sculptures, transformant la rue en un espace anthropocène interactif. Ses robots déambulent, intriguent et interrogent notre société de consommation, tout en convoquant des imaginaires multiples : ceux des super-héros, de la science-fiction, mais aussi des symboles issus des cultures ancestrales africaines.
Atelier participatif, Œuvre collective, Performance de déambulation artistique au Centre Wallonie Bruxelles à Paris.
LES ÉCO-MASKÉS
Porté par l’artiste belge-congolais éco-futuriste Precy Numbi, l’atelier dédié aux Éco-Maskés propose un travail qui vise à repotentialiser ce qui semblent à tout à chacun des déchets, des rebuts.
Plastiques, composants électroniques, métaux, fragments manufacturés et objets abandonnés y sont détournés de leur fonction première pour composer des figures singulières, à la fois costumes, armures, présences et extensions de soi. Soustraites au statut de rebut, ces matières réintègrent un cycle de circulation où elles retrouvent une capacité d’agir, de raconter et de relier. Elles deviennent les dépositaires de mémoires, de trajectoires et d’expériences susceptibles d’être réactivées collectivement.
La démarche de Precy Numbi s’inscrit dans une réflexion qui articule résilience, réparation et conscience environnementale. Nourri par des trajectoires transfrontalières et par une attention portée aux récits contenus dans les objets, son travail envisage chaque élément récupéré comme le témoin silencieux de nos usages, de nos déplacements et des systèmes de production qui façonnent nos manières d’habiter le monde.
Au fil des séances, les participant·e·s sont invité·e·s à élaborer leurs propres figures, à inventer des silhouettes porteuses de récits, de mythologies contemporaines et de projections.
L’atelier puise également dans les fonctions ancestrales du masque comme outil de rassemblement, de transmission et de soin collectif. Réinterprété dans un contexte traversé par les crises écologiques et les mutations technologiques, il devient un opérateur de transformation permettant d’imaginer d’autres formes de coexistence et d’habiter le vivant autrement.
À travers cette expérience, les enjeux liés à la surproduction, à l’épuisement des ressources et aux circulations mondialisées de la matière sont abordés non sous l’angle de la culpabilisation mais comme autant de points de départ pour développer de nouvelles formes de responsabilité, de vigilance et de réappropriation. Il s’agit moins de dénoncer que de rendre possible une autre lecture de ce qui est abandonné, en révélant les potentiels de transformation contenus dans les marges de nos sociétés.
Pensé comme un espace de transmission et d’émancipation, Les Éco-Maskés valorise l’expérimentation, l’entraide et la pluralité des expériences. Les formes produites rejoignent temporairement l’univers développé par l’artiste : une République éco-futuriste sans frontières, peuplée de figures résilientes, de présences réparatrices et de récits capables de relier des réalités sociales, culturelles et géographiques multiples.
La semaine s’achèvera par une activation publique des œuvres réalisées. Investissant les espaces du Centre et leurs abords, les participant·e·s feront émerger une communauté éphémère dont les apparitions transformeront le temps de la restitution en un rituel contemporain de réappropriation, de partage et de célébration collective. Les masques et parures conçus durant l’atelier deviendront alors les vecteurs d’une esthétique vivante, où l’acte de réparer se confond avec celui d’inventer de nouvelles manières d’être ensemble.